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Tuesday, October 6, 2026

Québec solidaire fait plus que sauver les meubles

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« Il s’est passé encore une fois la magie solidaire lors de ces élections ». En montant sur la scène du Club Soda où avait lieu la soirée électorale de Québec solidaire (QS), Manon Massé partageait l’optimisme des militants, galvanisés par de premiers résultats prometteurs.

Au moment où ces lignes étaient écrites, le naufrage que certains prédisaient à la formation de gauche en début de campagne ne semblait pas en passe de se produire. Mieux, certains candidats donnés perdants étaient en avance sur leurs adversaires.

C’était le cas notamment de Guillaume Cliche-Rivard dans Saint-Henri–Sainte-Anne, Andrés Fontecilla dans Laurier-Dorion ou Stéphanie Vachon à Sherbrooke.

Plus attendues, les probables victoires de Roxanne Millot dans Sainte-Marie–Saint-Jacques, d’Alexandre Boulerice dans Gouin, de Sol Zanetti (Jean Lesage) et Étienne Grammont (Taschereau) se dessinaient. La porte-parole du parti Ruba Ghazal a, elle, été réélue dans Mercier.

« Il ne faut pas qu’on se voie tous les quatre ans. Un mouvement se crée chaque jour, il faut continuer à créer le projet de Québec solidaire », a lancé Mme Massé au moment de quitter la scène. Mme Ghazal devait lui succéder quelques instants après.

Continuer à gauche

Ophélie Boismeunier vit dans la circonscription de Maurice-Richard, du député solidaire sortant Haroun Bouazzi. Elle veut que l’élan que ce dernier a créé depuis 2022 se poursuive.

« Je l’ai vu marcher à mes côtés dans les manifestations, que ce soit contre les féminicides ou le 1er mai pour défendre les travailleurs. J’ai vu la différence que ça fait d’avoir un député solidaire », a expliqué la trentenaire au Devoir. Elle souhaite que la tendance vers la gauche continue, dans sa circonscription, mais aussi pour le Québec.

« Mon oncle vote PQ, il est critique envers Québec solidaire, il dit que le parti a une vision à court terme. Mais ce n’est pas vrai. Les idées de Québec solidaire sont porteuses d’avenir. »

La confiance sur toutes les lèvres

« On a dépassé nos attentes, le monde nous donnait pour morts », glissaient un à un les membres de Québec solidaire au début de la soirée. Au moment où fermaient les bureaux de vote, le moral était à l’optimisme dans les rangs de Québec solidaire. Parmi la garde rapprochée de Ruba Ghazal, on se réjouissait du fait que le vote solidaire est bel et bien sorti, « plus qu’en 2022 ». On expliquait aussi qu’au début de la campagne, certains analystes donnaient le parti pour mort. On croyait à une belle soirée.

« Pourquoi pas une surprise, comme le NPD en 2011. C’est possible », a lancé Smaïl, reprenant à son compte le slogan de Québec solidaire. Accompagné de sa sœur, il est venu soutenir sa nièce Edissya Boukrif, candidate solidaire dans Anjou–Louis-Riel.

« On veut du changement, a-t-il expliqué. On pense que c’est le parti proche de la réalité des citoyens. »

À ses côtés, sa sœur opinait du chef, un voile lui couvrant les cheveux. Elle travaille dans le secteur de l’éducation et c’est pour cette raison qu’elle refuse de donner son nom au Devoir. Elle craint qu’on l’identifie.

« J’ai peur de la stigmatisation », a affirmé la femme originaire d’Algérie, mais qui se sent « Québécoise et Canadienne, et fière de l’être ». Elle a confié ses craintes de voir le Parti québécois être porté au pouvoir.

« C’est une vraie inquiétude, c’est certain. Ça touche à mes droits, je trouve ça décevant. Au lieu de s’intéresser aux vraies questions, à la santé, à l’éducation, aux prix à l’épicerie, on recule. Pourtant, les gens qui le portent sont bien intégrés. »

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