Colis venus de pays hors UE : 2 euros de frais supplémentaires dès le 1er novembre, en plus de la taxe de 3 euros déjà en vigueur

Deux pantalons commandés en ligne ? Cinq euros de frais. Un pantalon et une paire de chaussures ? Dix euros. À partir du 1er novembre, les achats expédiés depuis des pays situés hors de l'Union européenne seront soumis à de nouveaux frais de traitement de 2 euros par catégorie de produits.
Cette contribution s'ajoutera au droit de douane forfaitaire de 3 euros déjà en vigueur depuis le 1er juillet pour les envois d'une valeur maximale de 150 euros. Contrairement à ce dernier, les nouveaux frais de traitement concerneront également les colis de plus de 150 euros.
Pourquoi deux euros supplémentaires ?
L'objectif est de financer les contrôles douaniers, confrontés à une véritable explosion du commerce électronique international. Chaque jour, des millions de colis franchissent les frontières européennes, notamment en provenance de Chine.
"Ça demande beaucoup d'argent, ça demande beaucoup d'énergie. Et pour financer le fait que la douane doit faire des efforts supplémentaires pour mieux contrôler et contrôler davantage, c'est pour cette raison que les deux euros ont été introduits au niveau de l'Union européenne", explique Kristian Vanderwaeren, administrateur général des Douanes et Accises.
Un colis, plusieurs produits : combien faudra-t-il payer ?
Le calcul réserve quelques surprises. Les frais sont appliqués par catégorie tarifaire de marchandises, et non selon le nombre de colis ou d'articles commandés.
Pour une commande d'une valeur maximale de 150 euros :
Deux pantalons identiques : 3 euros de droits de douane et 2 euros de frais de traitement, soit 5 euros.
Un pantalon et une paire de chaussures : deux catégories différentes, donc deux fois 3 euros et deux fois 2 euros, soit 10 euros.
Trois catégories de produits différentes : la facture grimpe à 15 euros.
Ces montants s'ajoutent au prix des articles et aux autres frais éventuellement applicables. Ils pourront être intégrés au prix payé sur la plateforme ou, dans certains cas, réclamés lors de l'importation.
Les commerçants belges applaudissent
Pour Comeos, la fédération belge du commerce et des services, cette nouvelle contribution constitue une réponse à la concurrence des plateformes étrangères à bas prix.
"On est très satisfaits. C'est vraiment une mesure qui permettra de lutter contre la concurrence déloyale dont sont victimes nos commerçants belges et européens face aux colis chinois", réagit Lora Nivesse, porte-parole de Comeos.
La fédération dénonce notamment les écarts de prix liés au non-respect des normes européennes de sécurité, de santé et de protection des consommateurs par certains produits importés.
Ces mesures poursuivent donc un double objectif : donner aux douanes les moyens de mieux contrôler les marchandises et rétablir des conditions de concurrence plus équitables entre vendeurs européens et étrangers.
Selon les chiffres communiqués lors de la présentation de ces mesures, les droits de douane de 3 euros appliqués depuis juillet ont déjà rapporté 364 millions d'euros à l'Union européenne.
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