En septembre, la voiture électrique dépasse les 50% des nouvelles immatriculations, une première en Belgique

Nous rencontrons Jennifer chez un concessionnaire automobile. Elle hésite encore sur le modèle, mais elle s’apprête à acheter une voiture électrique. Son argument principal : "le prix du carburant. Ça augmente toujours. Et quand on a la possibilité de recharger à la maison, quand on a des panneaux solaires, c’est quand même intéressant."
La démarche est identique pour Alessandra qui souhaite passer d’une motorisation essence à l’électrique. "D’abord, parce que je peux respecter l’environnement. Je peux moins polluer", dit-elle. Et puis, "par rapport au passé, les véhicules électriques sont beaucoup plus accessibles. Les prix ont baissé." La voiture qu’elle s’apprête à acheter coûte environ 18.000 euros.
Au niveau de la Febiac, les arguments sont les mêmes pour expliquer le succès des voitures électriques auprès des particuliers. Il y a tout d’abord le conflit au Moyen-Orient et ses répercussions sur le prix des carburants, explique Christophe Dubon, porte-parole de la FEBIAC. Il note aussi que "l’offre de voitures électriques s’est largement démocratisée". Dans le top 3 des voitures électriques vendues aux particuliers en septembre, "on a une voiture à moins de 20.000 euros", ajoute-t-il.
L’électrique gagne aussi par les particuliers
Une voiture neuve immatriculée sur deux (50,9%) était donc entièrement électrique en septembre. Mais au-delà de ce chiffre global, la Febiac note aussi que pour la première fois une voiture neuve sur cinq (20,2%) immatriculée par des particuliers en Belgique était aussi 100% électrique. Cette fédération met ce point en avant car "l’électrification du marché belge a jusqu’ici été très largement portée par les entreprises et les voitures de société".
Le particulier s’électrifie de plus en plus, un constat confirmé chez un concessionnaire. "Avec le prix de l’essence, les ventes de voitures électriques aux particuliers ont été dopées", affirme Simon Dewael du Groupe Autosphère. La part de véhicules électriques vendus chez ce concessionnaire atteignait auparavant 10%, "maintenant, ça représente plus ou moins 24%", ajoute-t-il.
Ne pas modifier le cadre actuel
Reste à ne pas freiner cet élan. Le succès des voitures électriques s’explique aussi par des mesures fiscales avantageuses. Le secteur souhaite que cela ne change pas. Les différents gouvernements cherchent en ce moment des ressources pour boucler leurs budgets, rappelle Philippe Vangeel, directeur d’EV Belgium asbl (La fédération pour la mobilité zéro émission en Belgique). La crainte de ce dernier est que le gouvernement fédéral, à la recherche de quelque 10 milliards d’euros, ne soit tenté de modifier les avantages fiscaux accordés aux voitures électriques de société.
"Ces chiffres (des nouvelles immatriculations) nous montrent que les mesures politiques sont nécessaires et qu’une politique prévisible porte ses fruits. Il convient donc de respecter la trajectoire fiscale convenue et d’offrir aux entreprises et aux ménages une sécurité à long terme", déclare encore Philippe Vangeel dans un communiqué de presse.
Si le secteur ne veut pas de nouvelles taxes, il souhaite en revanche que les investissements se poursuivent pour accroître le nombre de bornes de recharge. Cela devrait accélérer encore le passage à l’électrique. Sans oublier les formules d’achat innovantes, à l’image du leasing privé. Ce dernier séduit de plus en plus d’acheteurs en Belgique, comme c’est déjà le cas en France.
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