Aux «bromances» entre partis, Duhaime préfère les «opportunités» de collaboration
Éric Duhaime persiste et signe : il n’est « pas question » que sa formation politique ne fasse partie d’un gouvernement de coalition, « peu importe la couleur », ou ne signe une entente formelle pour faire avancer plusieurs dossiers avec le gouvernement qui sera au pouvoir le 6 octobre prochain. Et ce, malgré les atomes crochus entre les idées du Parti conservateur du Québec et celles du Parti québécois (PQ) qui ont été relevés par les chefs des autres partis dimanche.
« Pour nous, on va y aller à la pièce, on va faire avancer nos intérêts », a réitéré le chef conservateur lundi lors d’une mêlée de presse à Montréal, en marge d’une tournée d’entrevues médiatique. Sa ligne rouge demeure aussi la même : la tenue d’un référendum sur l’indépendance « est le seul enjeu sur lequel [il ne va pas] négocier ».
Dimanche, la cheffe de la Coalition avenir Québec, Christine Fréchette, a dit sentir un « rapprochement » entre les idées du PQ de Paul St-Pierre Plamondon et celles du PCQ d’Éric Duhaime. « Je vois qu’il y a une sorte d’alliance qui se crée », a-t-elle ajouté, en critiquant les mesures pour promouvoir la natalité annoncée par les deux formations politiques.
Plus tard la même journée, la porte-parole de Québec solidaire, Ruba Ghazal, a pour sa part évoqué « une bromance entre ces deux-là ».
« Comparer notre proposition famille de [dimanche] matin avec celle d’Éric Duhaime et du Parti conservateur… Ça ne peut pas être plus différent comme approche », a ensuite répondu Paul St-Pierre Plamondon. « Je suis obligé de constater que Mme Fréchette fait une campagne de plus en plus négative. »
Quant au chef du Parti libéral du Québec, il a souligné qu’une alliance PQ-PCQ est, selon lui, du cadre de la spéculation. « C’est assez clair pour moi que le Parti québécois est plus à droite qu’il l’a déjà été », a toutefois noté Charles Milliard.
Pas de « bromance » pour Duhaime
Une observation partagée par Éric Duhaime, qui l’a étendue aux autres partis. « Ils disent ça parce que j’étais en fin de semaine à Rigaud du côté des agriculteurs pour parler du [projet de train à grande vitesse Alto]. On a la même position sur cet enjeu-là, M. Plamondon [et moi]. Mais si on parle aujourd’hui du privé en santé, eh bien, les gens vont dire que j’ai une bromance avec Mme Fréchette. […] Ou si on parle d’enlever la TVQ sur les biens usagés, ils vont dire que j’ai une bromance avec Ruba Ghazal. »
Le chef conservateur y voit là une « opportunité » de collaboration si un scénario de gouvernement minoritaire se confirme le 5 octobre au soir. « Je suis prêt à répondre présent quand les Québécois veulent qu’on collabore avec les autres partis. »
Pour M. Duhaime, que différents partis empruntent — parfois à des degrés différents — des idées originalement prônées par ou historiquement associées au camp conservateur est aussi signe « que le débat a évolué vers [le PCQ] ».
« Je me rappelle qu’en 2022, les enjeux, c’était quoi ? Ils voulaient tous abolir les voitures à essence. Ils parlaient tous d’environnement. Ils parlaient tous de dire qu’il n’était pas question de baisser les taxes et les impôts, a lancé M. Duhaime. Regardez où on est aujourd’hui. Il n’y a que Québec solidaire qui dit ça, puis à peine, ils le disent du bout des lèvres. »
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