Washington et Pékin s'accordent pour prolonger leur trêve commerciale jusqu'au 10 janvier 2027

Au moment où le président américain Donald Trump accueillait en grande pompe son homologue chinois Xi Jinping qui a entamé dans la soirée du mercredi 23 septembre une visite d'État de trois jours aux États-Unis, le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a annoncé sur Fox News que Washington et Pékin s'étaient entendus pour prolonger leur détente économique « afin de nous laisser davantage de temps pour voir ce que nous pouvons faire ».
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Washington et Pékin ont décidé, mercredi 23 septembre, de prolonger leur trêve commerciale de deux mois, jusqu'au 10 janvier 2027, a annoncé le ministre américain des Finances au moment où le président chinois Xi Jinping posait le pied sur le sol américain pour une visite d'État prévue jusqu'au 25 septembre aux États-Unis.
« Nous sommes convenus aujourd'hui de prolonger [...] la détente économique entre nos deux pays qui devait prendre fin le 10 novembre [...] afin de nous laisser davantage de temps pour voir ce que nous pouvons faire sur le plan économique », a déclaré Scott Bessent dans une interview à la chaîne Fox News. En octobre 2025, Washington et Pékin avaient conclu une trêve après une surenchère de droits de douane punitifs qui avaient secoués toute l'économie mondiale. Celle-ci n'a toutefois pas réglé tous les différends entre les deux superpuissances engagées dans une rivalité tous azimuts : économique, technologique, militaire et stratégique.
Fait rarissime, Donald Trump est allé accueillir lui-même Xi Jinping à sa descente d'avion
La prolongation a été scellée lors d'un entretien dans la matinée, à Washington, entre Scott Bessent et le vice-Premier ministre chinois, He Lifeng, qui avaient déjà passé toute une journée de discussions dimanche à New York, a rapporté le ministre américain. La partie américaine compte « voir dans les prochains mois » si les Chinois « se montrent un peu plus zélés » en matière de respect des termes de l'accord conclu en octobre 2025, a expliqué M. Bessent, selon qui ils sont « un peu en retard » en matière d'achats de produits agricoles américains.
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Le secrétaire au Trésor s'exprimait alors que Donald Trump était en train d'accueillir Xi Jinping en personne à sa descente d'avion, sur la base aérienne d'Andrews, près de Washington. Alors qu'il revient habituellement à des responsables américains d'un rang inférieur de recevoir les hôtes de marque à l'aéroport sans cérémonie particulière, fait rarissime, le locataire de la Maison Blanche, accompagné de son épouse Melania, est lui-même allé serrer la main de son homologue après son atterrissage et a organisé en son honneur une première cérémonie d'accueil sur le tarmac avec tapis rouge, militaires en grande tenue, fanfare, fleurs et déjà un survol de bombardiers - spectacle dont le milliardaire de 80 ans est très friand. Chacun est ensuite parti de son côté. « Je pense que cela leur a fait plaisir », a commenté Donald Trump à propos de Xi Jinping et de son épouse Peng Liyuan, pendant un échange avec la presse à la Maison Blanche.
Les deux dirigeants se retrouveront ce jeudi 24 septembre à la Maison Blanche pour le temps fort de la visite du président chinois au cours duquel Donald Trump sera à nouveau aux petits soins avec lui. Xi Jinping aura alors droit à un accueil très solennel avec parade militaire et survol d'avions de combat, ainsi qu'à un dîner de gala organisé par la Première dame américaine pour lequel les plus grands noms de la tech américaine ont été recrutés, du patron d'OpenAI Sam Altman à celui de Nvidia, Jensen Huang, en passant par celui de Tesla, X et Space X, Elon Musk.
Aucune autre grande avancée attendue
Lors de leur entrevue, les présidents américain et chinois devraient, entre autres, discuter de la guerre contre l'Iran, un pays allié de la Chine. « J'évoquerai cela et beaucoup d'autres choses, mais tout se présente bien, y compris ça », a ainsi déclaré Donald Trump, mercredi 23 septembre. Au-delà de l'annonce concernant la prolongation de la trêve commerciale entre les deux pays, les observateurs n'attendent cependant pas d'autres grandes avancées à l'occasion la visite de trois jours de Xi Jinping aux États-Unis. Pékin et Washington ont pourtant de multiples autres sujets de friction : outre l'Iran, il y a aussi la question de Taïwan - que Pékin revendique mais que Washington soutient militairement - ainsi que l'accès aux réserves de minerais stratégiques chinois, ou encore la course au développement de l'intelligence artificielle.
Avec cette visite, Donald Trump espère, lui, sans doute reléguer pour un temps au second plan ses grandes difficultés politiques, tout en satisfaisant son goût de la pompe protocolaire. Le président républicain, en chute dans les sondages à cause du coût de la vie et d'un conflit au Moyen-Orient de plus en plus impopulaire, risque de perdre le contrôle du Congrès après les élections de mi-mandat au mois de novembre.
Cette visite de Xi Jinping à la Maison Blanche sera sa première depuis plus de dix ans. Il s'agira aussi de sa troisième rencontre avec Donald Trump depuis que ce dernier est revenu au pouvoir l'an dernier. Deux autres pourraient suivre avant la fin de l'année, lors du sommet de l'Apec, en Chine, et du G20, en Floride.
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