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Friday, September 18, 2026

Soulèvement «Femme, vie, liberté» en Iran: Amnesty International accuse les autorités de crimes contre l’humanité

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L’ONG de défense des droits de l’homme révèle dans son dernier rapport l’existence d’une chaîne de commandement, responsable de la mise en œuvre d’une politique d’État consistant à utiliser la force meurtrière pour écraser les manifestations de 2022, qui a fait des centaines de morts, et identifient 87 représentants des autorités qui devraient faire l’objet d’enquêtes pour crimes contre l’humanité. 

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« Les très nombreuses preuves recueillies et analysées dans notre rapport ne laissent aucun doute : les autorités iraniennes ont commis des crimes contre l'humanité pour écraser le soulèvement Femme, vie, liberté de 2022. Elles ont lancé une attaque généralisée et systématique dirigée contre une population civile qui réclamait la dignité, le respect des droits humains et un changement politique de fond, en application d’une politique d’État consistant à recourir à la force meurtrière pour réduire à néant toute dissidence », affirme Agnès Callamard, secrétaire générale d'Amnesty International. 

Voilà quatre ans aujourd’hui que des manifestations massives ont secoué le pays après la mort en détention de Mahsa Amini, une jeune Kurde arrêtée pour avoir prétendument enfreint le strict code vestimentaire imposé aux femmes. S’en est suivie une répression féroce des autorités iraniennes. 

Le rapport publié ce 16 septembre, de plus de 1 000 pages, est intitulé « Les architectes des atrocités. Des crimes contre l’humanité orchestrés par l’appareil d’État pendant le soulèvement Femme, Vie, Liberté de 2022 en Iran ». Il montre que les autorités iraniennes ont commis différents crimes contre l’humanité (meurtres, torture, disparitions forcées, emprisonnements, viols et persécution) pour des motifs politiques, de genre, ethniques et religieux afin d’écraser le soulèvement.  

Le document détaille également les opérations meurtrières de répression des manifestations et les structures de commandement, identifiant 87 membres des autorités qui devraient faire l’objet d’enquêtes pénales pour crimes contre l’humanité. 

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Durant des mois, « les autorités iraniennes ont mobilisé des forces de sécurité équipées d'armes à feu de type militaire et de fusils à plomb et ont donné des ordres favorisant les homicides illégaux de centaines de manifestants et de passants, dont plusieurs dizaines d'enfants », affirme Amnesty qui a identifié au moins 377 victimes, manifestants et passants, dont 56 enfants. Cette répression a également pris la forme d'arrestations arbitraires, de disparitions forcées, d'actes de torture ou encore de viols, ainsi que « de manœuvres de persécution à l'encontre de proches endeuillés », ajoute Amnesty.

D'après nos conclusions qui rejoignent celles des Nations unies, les autorités iraniennes ont tué, fait disparaître, torturé, arrêté, violé et persécuté des gens en fonction de leur genre, de leur opinion politique, de leur appartenance ethnique ou de leur religion, et tout cela en toute impunité.

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Diana Eltahawy (Amnesty International): «Les autorités iraniennes ont commis des crimes contre l'humanité»

Aabla Jounaïdi

Pour un mécanisme international de justice pénale

Si certains membres des autorités qui devraient faire l’objet d’enquêtes pénales pour crimes contre l’humanité, comme l'ancien guide suprême Ali Khamenei et plusieurs hauts responsables des Gardiens de la Révolution, ont été tués dans les frappes américano-israéliennes qui ont déclenché la guerre fin février, d'autres comme Ahmad Vahidi, ministre de l'Intérieur en 2022 et actuel chef des Gardiens, sont toujours en vie.  

L'organisation internationale de défense des droits de l’homme demande qu'un « mécanisme international de justice pénale soit mis en place de toute urgence par l'Assemblée générale des Nations unies afin de demander des comptes » à Téhéran. 

Amnesty International souligne aussi que la répression du dernier mouvement de contestation populaire de décembre 2025-début 2026 a suivi le même schéma de répression qu’en 2022, mais avec une ampleur « encore plus meurtrière et vertigineuse ». Selon Amnesty, « les massacres perpétrés lors des manifestations de janvier 2026 présentent les mêmes caractéristiques que les crimes contre l'humanité présentés dans ce rapport, mais à une échelle encore plus meurtrière et vertigineuse » avec des « dizaines de milliers de manifestants tués en seulement 48 heures » via un « recours illégal, systématique et généralisé à la force meurtrière » et « le déploiement coordonné des forces de sécurité dans le cadre d'une chaîne de commandement unifiée ».

Au regard des hostilités menées contre l’Iran, Amnesty International réitère aussi son appel à instaurer un cessez-le-feu durable et à mener des enquêtes indépendantes sur les attaques commises pendant ce conflit. L’organisation demande à l’ONU de réclamer des comptes pour les violations de la Charte des Nations unies et du droit international humanitaire, parmi lesquelles de possibles crimes de guerre. 

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