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Saturday, September 12, 2026

"J'étais terrorisé par lui" : il y a 56 ans, Pierre Richard était intimidé à l'idée de travailler avec ce légendaire acteur français

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Pour son premier film en tant que réalisateur, Pierre Richard a dirigé l’impressionnant Bernard Blier. Une expérience intimidante, marquée par un dossier rempli d’antisèches et par la savoureuse mauvaise foi de ce monstre sacré du cinéma français.

Avant de devenir l’un des visages les plus populaires de la comédie française, Pierre Richard a connu son premier grand succès en 1970 avec Le Distrait. Pour ce premier long-métrage en tant que réalisateur, il s’était également réservé le rôle principal, celui d’un jeune homme particulièrement maladroit recruté par une agence de publicité.

Face à lui se trouvait un acteur autrement plus expérimenté : Bernard Blier, qui incarnait le directeur de l’entreprise. Une véritable légende du cinéma français que le jeune cinéaste n’abordait pas sans une certaine appréhension.

Diriger Bernard Blier pour son premier film

L’an dernier, à l’occasion de la sortie de L’Homme qui a vu l’ours qui a vu l’homme, Pierre Richard s’est replongé dans ses souvenirs. Invité du podcast À voix nue sur France Inter, le comédien, alors âgé de 91 ans, a notamment raconté combien il avait été intimidé au moment de diriger Bernard Blier.

J’adorais Bernard, mais j’avais très peur au début. Il avait fait 103 films, c’était mon premier, et en plus, il était sous mes ordres. C’est pas facile de dire : ‘Coupez ! Bernard, t’es pas bien, t’es pas très bon.’ J'étais terrorisé par lui, surtout qu’il avait la réputation de ne pas toujours être très facile. Un jour, je lui avais dit : ‘Tu sais que tu as la réputation d’être méchant ?’ Il m’avait répondu : ‘Je suis pas méchant, mais j’aime pas les cons !’

La crainte a cependant rapidement laissé place à une réelle affection entre les deux hommes. Pierre Richard garde surtout le souvenir d’un partenaire aussi talentueux que capable de défendre l’indéfendable avec un aplomb désarmant.

C’est l’homme avec la plus grande mauvaise foi que j’ai jamais connu. À ce point, ça devient poétique”, a-t-il déclaré en souriant, en repensant à l’inoubliable interprète des Tontons flingueurs.

Gaumont

Le dossier qui cachait une antisèche

Cette fameuse mauvaise foi s’est notamment manifestée lors du tournage d’une séquence dans laquelle Bernard Blier devait réciter un long monologue tout en avançant dans un couloir. À son arrivée sur le plateau, l’acteur a soudainement suggéré d’ajouter un accessoire à la scène.

Un matin, il arrive. Il avait un long monologue dans un long couloir. Il me dit : ‘Dis donc, j’y ai pensé cette nuit. Si j’avais un dossier ?’ Moi je lui dis : ‘Bernard, pourquoi un dossier ?’ Et il me fait : ‘Ben, parce que je suis président. Un président de société, il a un dossier !’ J’appelle donc l’assistant et lui dis de donner un dossier à Bernard. Bernard va se faire maquiller et l’assistant, qui regarde s’il est bien parti, me dit : ‘Il sait pas son texte. Quand il sait pas son texte, il demande un dossier et il met le texte dans le dossier.’ Et c’était vrai !

L’explication du comédien pouvait paraître parfaitement cohérente avec son personnage. En réalité, le document devait surtout lui permettre de consulter discrètement ses répliques pendant la prise.

Gaumont

Dix-huit prises à cause d’un simple “temps”

Mais marcher, jouer et lire un texte dissimulé dans un dossier s’est révélé plus compliqué que prévu. Bernard Blier multipliait les hésitations, poussant Pierre Richard à interrompre régulièrement la caméra. L’acteur refusait pourtant de reconnaître le moindre oubli.

Bernard me dit : ‘Pourquoi t’as coupé ?’ Moi, je réponds : ‘Y’avait un blanc, j’ai cru que t’avais un trou.’ Et là, il dit : ‘C’est pas un trou, c’est un temps.’ Il se retourne vers l’équipe et il leur sort, en me regardant : ‘Cette mauvaise foi !’”, a raconté Pierre Richard en rigolant.

La scène aura finalement nécessité pas moins de 18 prises. Une mésaventure qui n’a en rien diminué l’admiration de Pierre Richard pour son partenaire, qu’il voit encore encore comme “un énorme comédien”.

Avec plus de 1,4 million de spectateurs dans les salles françaises, Le Distrait a offert à Pierre Richard le véritable point de départ de sa carrière. Deux ans plus tard, il confirmait son statut de nouvelle figure incontournable de la comédie avec Le Grand Blond avec une chaussure noire. La suite, vous la connaissez.

Le Distrait est aujourd’hui à redécouvrir en VOD.

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