Un Conseil européen divisé sur le budget et les migrations, mais uni sur l'Ukraine

Quand un Conseil européen se termine plus tard que prévu, ce n'est jamais bon signe et c'est ce qu'il s'est passé ce soir à Bruxelles. Les 27 dirigeants de l'Union européenne ont quitté ce vendredi 16 octobre le sommet il y a un peu plus d'une heure. Ils se sont divisés sur les migrations.
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Le Danemark, la Pologne et l'Italie voulaient durcir le communiqué final sur la question migratoire. Dans leur viseur : l'Espagne, accusée d'être le maillon faible de l'UE parce que Pedro Sanchez est vu comme trop généreux pour régulariser les migrants. Le sommet a bloqué là-dessus pendant de longues heures ce vendredi après-midi alors qu'ils devaient se quitter après le déjeuner.
Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a raconté son échange avec son homologue danoise Mette Frederiksen. « Elle estime que les personnes se trouvant dans notre pays – ou dans n'importe quel autre pays – ne devraient pas se voir reconnaître de droits. Moi, je pense que si, car je crois qu'en reconnaissant ces droits, on ancre en réalité ces migrants dans le pays qui les leur accorde », estime-t-il.
Pedro Sanchez, qui a par ailleurs, annoncé que l'Espagne et l'Italie allaient travailler ensemble pour mettre fin à leurs contrôles aux frontières, résultat d'une brouille autour de la crise migratoire de Ceuta. Sur l'immigration, Emmanuel Macron a regretté un « mauvais débat » et « très politisé ».
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Un futur budget clivant
Autre sujet de clivage, celui sur le futur budget. Il y a les pays appelés « frugaux » qui veulent de grosses coupes dans le budget comme l'Allemagne, la Suède ou les Pays-Bas. Et de l'autre côté, les partisans d'un budget « ambitieux », comme la France, la Pologne, l'Italie ou l'Espagne, qui réclament plus de fonds pour l'agriculture et la cohésion sociale et territoriale. Et cela passerait par de nouvelles taxes parce que personne n'est prêt à mettre plus d'argent sur la table.
Les 27 sont donc repartis sans solution. Le président du Conseil européen, Antonio Costa, l'a résumé ainsi : « Ce sera plus difficile que d’habitude. Et ma question est la suivante : est-il possible d’obtenir une approbation d’ici la fin de l’année, afin de garantir que nous disposions d’un nouveau budget à compter du 1er janvier 2028 ? Ma réponse est clairement non. »
Un « non », pour l'instant, car les Vingt-Sept sont d'accord pour dire que le temps presse : il leur faut un budget sanctuarisé avant 2027 avant une cascade d'élections, notamment la présidentielle en France. « C'est possible », assure le président français.
L'UE renouvelle son soutien à l'armée ukrainienne
La guerre en Ukraine aura toutefois rassemblé les Vingt-Sept dans le même camp : celui du soutien à l'armée ukrainienne. « Nous ne lâcherons pas l'Ukraine », ont répété les dirigeants européens toute la journée. Malmené par Donald Trump, Volodymyr Zelensky a soigneusement évité de dire ce qu'il pense du président américain.
Et il s'est tourné vers ses alliés européens pour leur réclamer 70 milliards d'euros supplémentaires pour continuer à faire face à la Russie. Les 27 ont bien reçu le message mais n'ont pas dit quand ni comment ils répondraient à sa demande.
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