Duhaime tiendrait compte des valeurs sociales du pays d’origine pour sélectionner les immigrants
Afin de « reprendre le contrôle » sur l’immigration, le Parti conservateur du Québec (PCQ) d’Éric Duhaime propose de revoir les critères de sélections afin d’accorder une partie des points en fonction du pays d’origine afin que les valeurs sociales de ce dernier s’accordent à celles du Québec.
« On a le droit d’exiger que ceux qui nous joignent partagent minimalement nos valeurs, plutôt que de nous faire reculer socialement et de mettre en cause l’égalité entre les hommes et les femmes ou encore les droits des gays et lesbiennes », a lancé le chef de la formation politique en point de presse à Montréal lundi.
La quantité de points accordée « selon le respect de la démocratie et des droits de la femme dans chacun des pays » sera similaire à celle accordée au français, a-t-il détaillé, sans toutefois s’avancer sur une liste définitive de pays concernés. Celle-ci sera déterminée en fonction d’indices internationaux déjà existants.
En présentant son plan en immigration, Éric Duhaime n’a pas voulu s’avancer sur un seuil d’immigration temporaire, confirmant seulement que, si porté au pouvoir, son parti n’augmenterait pas le seuil actuel. Le PCQ compte toutefois miser sur l’immigration économique, particulièrement en région via la création de tables pour chacune des 17 régions du Québec, et une réduction importante des demandeurs d’asile.
« Il faut, idéalement, revenir à la moyenne qu’on avait historiquement, mais à tout le moins, à très court terme, il faut que le Québec rattrape la moyenne nationale du Canada », a martelé M. Duhaime sur ce dernier point.
Sur la question de l’immigration, M. Duhaime a d’ailleurs estimé que « le Parti québécois fait le bon diagnostic […] c’est vrai qu’il y en a eu trop, beaucoup trop rapidement ». « C’est juste sur la solution qu’on n’est pas d’accord. »
Rendre le Québec « moins attractif »
Pour réduire l’accueil de demandeurs d’asile, l’aspirant premier ministre propose donc de « rendre le Québec moins attractif pour les demandeurs d’asile qui viennent ici pour la générosité de nos programmes sociaux ».
Concrètement, un PCQ au pouvoir baisserait l’aide sociale de 25 %, « en s’assurant que c’est une aide d’urgence », prioriserait les Québécois pour l’accès aux garderies et aux logements subventionnés et arrêterait le remboursement par Québec des services d’avocats et de consultants en immigration.
Le plan conservateur pourrait toutefois se retrouver avec quelques bâtons dans ses roues : en mars dernier, la Cour suprême du Canada a tranché que Québec ne pouvait restreindre aux demandeurs d’asile l’accès à prix réduit aux centres de la petite enfance (CPE). La majorité des juges du plus haut tribunal du pays y voyaient une discrimination fondée sur le sexe.
Le litige durait depuis la décision du gouvernement de Philippe Couillard, en 2018, de limiter l’accès aux garderies aux parents qui détiennent un permis de travail. La décision avait été maintenue par la Coalition avenir Québec, jusqu’en Cour suprême.
Obtenir les pleins pouvoirs
Éric Duhaime espère aussi que le Québec obtienne les pleins pouvoirs en immigration.
Comment compte-t-il s’y prendre, alors que d’autres avant lui, comme François Legault, ont tenté la même chose sans succès ? « On veut bâtir un rapport de force avec le gouvernement fédéral au moyen d’alliances avec les autres provinces autonomistes, notamment l’Alberta », a proposé l’aspirant premier ministre.
M. Duhaime croit également en une démarche transpartisane pour « avancer » vers l’obtention des pleins pouvoirs. « Il va falloir un moment donné qu’on se mette tous ensemble et les partis politiques, qu’on mette la partisanerie de côté une fois pour toutes », a-t-il lancé à ses adversaires politiques.
Face à Ottawa, le chef conservateur aspire aussi à demander la réduction d’octroi de visas en provenance de pays qu’il considère « problématiques ». Encore une fois, il n’a pas donné d’exemples de pays qu’une telle demande viserait.
« Regardez les pays qui n’ont pas besoin de visa pour entrer et où il y a beaucoup de gens qui arrivent ici, qui font une demande d’asile, puis regardez combien il y en a là-dedans qui sont retournés dans leur pays d’origine après un an, deux ans. Vous allez voir, c’est quoi le problème. »
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