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Friday, September 18, 2026

Au Népal, les enfants sont traumatisés après les inondations meurtrières d'août dernier

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Au Népal, trois semaines après des inondations dévastatrices qui ont fait plus de 1 403 morts et plus de 6 100 disparus, les besoins sont encore nombreux. Plusieurs milliers de rescapés ont tout perdu : des proches mais aussi leur maison, leur terrain, leur travail et leurs économies. Le gouvernement népalais a annoncé un programme de bourse pour garantir l'éducation des enfants orphelins ou déplacés à cause de la catastrophe. Des enfants qui, pour beaucoup, ont assisté aux crues meurtrières et nécessitent un soutien psychologique. Dans un centre d'accueil temporaire de Bidur, ville sinistrée du district de Nuwakot, à une cinquantaine de kilomètres de Katmandou, les professionnels essaient de soutenir les enfants.

De notre envoyée spéciale de retour de Bidur,

Assise sur un banc devant le gymnase de l’association de taekwondo de Bidur, Suchita, 36 ans, berce son neveu. « Il a 15 mois, il était allaité, il cherche encore le lait de sa mère », s'émeut-elle. La mère du garçon est morte dans les inondations, c’est la grand-mère qui a sauvé l’enfant. « Elle est encore très traumatisée d’avoir perdu ses deux belles-filles et deux petits-enfants », poursuit Suchita.

L’enfant et la grand-mère vivent désormais dans ce gymnase sur des tapis de sol avec 200 autres rescapés. Et Suchita peine à réconforter le petit garçon. « La première nuit, il n’a pas dormi, on avait peur de déranger les autres autour, témoigne-t-elle. Mon fils de 7 ans aussi, il pleure souvent, il me dit que ses cousins qui sont morts lui manquent beaucoup, ils étaient très proches. »

Dehors, une quinzaine d’enfants jouent sur un rectangle de gazon. Il y a un tourniquet, un toboggan. À côté, des tentes blanches dressées par l’ONG Save The Children et d’autres associations. Ces espaces sont réservés aux plus jeunes pour leur redonner une routine, des repères, dans un lieu sûr. On y trouve des coloriages, des imagiers, des jeux de société. « De ce que j’ai pu voir, ici c’est un peu mieux que dans d’autres centres, explique Achita Thieng, qui intervient au nom d'une association de psychologie transculturelle, TPO Nepal. Pour l’instant on se concentre sur les premiers secours psychologiques. »

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Soigner aussi dans le futur

Le but : écouter, observer, empêcher les traumatismes de s’ancrer à long terme. « Certains enfants restent très silencieux, ils semblent ne pas encore avoir compris ce qu’il s’était passé, poursuit Achita Thieng. Un autre enfant croit, à chaque fois qu’il voit passer un hélicoptère, que ses parents sont dedans et vont revenir, alors qu’il les a vus mourir sous ses yeux. »

Plusieurs associations, ONG et le ministère de la Santé ont déployé des psychiatres, psychologues, conseillers. Reste à bien répartir cette aide, surtout dans les zones sinistrées isolées. Et après l’urgence, il faudra prendre en charge d’éventuels troubles durables : dépression, anxiété, stress post-traumatique…, explique Achita Thieng. « Dans un, deux, trois mois, il faudra pouvoir proposer un suivi régulier », plaide-t-elle.

D’après l’Unicef, plus de 17 000 enfants ont un besoin urgent d’aide et de soutien psychologique après ces inondations dévastatrices survenues au Népal le 26 août, l'une des plus grandes catastrophes des dernières décennies dans le pays. Toujours d'après l'Unicef, 541 mineurs sont seuls et n'ont pas pu être réunis avec leurs proches. Plusieurs ONG comme Save The Children alertent : après un tel désastre et l'appauvrissement soudain de nombreuses familles, les risques de travail infantile, de mariages précoces et de traite d'enfants risquent d'augmenter.

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