Jonathan, une tortue géante, est le plus vieil animal terrestre vivant

Des généticiens tentent de percer les secrets de longévité du plus vieil animal terrestre vivant : une tortue géante de l’île de Sainte-Hélène, prénommée Jonathan, âgée de 194 ans. Soit presque 100 ans de plus que la plupart de ses congénères.
Les tortues géantes de l’espèce Aldabra (Aldabrachelys Gigantea) sont connues pour leur durée de vie exceptionnelle dépassant souvent les 100 ans, mais Jonathan, le doyen, devenu une célébrité sur l’île de Sainte-Hélène au large de l’Atlantique sud, bat tous les records avec ses 194 ans. D’après les archives Jonathan serait né en 1832, aurait donc connu Charles Darwin et brouterait paisiblement sur son île depuis près de 200 ans. De quoi intriguer les généticiens qui cherchent à comprendre les mécanismes moléculaires du vieillissement, en comparant les génomes des animaux qui vivent le plus longtemps. Outre les tortues géantes, il y a les rats-taupes nus, les baleines boréales, certaines méduses dites immortelles et de petits poissons tropicaux appelés killifish, autant d’espèces qui vieillissent moins ou plus lentement que les autres. Une longévité inscrite en quelque sorte dans leur ADN, dans leur génome mais aussi dans ce qu’on appelle l’épigénome, spécifique à chaque individu, c’est l‘ensemble des modifications génétiques dues à l’environnement, au mode de vie et à l’âge. Avec le temps, l’épigénome d’un individu se modifie, perturbant le fonctionnement des cellules et des organes c’est ce qui cause le vieillissement. En décryptant à la fois le génome et l’épigénome de Jonathan, les généticiens de la fondation Kallel aux États-Unis et de l’Université de Cambridge au Royaume-Uni ont découvert des variants particuliers dans ses gènes mais aussi que certaines régions de son épigénome avaient des caractéristiques similaires à celles de ses congénères juvéniles, comme si Jonathan ne vieillissait pas autant et pas tout à fait comme les autres tortues géantes.
Quelles sont les implications et les applications possibles de cette analyse génétique et épigénétique du plus vieil animal terrestre connu ?
Parue dans la revue Science Advances, le 7 octobre dernier, cette étude ouvre des pistes intéressantes pour lutter contre le vieillissement des cellules et des organes, à l’origine de la plupart des maladies chroniques. Car si Jonathan lui a aussi a vieilli avec l’âge depuis 194 ans, il semble que certaines parties de son génome, notamment les gènes impliqué dans la réparation de l’ADN et dans les mitochondries (les centrales énergétiques de cellules) sont restés particulièrement stable, ce qui permet de limiter les dysfonctionnent qui s’accumulent au fil du temps Les chercheurs parlent de modèle de résilience cellulaire pour les tortues géantes en général et pour le doyen Jonathan en particulier, dont l’extrême longévité semble reposer sur une combinaison de mécanismes génétiques. Si Jonathan ne possède pas les clés de la vie éternelle, il pourrait nous ouvrir des pistes pour mieux ou moins vieillir, c’est en tout cas l’espoir de chercheurs comme Justin Gerlach de l’Université de Cambridge un des auteurs de cette étude : « peu d’animaux peuvent nous en apprendre autant sur le vieillissement que les tortues des îles Galápagos et des Seychelles ». Longue vie à elles et à Jonathan.
KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.