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Wednesday, September 2, 2026

En Égypte, Xi Jinping veut renforcer l'influence chinoise face aux États-Unis

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Le président chinois est au Caire pour une visite d'État de deux jours, ces 1er et 2 septembre. Il s'agit de la première en dix ans pour Xi Jinping, dans un contexte marqué par le regain de tension entre les États-Unis et l'Iran. Xi Jinping poursuit son offensive diplomatique après son passage au sommet de l'OCS au Kirghizstan.

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Xi Jinping n’était plus venu en Égypte depuis dix ans. Cette visite intervient quelques jours après le sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS) et quelques semaines avant sa rencontre avec Donald Trump, prévue fin septembre. L’enjeu pour Pékin : prolonger la démonstration d’influence affichée à Bichkek et consolider ses liens avec Le Caire.

À l'issue du sommet, côté chinois, on tire surtout un bilan politique. Xi Jinping a présenté l’OCS comme l’un des nouveaux centres de pouvoir d’un monde multipolaire. L’image forte reste celle des dirigeants chinois, russe et iranien réunis pour la première fois depuis les frappes contre Téhéran, indique notre correspondante à Pékin, Clea Broadhurst.

Le président chinois veut aussi renforcer le rôle du groupe dans la sécurité, le commerce et les nouvelles technologies. Mais l’OCS n’est pas une alliance militaire et ses membres ont des intérêts divergents. Pékin s’impose malgré tout comme le principal moteur de ce forum, qui rassemble près de la moitié de la population mondiale.

Au Caire, cette stratégie se poursuit sur un autre terrain : celui d’un pays longtemps considéré comme l’un des partenaires privilégiés des États-Unis dans la région.

Jeu des alliances

Les discussions vont porter sur la guerre au Moyen-Orient et les sanctions américaines contre les partenaires de l’Iran, dont la Chine achète une grande partie du pétrole et dont les entreprises ou banques pourraient être visées.

Jusque-là allié privilégié des pays de la région, Washington est désormais fragilisé par son affrontement avec l'Iran. La visite de Xi Jinping intervient donc dans un Moyen-Orient en pleine reconfiguration, alors que deux axes concurrents émergent, souligne Jean de Gliniasty, directeur de l'Institut des relations internationales et stratégiques (Iris), auprès de Franck Alexandre, journaliste défense à RFI.

« L’axe Turquie-Pakistan-Arabie saoudite, ils ont signé un pacte de défense. Ça devient une planche de secours, mais c'est aussi beaucoup plus que ça pour des pays qui se sentent délaissés par les États-Unis dans la protection vis-à-vis de l'Iran. Il y a un deuxième axe qui commence à apparaître, c'est l'axe Bahreïn, Émirats arabes unis et Israël. Parce que c'est le camp qui est capable de fournir protection, armement, formation, missiles, etc. Dans ce contexte, la visite de Xi Jinping va prendre une tournure un peu particulière parce que visiblement, les Chinois n'ont pas intérêt à ce que l'Égypte rejoigne le camp, qui est encore de très près patronné par les Américains. »

Cette question, note le diplomate, sera nécessairement à l'ordre du jour des entretiens bilatéraux sino-égyptiens.

Mais la rivalité entre Pékin et Washington ne se joue pas seulement sur le terrain diplomatique. Elle est aussi économique et technologique. Il sera notamment question d’investissements autour du canal de Suez, dans les transports, l’énergie et l’intelligence artificielle.

La bataille sino-américaine autour des data centers

La visite de Xi Jinping est aussi l’occasion pour Pékin de pousser à l’acceptation par l’Égypte d’une proposition de Huawei, le géant chinois de la technologie, pour la construction d’un centre de données géant.

Si l’accord se conclut, ce sera la première fois qu’un centre de données chinois d’une telle ampleur sera exporté, explique notre correspondant au Caire, Alexandre Buccianti. Pour Pékin, ce serait une tête de pont pour répandre son intelligence artificielle en Afrique et dans le monde arabe.

Par ailleurs, l’Égypte occupe une position stratégique au niveau de la communication mondiale puisque les câbles sous-marins de transfert de données entre l’Europe, le Moyen-Orient et l’Asie passent par l’Égypte. La Chine coopère déjà avec Le Caire en matière de technologie de l’information, par le biais d’aides étatiques et d’accords commerciaux.

Un projet qui pourrait toutefois se heurter directement aux intérêts américains. Les États-Unis, principal rival de la Chine en matière d’intelligence artificielle, s’apprêtent à faire une contre-proposition à l’Égypte avec un consortium comprenant notamment Nvidia, AMD et Microsoft.

Washington fait pression par le biais des accords de coopération stratégique qui donnent à l’Égypte une aide militaire et économique de deux milliards de dollars tous les ans.

L’Égypte se retrouve ainsi dans une position délicate : elle cherche à diversifier ses partenariats sans rompre avec Washington. Pékin, lui, se présente comme une alternative aux puissances occidentales, fondée sur les investissements et la non-ingérence.

À écouter aussi - Invité intenationalSommet de l'OCS au Kirghizistan: «La capacité diplomatique de la Chine est croissante»

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