Des feux et dégradations lors d'un mouvement spontané d'élèves devant plusieurs écoles de Liège

Une action spontanée des élèves de plusieurs écoles liégeoises a perturbé le début des cours ce jeudi matin. Des centaines d'entre eux se sont rassemblés selon notre équipe sur place. Précisons qu'il s'agit bien d'une action des élèves et non des enseignants ou des syndicats. Mais à l'Institut Marie-Thérèse, rue Hors-Château, la situation a vite dégénéré.
Des gens sont en train de tout casser
Un feu dans lequel on été jetées des trottinettes et des barrières a été allumé à proximité de l'Institut Marie-Thérèse. © RTBF
A proximité de l'Institut, des dégradations ont été constatées et des trottinettes ont été incendiées. En rue, c'est le chaos, comme l'explique une élève. "Des gens sont en train de tout casser, de prendre des panneaux, de les jeter dans le feu, d'allumer des trottinettes avec du feu et il y a tout qui est en train d'exploser. Ça a pris une ampleur énorme parce que de base c'était juste une grève devant l'école avec des panneaux."
"On est en train de manifester contre Glatigny parce qu'elle a enlevé 2 heures aux profs et on a perdu beaucoup de profs" poursuit une autre élève. Pourquoi cette violence ? "Pour montrer à Glatigny et à tout le monde notre colère."
Devant cette violence et ces scènes brutales, le patron d'une pizzeria voisine est furieux. "Ils foutent le bordel et nous empêchent de travailler. Et ça, ça ne me va pas. J'attends les pompiers pour qu'ils coupent le feu. C'est une journée de perdue".
On s'interpose physiquement pour les protéger
Des profs s'interposent entre les policiers et des élèves. © RTBF
Une porte vitrée a également été brisée à coups de barre de fer au Collège Saint-Barthélemy. Toujours à proximité du collège, des professeurs ont formé une chaîne pour s'interposer entre les policiers et des élèves. "Il y a eu un gros mouvement de manifestation des élèves, il y a eu des exagérations avec de la casse qu'on peut déplorer" commente un enseignant. "Mais en même temps, on a un gouvernement fédéral qui vole l'avenir des jeunes, ces gamins-là n'auront pas la possibilité de faire des études supérieures parce que ça coûtera trop cher pour eux, et ici, la police est en face avec des boucliers, une auto-pompe, et on n'a pas envie que nos gamins se fassent taper comme ça s'est passé à Bruxelles. Et donc on s'interpose physiquement pour les protéger."
Une porte d'accès au Collège Saint-Barthélemy a été brisée. © RTBF - Erik Dagonnier
En région liégeoise, d'autres écoles sont concernées par ces perturbations, à Visé par exemple et à l'Athénée royale de Fragnée. "Des élèves se sont rassemblés pour finir par bloquer l'entrée des collègues et des élèves" explique Fabian Detaille, le directeur de l'Athénée Royal de Fragnée. "Les cours sont perturbés. Maintenant je sais que les collègues sont présents dans leur classe et ils sont là pour attendre les élèves." Pour des raisons de sécurité, la direction a demandé aux élèves de rester à l'intérieur de l'école.
La police locale de Liège suit la situation de près, tout comme le bourgmestre Willy Demeyer, responsable de la sécurité sur son territoire.
Ce que réclament les élèves
Les élèves mobilisés avancent quatre revendications principales : des classes moins nombreuses et des professeurs en suffisance, une véritable écoute des élèves et des parents, une école accessible à tous et des décisions qui "construisent l'avenir, pas qui le détruisent".
A Montegnée, ils sont plusieurs centaines d'élèves de 5e et 6e secondaire ce matin dans la rue. © Tous droits réservés
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