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Wednesday, September 16, 2026

Aux États-Unis, des appels pour réguler l’IA, de Steve Bannon à Bernie Sanders

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L’un est une figure marquante de la gauche américaine et a failli être le candidat démocrate à la présidence. L’autre est une des plus importantes voix de la droite et a été un stratège clé derrière l première élection de Donald Trump comme président des États-Unis.

À quelques minutes d’intervalle, Bernie Sanders et Steve Bannon se sont succédé au même lutrin pour porter ce message : il faut réguler le développement de l’intelligence artificielle (IA), critiquant tout deux les oligarques derrière la technologie.

Ils participaient mardi à la première édition de l’assemblée pro humaine, organisée dans la capitale fédérale par le Future of Life Institute, une organisation à but non lucratif visant à éloigner [les technologies transformatrices] des risques extrêmes à grande échelle.

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L’IA a le potentiel d’éliminer des dizaines de millions d’emplois, a déclaré le sénateur indépendant du Vermont, Bernie Sanders.

Mais il y a une menace encore pire : si elle surpasse l’intelligence humaine – ce que croient beaucoup de scientifiques –, la technologie pourrait échapper au contrôle humain, avec de conséquences potentielles catastrophiques, a mis en garde Bernie Sanders.

Le sénateur américain Bernie Sanders (D-VT) prend la parole lors de l’Assemblée « Pro-Human » au Marriott Marquis Washington, à Washington, DC.

Le sénateur américain Bernie Sanders (D-VT) prend la parole lors de l’assemblée « Pro-Human » au Marriott Marquis Washington, le 15 septembre 2026, à Washington, DC.

Photo : Getty Images / Finn Gomez

Je pense que le sénateur Sanders a fait un bon travail pour synthétiser les risques, a dit quelques minutes plus tard le stratège d’extrême droite Steve Bannon.

Évidemment, lui et moi avons des opinions assez différentes sur le président des États-Unis, mais nous essayons de dépasser les clivages partisans. Nous devons le faire, a-t-il affirmé.

Les deux hommes, aux antipodes politiquement, n’étaient toutefois pas en accord sur les actions à adopter, notamment en ce qui concerne l’approche à adopter face à la Chine.

Sanders appelait à un accord entre le président américain, Donald Trump, et le président chinois, Xi Jinping, lors de la rencontre entre les deux dirigeants, prévue le 24 septembre dans la capitale américaine.

Quant à lui, Bannon appelait à étouffer l’écosystème chinois de l’IA et à expulser ses ressortissants des laboratoires américains.

Pas de puces. Pas de ventes de puces sur le marché noir. Pas de passager clandestin, pas de vol de la technologie américain, a-t-il déclaré.

L’ancien stratège en chef de la Maison-Blanche, Steve Bannon, prend la parole lors de l’Assemblée Pro-Human qui s’est tenue au Marriott Marquis Washington à Washington, DC.

L’ancien stratège en chef de la Maison-Blanche, Steve Bannon, prend la parole lors de l’Assemblée Pro-Human qui s’est tenue au Marriott Marquis Washington le 15 septembre 2026 à Washington, DC.

Photo : Getty Images / Finn Gomez

Tant Bannon que Sanders ont reçu de généreux applaudissements de la foule de centaines de personnes, comptant des scientifiques de haut vol, des employés de cabinets politiques ou encore des militants pour davantage d’encadrements de l’IA.

Trump du mauvais côté de l’histoire

Je suis une grande fan de Trump. Je l'ai soutenu à chaque élection. Quand il est descendu de l'ascenseur doré, je me suis dit "ça, c’est mon homme", dit en entrevue lors de l’assemblée Corinne Johnson, directrice exécutive de Child First Policy Center.

Cet organisme de l’Utah vise à introduire des lois pour protéger les enfants des dangers des nouvelles technologies.

