Des ONG demandent à l'OMS de revoir ses normes sur les nitrates dans l'eau potable

Une coalition regroupant des dizaines d’ONG de défense de la santé et de l’environnement appelle ce mardi à réduire les concentrations de nitrates dans l’eau potable afin de mieux protéger la santé des populations. Les nitrates, ce sont ces substances issues de l'agriculture intensive. Ces ONG estiment que les normes actuelles, établies en 1958, sont obsolètes et ne tiennent pas compte des données scientifiques les plus récentes… des études établissent un lien entre exposition aux nitrates et cancer, par exemple.
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Dans une lettre ouverte adressée à l'Organisation mondiale de la santé (OMS), 85 organisations de santé et de défense de l'environnement réclament des normes plus strictes pour limiter la présence de nitrates dans l'eau potable (à lire ici, en anglais). Elles estiment que la norme actuelle qui limite à 50 mg par litre la concentration maximale en nitrates dans l'eau du robinet est obsolète.
Une étude scientifique menée au Danemark a démontré, par exemple, que le risque de cancer colorectal augmente considérablement pour les populations exposées à des concentrations de 9,3 mg par litre d'eau. Sara Johansson, du Bureau européen de l'environnement, une ONG environnementale, appelle à prendre en compte les données scientifiques les plus récentes.
« La limite de 50 mg par litre a été instaurée pour protéger les nouveau-nés du syndrome du bébé bleu. Cependant, de nouvelles recherches montrent qu’il existe également des risques à long terme, tels que le cancer colorectal, les naissances prématurées ou une diminution du poids des bébés », explique-t-elle.
Dans l'Union européenne, par exemple, la pollution massive des nappes phréatiques et de l'eau potable par les nitrates résulte de l'utilisation intensive d'engrais chimiques et de fumier. C'est pourquoi la coalition d'ONG réclame également d'agir à la source en limitant les pratiques d'agriculture intensive.
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