Territoires palestiniens: à deux mois des élections, les doutes subsistent sur la tenue du scrutin

Le dépôt des candidatures pour les élections générales en territoires palestiniens s’ouvre ce samedi. Un scrutin dont la tenue est aujourd’hui encore incertaine.
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Avec notre correspondante à Ramallah, Manon Chapelain
Après vingt ans sans élections générales, les Palestiniens sont appelés à voter pour leurs députés le 28 novembre prochain. Et aujourd’hui, le Parlement demeure à l’image de l’institution : le plafond s’est dérobé à cause de l’humidité et la poussière recouvre les pupitres des anciens députés. « Personne n’entretient ce bâtiment, cette salle. Voilà le résultat », raconte Samir, l’intendant des lieux et l’un des derniers à y travailler.
La dernière fois que des députés ont siégé ici, c’était en 2007, un an après les législatives qui ont porté à la victoire le Hamas et mené des affrontements avec le Fatah de Mahmoud Abbas.
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Vingt ans plus tard, les Palestiniens sont enfin invités à voter pour leurs nouveaux députés. Mais beaucoup n’y croit pas car entre les entraves dues au contrôle israélien, la bande de Gaza, où les destructions massives causées par la campagne d’anéantissement israélienne rendent l’organisation d’un scrutin extrêmement complexe, et une Autorité palestinienne qui peine à lâcher le pouvoir, la tenue de ces élections reste suspendue à de nombreux obstacles.
« Le vice-président palestinien dit qu’il n’y aura pas d’élections sans Gaza ou Jérusalem. En ce moment, je ne vois pas comment des élections pourraient y être organisées. Depuis le 7-Octobre, tout est devenu plus difficile », témoigne Ahmad, un Palestinien.
Tous ont en tête le précédent de 2021. À l’époque, Mahmoud Abbas avait annulé les élections faute d’accord israélien pour les organiser à Jérusalem-Est. Viviane, 71 ans, annonce que cette fois-ci, elle ne votera pas. « Je n’ai pas le sentiment que nos dirigeants fassent quelque chose pour nous. Ils reçoivent leur salaire et restent assis chez eux. C’est tout », tance-t-elle. Comme elle, ils sont d'ailleurs nombreux à considérer qu’aucun scrutin ne pourra changer leur destin.
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