Russie: des Occidentaux condamnent un «simulacre d'élections» après la victoire écrasante du parti de Vladimir Poutine

Au lendemain des législatives, de nombreux pays occidentaux ont dénoncé des élections législatives russes, celles-ci n'ayant qu'un « vernis de démocratie », selon l'Union européenne. Le parti Russie Unie de Vladimir Poutine a remporté une victoire très large avec 57,83 % des voix recueillies, selon les chiffres rendus publics lundi 21 septembre. Pour le Kremlin, ces résultats, au contraire, « témoignent d'un niveau exceptionnel de cohésion de la société russe autour du chef de l'État ».
Publié le :
3 min Temps de lecture
La France a été parmi les premiers pays à réagir aux résultats. Elle a fait savoir qu'elle prenait acte du « résultat attendu » en Russie et déploré « que les conditions d'une élection libre, pluraliste et démocratique n'aient à nouveau pas été réunies », dans un communiqué du ministère des Affaires étrangères. « La répression accrue contre la société civile et l'opposition, l'exclusion de plusieurs partis politiques, les restrictions croissantes à la liberté d'expression et l'interdiction des médias indépendants ont obéré la possibilité pour le peuple russe de former et d'exprimer librement son choix », écrit le ministère.
Tollé sur les élections en zone occupée
Paris a condamné l'organisation de scrutins dans les territoires d'Ukraine occupés et annexés par la Russie. La France a réaffirmé « son attachement à la souveraineté, à l'indépendance, à l'unité et à l'intégrité territoriale de l'Ukraine », conclut le communiqué.
Le Royaume-Uni, le Canada, l'Australie, la Nouvelle-Zélande et la Norvège ont également accusé la Russie d'avoir organisé un « simulacre d'élections » dans les territoires ukrainiens occupés par Moscou, dénonçant une « violation flagrante de la souveraineté et de l'indépendance » de l'Ukraine. « Ces régions font partie de l'Ukraine et l'organisation d'un simulacre d'élections ne peut modifier le statut de ces territoires au regard du droit international. Nous continuons à soutenir l'Ukraine », ont déclaré ces pays dans un communiqué commun, ajoutant que « les frontières ne doivent jamais être redessinées par la force ».
Même son de cloche du côté de la diplomatie européenne qui condamne « sans équivoque » la tenue des « dites élections » russes dans les territoires temporairement occupés d'Ukraine, en particulier en Crimée et à Sébastopol et dans des parties des régions de Donetsk, Louhansk, Zaporijia et Kherson. L'UE a considéré que ces élections constituent « une autre violation flagrante » du droit international et de la Charte des Nations Unies, ainsi que de l'indépendance, de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de l'Ukraine.
Kaja Kallas, sur X, a ironisé sur « les prétendues élections à la Douma », qui selon elle marqueraient « un nouveau revers majeur pour la démocratie russe » : « Leur issue n'a jamais fait de doute. Le Kremlin a réduit au silence les voix dissidentes, interdit le seul parti enregistré qui s'opposait à sa guerre en Ukraine et écarté les observateurs électoraux internationaux. Il ne reste plus en Russie qu'un vernis de démocratie. »
Pour afficher ce contenu X (Twitter), il est nécessaire d'autoriser les cookies de mesure d'audience et de publicité.
Russie Unie confirme sa domination
Selon les résultats de plus de 95 % des bureaux de vote, le parti Russie Unie, au pouvoir, obtient une écrasante majorité à la chambre basse du Parlement, la Douma, remportant 355 sièges sur 450. Les résultats définitifs sont toutefois attendus vendredi 25 septembre.
Le Kremlin de son côté s'est félicité du résultat du scrutin qui « témoigne d’un niveau exceptionnel de cohésion de la société russe autour du chef de l’État », s’est félicité le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov, lors de son point de presse quotidien.
Lors d'une conférence de presse, la cheffe de la Commission électorale Ella Pamfilova s'est également félicitée d'un « record » de participation dépassant officiellement les 59 %. « Il s'agit précisément du taux de participation le plus élevé jamais enregistré pour des élections de ce niveau », a-t-elle affirmé. Il s'agissait des premières législatives depuis le début de l'offensive à grande échelle contre l'Ukraine en 2022.
À lire aussiRussie: «Les résultats de ces soi-disant législatives n'auront rien à voir avec ce que les gens pensent»
KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.