Piégés par un agent double américain | Deux Québécois plaident coupable d’exportation d’armes à feu aux États-Unis

Deux Québécois ont reconnu cette semaine devant la justice américaine avoir joué un rôle clé dans un complot international de trafic d’armes à feu. Ils ont été piégés par un agent d’infiltration américain dans un hôtel de Montréal en 2016.
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Arrêté en 2017, Guy Deland et Charan Singh se sont battus pendant des années pour éviter d’être extradés aux États-Unis. C’est finalement en 2024 qu’ils ont été livrés aux autorités américaines. Ils ont plaidé coupable lundi, dans l’État de New York, à une accusation de complot visant à violer une loi portant sur l’exportation d’armes à feu.
Les délinquants risquent jusqu’à cinq ans de détention. Leur complice, le Canadien Aydan Sin, a écopé de 46 mois de prison en 2021.
PHOTO MARCO CAMPANOZZI, ARCHIVES LA PRESSE
Charan Singh en 2021 au palais de justice de Montréal.
Selon le communiqué de la justice américaine, Guy Deland était surnommé « Mark » et « Security Prime ».
Entre 2016 et 2017, Guy Deland et Charan Singh ont comploté dans le but d’exporter illégalement des armes à feu aux Émirats arabes unis et en Colombie. Ils voulaient exporter des mitraillettes Uzi, des pistolets semi-automatiques Glock et des milliers de munitions.
Les deux Québécois sont tombés dans un piège tendu par la police américaine. L’agence Homeland Security avait créé une entreprise fictive spécialisée dans la vente et l’importation d’armes contrôlées à Buffalo, dans l’État de New York, pour pincer les trafiquants.
En novembre 2016, Charan Singh s’est mis à communiquer avec un agent d’infiltration américain. Les Québécois ont alors fourni un appareil BlackBerry crypté à l’agent d’infiltration afin de garder leurs communications secrètes. Ils lui ont transféré 70 000 $ US pour la moitié du paiement d’une commande.
Les Québécois étaient bien au fait qu’il était interdit d’exporter de telles armes à feu sans permis.
Une première cargaison visait à exporter quelques armes à feu et 1000 munitions à Dubai pour 20 575 $. Puis, une seconde cargaison, plus volumineuse, était destinée à la Colombie pour 121 175 $.
En mars 2017, l’agent d’infiltration a fait croire à Aydan Sin et à Guy Deland que les armes à feu avaient été envoyées aux Émirats arabes unis, et que l’autre cargaison en Colombie serait bientôt effectuée.
Le communiqué fourni par la justice américaine n’en parle pas, mais devant la justice québécoise, il a été question d’une rencontre cruciale entre l’agent d’infiltration et Guy Deland à l’hôtel Sheraton de Montréal, en décembre 2016.
Les deux Québécois recevront leur peine en décembre et janvier prochain.
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