Je suis d'accord avec 80 % ou 90 % des politiques de Trump, mais, sur ce point précis, il se trouve du mauvais côté de l'histoire, dit-elle dans un corridor de l’hôtel hébergeant l’événement.

Un autre conservateur, le chercheur principal à l’Institute for Family First et ancien chercheur à la Heritage Foundation, Daniel Cochrane, pense lui aussi que l’IA doit être régulée.

Ce à quoi nous sommes confrontés, c'est une menace à notre capacité à être humains et à prendre des décisions pour nos communautés, affirme-t-il en entrevue.

L’élu républicain à la Chambre des représentants Chip Roy, du Texas, a également appelé à une régulation de l’IA mardi.

Ça fait vingt ans que je suis à Washington et c’est un des sujets les plus bipartisans que j’ai vu, ajoute en entrevue Riki Parikh, directeur des politiques publiques d’Alliance for Secure AI, une organisation visant à éduquer le public sur les implications de systèmes d’IA avancés.

Le président Donald Trump fait aussi face à une pression croissante pour une réglementation de l’IA à la suite de la démission d’un employé d’Anthropic, qui affirmait croire honnêtement que l’IA pourrait tous nous tuer.

Le président et directeur général d’Anthropic, Dario Amodei, a appelé à un ralentissement concerté du développement des modèles les plus avancés d’intelligence artificielle.

A man wearing glasses speaks into a microphone during a panel.

Dario Amodei, le pdg et cofondateur d'Anthropic.

Photo : Associated Press / Jeff Chiu

Ses rivaux Elon Musk, de l’entreprise xAI, et Sam Altman, d’OpenAI, ont tous deux appuyé le message sur les réseaux sociaux.

Un groupe d’élus démocrates a demandé au président de la Chambre des représentants, le républicain Mike Johnson, de repousser le début des vacances de la Chambre, prévu vendredi, afin de pouvoir débattre de législation sur l’IA.

Mike Johnson a rejeté ces demandes, jusqu’ici, tout comme Donald Trump a écarté toute réglementation de l’IA.

Dans une publication sur son média social, Donald Trump a affirmé que le seul contrôle ou garde-fou dont l’IA a besoin est d’un PRÉSIDENT FORT ET INTELLIGENT (haut QI!).

Tout encadrement de l’IA devrait passer par l’exécutif et non pas le Congrès, en raison de l’évolution rapide de la technologie, a affirmé mardi Steve Bannon.

Je suis bien plus optimiste [quant à la capacité de réguler la technologie] que je ne l'étais il y a une semaine environ, estime quant à lui en entrevue le membre de l’assemblée de l’État de New York, Alex Bores.

Quel rôle pour le Canada?

Alors que les États-Unis et la Chine semblent en pleine course l’un contre l’autre pour développer des systèmes d’IA superintelligents, qui seraient bien meilleurs que les humains dans n’importe quelle tâche, le Canada a un rôle à jouer en se positionnant comme leader dans l’IA sécuritaire, croit le cofondateur du Future of Life Institute, Max Tegmark.

Le Canada devrait adopter une forme de leadership moral. N’essayez pas juste d’être troisièmes dans la course vers la falaise. Essayez d'être premiers à pointer dans une direction plus prometteuse, dit le physicien de formation en entrevue.

Selon lui, l’institut de recherche en IA québécois Mila et son chercheur Yoshua Bengio sont d’importants atouts pour le Canada.

Le Canada a là une opportunité immense : non seulement d'influencer le monde, mais aussi d'attirer les talents en IA dans le pays en montrant la voie vers quelque chose d'inspirant, dit M. Tegmark.

De son côté, le sénateur démocrate du Connecticut, Richard Blumenthal, a affirmé à Radio-Canada, en se dirigeant en dehors de la salle de conférence, que toute forme de persuasion [du Canada] est une bonne idée si elle permet d'aboutir à des réformes de l'IA protégeant les personnes contre les risques et dangers potentiels.

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