Union européenne, Concordat… Pourquoi Léon XIV se rend-il à Metz?

Après Paris et Lourdes, le pape Léon XIV termine ce lundi sa visite en France à Metz, dans le nord-est de l’Hexagone. Une étape moins attendue mais un choix chargé de sens. Sur cette terre longtemps déchirée par les guerres, Metz est devenue un symbole des prémices du projet européen. La préfecture de la Moselle jouit également d’un statut particulier au regard de l’Église : le Concordat. Ici, la loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l’État ne s’applique pas.
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Dernier jour de la visite de Léon XIV en France ce lundi, avec un passage beaucoup moins attendu que Paris et Lourdes. Le Saint-Père achève son voyage à Metz, en Moselle. Un choix qui permet de donner une dimension européenne à cette visite, mais aussi de rappeler le statut particulier de ce département depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, avec le régime concordataire.
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Française, allemande, puis de nouveau française au gré des affrontements entre les deux voisins, Metz porte les traces de cette histoire mouvementée. Pour Sébastien Maillard, expert de l’Union européenne et ancien correspondant de La Croix au Vatican, cette histoire est précisément ce qui a guidé le choix du pape : « C’est la ville un peu martyre des guerres de l’Europe, aussi bien la Première que la Seconde Guerre mondiale. C’est ce symbole d’une ville qui a su surmonter ces blessures, qui porte les cicatrices de l’histoire, mais qui les a guéries à travers la construction européenne. »
Metz, c’est aussi la terre de Robert Schuman. En 1950, ce fervent catholique, l’un des pères fondateurs de l’Europe, lance le rapprochement franco-allemand autour du charbon et de l’acier. Léon XIV vient saluer cet héritage, mais aussi promouvoir une Union européenne bousculée par la guerre en Ukraine et la montée du nationalisme. Après une rencontre interreligieuse, le pape prendra la parole ce lundi sur la paix et l’unité, en présence d’Emmanuel Macron et de plusieurs dirigeants européens.
La Moselle, un statut particulier
Le catholicisme joue également un rôle dans l’histoire tourmentée de ce territoire, et donc dans le choix de Léon XIV. Depuis la libération de la France, l’Alsace et la Moselle ont conservé une particularité : le régime concordataire. Ce sont les seuls territoires de la France métropolitaine qui n’appliquent pas la loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l’État, car, à cette époque, l’Alsace et la Moselle sont allemandes.
Lorsque les deux territoires redeviennent français, de grandes manifestations éclatent pour obtenir le maintien de ce régime dérogatoire. Les Alsaciens et les Mosellans ne veulent pas d’un État laïc. Pour éviter une crise, le gouvernement accepte de maintenir ce statut, à quelques exceptions près. Le délit de blasphème, par exemple, a disparu. En revanche, les autres spécificités du Concordat sont maintenues.
« Les cultes sont financés, et en particulier les lieux de culte, par l’État. Les prêtres sont salariés par l’État, les évêques sont nommés par un accord entre le chef de l’État et le pape. Il y a un certain nombre de jours fériés supplémentaires, mais également l’enseignement religieux dans les établissements scolaires », explique Éric Anceau, historien à l’université de Lorraine.
Mais si les habitants de ces territoires manifestaient il y a un siècle pour le maintien du Concordat, une majorité réclame aujourd’hui la laïcité. La question s’est même invitée dans le programme de plusieurs partis en lice pour la présidentielle de 2027. Léon XIV sera peut-être le dernier pape à se rendre sur ce territoire au régime particulier. Il n'est que le troisième pape à se rendre à Metz après Jean-Paul II en 1988 et… Léon IX, pape mosellan du XIᵉ siècle.
Le programme du lundi 28 septembre pour le pape Léon XIV
10h00 : rencontre interreligieuse au centre des congrès Robert-Schuman, à Metz.
11h00 : discours « Aux racines de l'Europe pour la paix et l'unité » au centre des congrès Robert-Schuman.
14h30 : déambulation en papamobile jusqu'à la cathédrale Saint-Étienne.
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