Test Beatbot Sora 70 : faut-il acheter un robot piscine qui nettoie aussi la surface ?

Fond, parois, ligne d’eau et même surface, le Beatbot Sora 70 veut s’occuper à lui seul de presque toute la piscine. Une polyvalence encore peu commune pour un robot affiché à 1 499 euros. Pour vérifier si cette promesse 4-en-1 résistait à l’épreuve du bassin, nous l’avons laissé travailler jusqu’aux dernières baignades de la saison.
Alors que l’hivernage des bassins se profile, en octobre ou novembre selon les régions, un constat s’impose sur le marché des robots piscine sans fil. Les constructeurs suivent désormais des caps très différents. Aiper, l’un des pionniers du secteur, s’appuie cette année sur l’intelligence artificielle avec son Scuba V3, tandis qu’Ecovacs mise sur un tarif particulièrement agressif de 549 euros pour son premier robot, l’Ultramarine P1.
Arrivée en Europe en 2024, Beatbot suit encore une autre voie. La marque de Shenzhen poursuit depuis ses débuts la même idée, celle d’une machine capable de s’occuper de tout le bassin. Une stratégie qui l’a mécaniquement conduite vers des sommets tarifaires. Dévoilés début 2025, ses AquaSense 2 Pro et AquaSense 2 Ultra figurent parmi les modèles les plus premium du secteur, avec des tarifs respectifs de 2 699 et 3 899 euros à leur lancement.
Le Sora 70 cherche à rendre cette philosophie un peu plus accessible. Commercialisé à 1 499 euros, il abandonne la cartographie 3D et la station de recharge de ses grands aînés, mais conserve leur appétit de stakhanoviste. Quatre zones de nettoyage pour un seul robot, surface du bassin comprise.
Une sacrée fiche de poste pour une seule machine. Toutefois, multiplier les terrains de jeu ne garantit pas d’être à l’aise sur chacun d’eux. C’est justement ce que nous avons voulu vérifier, lors du mois de septembre, dans notre piscine de 40 m².
Un gabarit raisonnable qui remonte au bord tout seul
À l’image de Mova et de son imposant Rover X10, Beatbot a rangé les couleurs au placard. Noir de la carrosserie aux chenilles, le Sora 70 ne s’accorde qu’une fantaisie, la finition brillante de son capot. Les plastiques sont rigides et les deux larges chenilles encadrent avec soin des rouleaux à lamelles en caoutchouc.
Avec ses mensurations de 43,4 x 42,9 x 28,4 cm et ses 10,4 kg à sec, le Beatbot Sora 70 n’est ni le plus compact ni le plus encombrant de la catégorie. Il se place entre les 8,25 kg d’un Aiper Scuba V3 et les 13,2 kg de l’AquaSense 2 Ultra, son grand frère plus sophistiqué.

Heureusement, pour éviter tout lumbago, Beatbot simplifie les sorties de bassin. Une fois sa tâche terminée, le Beatbot Sora 70 remonte de lui-même jusqu’au bord, en se délestant au passage d’une bonne partie de l’eau emprisonnée dans son châssis. Il ne reste alors plus qu’à l’attraper par sa large poignée. Pour interagir avec le robot, un commutateur est également placé en façade afin de lancer directement un programme, sans avoir à sortir son smartphone.
Enfin, l’installation ne prend que quelques minutes. Le robot s’appaire d’abord en Bluetooth, puis éventuellement au Wi-Fi domestique. Cette dernière connexion permet notamment de recevoir les notifications de fin de tâche, de consulter l’historique des cycles et d’installer les mises à jour.

Si le réseau porte mal jusqu’à votre piscine, aucune crainte, le robot reste parfaitement utilisable. Il faudra simplement faire une croix sur les deux premières fonctionnalités et le rapprocher de temps en temps de la maison pour que son logiciel reste à jour.
Dix-huit capteurs pour trouver son chemin
Là où l’Aiper Scuba V3 embarque une caméra, Beatbot a choisi de doter son robot de 18 capteurs, dont deux modules à ultrasons baptisés SonicSense. Leur principe est celui d’un sonar. Ils émettent des ondes sonores, puis mesurent le temps que met leur écho à revenir pour évaluer la distance des obstacles. Quatre petites roues latérales complètent le dispositif lorsque le robot longe les parois.

Dans notre piscine rectangulaire, le Sora 70 a fini par adopter les trajectoires en S promises par le constructeur. Néanmoins, plusieurs cycles auront été nécessaires pour y parvenir. Ses premières sorties étaient nettement moins ordonnées, avec des changements de direction dont la logique nous échappait parfois. Difficile de déterminer ce qui explique cette évolution, mais ses déplacements ont gagné en régularité au fil des nettoyages.

