Écrits antisémites attribués à Bardella : Lénaïg Bredoux, codirectrice de Mediapart, défend son enquête face aux attaques du RN

L’enquête a été menée pendant plusieurs mois par les deux journalistes de Mediapart : Alexandre Berteau et Antton Rouget. Les journalistes ont rencontré des personnes qui ont pu croiser Jordan Bardella à certains moments de sa carrière politique, notamment au début, détaille Lénaïg Bredoux. Des rencontres qui ont permis progressivement de mettre la main sur de nombreux documents, toujours en possession du journal d’investigation : échanges de messages et de mails. Au bout du compte, "c’est un faisceau d’éléments qui nous ont permis de publier cette enquête", explique la codirectrice éditoriale de Mediapart, en ajoutant qu’elle ne pouvait pas être plus précise à ce stade en raison de la protection des sources dont sont tenus les journalistes. "Quand les journalistes obtiennent des informations grâce à des sources, ils doivent et ils peuvent les protéger, parce qu’elles ont peur d’être menacées, intimidées ou qu’il y ait des répercussions quelles qu’elles soient."
une tentative de déstabilisation de la campagne présidentielle
Les révélations publiées par Mediapart arrivent le jour où le Rassemblement national obtient un groupe politique au Sénat et à huit mois de l’élection présidentielle. Jordan Bardella a brandi devant le groupe de son parti à l’Assemblée le risque d’"une tentative de déstabilisation de la campagne présidentielle". Le président du RN a aussi mis en avant une "tentative d’assassinat politique" pour "tuer (sa) carrière".
Et à la question d’un éventuel agenda politique derrière ces révélations, Lénaïg Bredoux répond sans hésiter : "Bien sûr que non. Il n’y a jamais de bon moment pour sortir une enquête. Les personnes mises en cause disent toujours que c’est parce qu’il y avait un congrès, parce qu’il y avait un groupe, le Sénat. Peu importe, en réalité, quand on mène une enquête de plusieurs mois, c’est quand on est prêt, quand on a assez d’éléments, quand on est assez solide qu’on peut les publier."
Elle constate aussi que "toutes les personnes mises en cause, partout dans le monde, à chaque fois, répondent la même chose. C’est un agenda, c’est un complot. C’est une défense vraiment très habituelle à laquelle il ne faut pas trop prêter attention, je pense."
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