Sommet Canada-Union européenne | Carney réplique à St-Pierre Plamondon : « C’est sa décision de laisser une chaise vide encore »

(Ottawa) Visiblement agacé de se faire accuser de réduire Paul St-Pierre Plamondon au silence, le premier ministre Mark Carney a répliqué mardi au premier ministre du Québec. « C’est sa décision de laisser une chaise vide encore », a-t-il lâché à sa sortie de la rencontre hebdomadaire du Cabinet.
Publié à
« Il a été invité a dîner, il a refusé », a-t-il répondu à la question d’une journaliste.
« Nous avons eu trois consultations avec la délégation du Québec déjà en ce qui concerne avec l’Union européenne, a-t-il ajouté. C’est sa décision de laisser une chaise vide encore. »
C’est la deuxième absence de M. St-Pierre Plamondon à des évènements organisés par le gouvernement fédéral. Il n’a pas participé à la rencontre des premiers ministres avec les chefs autochtones à Ottawa lundi, « un choix assumé et réfléchi » avait défendu son ministre des Relations avec les Premières Nations et les Inuit, Simon-Pierre Savard-Tremblay, encore une fois sur X.
La Presse rapportait mardi qu’Ottawa avait refusé la demande du premier ministre québécois de prendre la parole lors du Sommet Canada-Union européenne qui se tiendra à Montréal les 29 et 30 octobre. Ottawa indique qu’il avait demandé à prononcer une courte allocution dans le cadre d’un souper jeudi où tous les premiers ministres provinciaux et territoriaux ont été invités. On lui a offert d’accueillir les dignitaires sur le tarmac de l’aéroport, comme la première ministre Danielle Smith l’avait fait lors de la réunion du G7 à Kananaskis en juin 2025.
Il a déploré que le Canada « refuse de consulter le Québec et de le faire participer aux négociations » entreprises avec l’Union européenne et qu’« il cherche à lui imposer des décisions économiques qui touchent à ses champs de compétence, en rupture complète avec la doctrine Gérin-Lajoie ».
Il est allé jusqu’à dresser un parallèle avec le film Le Temps des bouffons de Pierre Falardeau, qui « mettait en lumière, avec dérision, le fait que les Québécois sont traités en porteurs d’eau sur leur propre territoire, condamnés à se laisser dicter les décisions fondamentales de leur société par des élites financières qui n’ont aucune légitimité démocratique. »
« C’est non seulement un manque de respect grave, mais c’est surtout un important recul pour la capacité du Québec à agir de manière autonome et à défendre lui-même ses intérêts », a-t-il écrit.
L’entourage de M. St-Pierre Plamondon avait laissé planer la veille la possibilité de bouder l’évènement.
Dans l’entourage du premier ministre Mark Carney, on fait valoir que ni la première ministre Danielle Smith ni le premier ministre ontarien Doug Ford n’avaient pris la parole lors de l’ouverture du G7 en Alberta et l’ouverture du Sommet canadien de l’investissement qui s’était déroulé à Toronto en septembre.
KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.