Toutefois, un angle ou une petite portion du bassin, rarement supérieure à un mètre carré, échappait à sa vigilance environ un cycle sur quatre. Rien de dramatique, puisqu’un rapide passage supplémentaire suffisait à récupérer ces quelques oublis.
Un nettoyage 4-en-1 qui tient ses promesses
En revanche, là où le Beatbot Sora 70 passe, il laisse rarement quelque chose derrière lui. Feuilles mortes, brindilles ou gravillons ramenés sous nos pieds, tout ce que nous semions malencontreusement a été aspiré du premier coup.
Il faut dire que le robot mobilise huit moteurs, répartis entre la propulsion, le brossage et l’aspiration. Ses deux rouleaux à lamelles décollent les saletés collées au revêtement pendant qu’une bouche de 17 cm de large fait office de Charybde, ce gouffre de la mythologie grecque qui avalait tout sur son passage.

La surface, elle, reste ignorée par l’immense majorité des robots piscine. Beatbot déploie ici son système JetPulse, deux jets latéraux qui créent un courant convergent devant la machine. Au lieu de repousser les débris flottants comme le ferait un robot en avançant simplement, le Sora 70 les attire vers sa bouche d’aspiration. Les propriétaires de piscines bordées d’arbres apprécieront, tout comme ceux qui subissent régulièrement le mistral ou la tramontane.
Les parois ne lui font pas peur. Le robot se hisse sans hésiter, remonte jusqu’à la ligne d’eau et redescend sans jamais décrocher. Cette bande étroite, au niveau de flottaison, a d’ailleurs droit au même traitement. Pour le mettre à l’épreuve, nous avons été plusieurs à forcer volontairement sur la crème solaire une après-midi durant. Le lendemain, et deux heures de nettoyage plus tard, il ne restait pratiquement plus rien de cette pellicule grasse.

Néanmoins, ce résultat fut obtenu sur un dépôt de la veille. Sur des saletés incrustées depuis plusieurs semaines, son débit d’aspiration moyen de 25,7 m³/h ne fera sans doute pas de miracle. Il est par exemple en retrait des 30 m³/h du Dreame Z1 Pro, lancé en 2025 à 1 299 euros, soit 200 euros de moins.
Des escaliers bien négociés, mais une filtration un peu chiche
Beatbot ne promet rien sur les escaliers. Aucun des six modes de nettoyage de l’application ne leur est dédié. La marque se contente d’annoncer une capacité à travailler dès 20 cm de profondeur, ce qui rend le robot adapté au nettoyage des plages immergées.
Les quatre marches de notre bassin ne lui ont pourtant posé aucun problème. Le Beatbot Sora 70 les identifie et les traite une à une sans jamais basculer vers le fond, y compris la dernière, à demi immergée. Voilà qui mérite d’être souligné, tant les escaliers restent la bête noire des robots piscine.

Avec ses 6 litres, le panier de récupération peut accueillir une quantité généreuse de feuilles et autres débris sans imposer des vidanges à répétition. Accessible directement par le dessus, il se retire en quelques secondes et se nettoie d’un simple coup de jet.
Malheureusement, la finesse de filtration n’a pas reçu la même attention. Le panier fourni se limite à une maille de 150 microns, suffisante pour les saletés ordinaires, mais beaucoup moins adaptée aux poussières les plus fines. Pour descendre à 3 microns, il faut acheter un filtre supplémentaire facturé environ 60 euros.
À 1 499 euros le robot, c’est assez étonnant. D’autant que l’Ecovacs Ultramarine P1, pourtant vendu 549 euros, embarque d’origine une double filtration à 180 et 3 microns.
Une autonomie taillée pour la moyenne des piscines françaises
Comme pour les robots tondeuses, l’autonomie d’un robot piscine est délicate à jauger. Tout dépend évidemment de la surface à couvrir, de la forme du bassin et de son niveau de saleté au moment du nettoyage. Pour son Sora 70, Beatbot annonce jusqu’à cinq heures de travail pour le fond, les parois et la ligne d’eau, et sept heures pour la surface seule.

Durant nos différents nettoyages, le robot ne s’est jamais fait prendre en défaut dans notre bassin de 40 m². Un résultat rassurant puisque la surface moyenne des piscines enterrées françaises tourne autour de 32 m². Il faut ensuite compter quatre heures et demie pour refaire le plein avec le chargeur de 65 W fourni. Une durée assez classique dans la catégorie, où les cinq heures de recharge restent monnaie courante.

Si l’endurance du Sora 70 ne pose aucun problème, l’application, elle, manque de souplesse. Chaque mode impose de choisir sa durée avant le départ, quatre ou cinq heures pour le Pro, deux ou trois heures pour le Standard et la Surface, et une heure pour les parois. Une dernière position MAX laisse le robot travailler jusqu’à épuisement de la batterie.
En revanche, impossible de descendre sous deux heures en surface ou quatre heures en mode Pro. Pour un simple rafraîchissement, le Sora 70 peut donc être mobilisé plus longtemps que nécessaire. Et la liste des réglages s’arrête quasiment là. Pas de programmation récurrente ni de possibilité d’ajuster la puissance d’aspiration.
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