Manifestation devant un refuge dans le Sud-Ouest | La mairesse Martinez Ferrada appelle au calme

La mairesse de Montréal Soraya Martinez Ferrada a lancé un appel au calme, mardi, quelques heures avant une manifestation prévue devant la Maison Benoît Labre, dans le Sud-Ouest.
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Le rassemblement, prévu à 18 h, exigera la fermeture de ce refuge fréquenté chaque jour par des dizaines d’itinérants et installé à proximité immédiate d’une école primaire. Un centre d’injection supervisé s’y trouve. Plusieurs incidents de cohabitation sont survenus depuis son inauguration en 2024.
« Nous manifesterons pour exiger la fermeture de la Maison Benoît Labre. Nous exigerons le rétablissement de la sécurité dans le secteur », a annoncé le restaurateur Peter Sergakis, dans un communiqué récent. C’est lui qui organise la manifestation.
Mardi, Soraya Martinez Ferrada a demandé aux manifestants de faire preuve de « compassion ».
« Soyons tolérants avec les autres. Je pense que c’est important de ne pas déverser notre colère sur les intervenants sociaux, qui sont des gens qui aident les personnes en situation d’itinérance, les citoyens les plus vulnérables », a-t-elle dit, en marge d’une conférence de presse. « Ce sont des gens qui font un travail que plusieurs d’entre nous ne feront jamais. Je pense que c’est important de se rappeler de ça. »
Je vais interpeller tout le monde ce soir : gardons le calme. Nous travaillons très fort pour trouver des solutions de transition, pour offrir plus de services répartis de façon équitable sur le territoire pour éviter la concentration de problématiques sociales.
La direction de la Maison Benoît Labre n’a pas voulu accorder d’entrevue sur la manifestation de mardi soir.
« Nous comprenons les préoccupations de cohabitation des citoyens », a indiqué la directrice générale Andréanne Désilets, par écrit. « La sécurité et la qualité de vie du voisinage sont importantes pour nous, tout comme le soutien que nécessitent les personnes en situation de grande vulnérabilité. Nous poursuivons d’ailleurs nos efforts de collaboration avec les partenaires du milieu et les autorités concernées afin de favoriser la meilleure cohabitation possible. »
La Maison Benoît Labre doit déjà déménager d’ici trois ans, en vertu d’une loi adoptée à Québec en 2025 et fixant une distance minimale de 150 mètres entre un site de consommation de drogue supervisé et une école.
Depuis 2024, les parents de l’École Victor-Rousselot se plaignent de trouver du matériel de consommation dans le parc adjacent à l’établissement. Les enfants sont aussi témoins de scènes dérangeantes qui surviennent au pied de la Maison Benoît Labre.
« Nos enfants de la maternelle à la 6e année ne devraient pas avoir à regarder des gens se masturber pendant la récréation ni à voir des personnes faire des surdoses de fentanyl sous leurs yeux et adopter des comportements effrayants », a expliqué à La Presse, en juillet dernier, Michael MacKenzie. Celui-ci est à la fois un voisin de l’École Victor-Rousselot et titulaire de la chaire de recherche du Canada sur le bien-être des enfants. Depuis l’ouverture de la Maison Benoît Labre, « les incidents se sont enchaînés les uns après les autres ».
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