Sondage : le Parti québécois gagne du terrain en Outaouais

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À deux semaines du scrutin, le Parti québécois (PQ) gagne en popularité en Outaouais alors que les Libéraux trônent au sommet des intentions de vote et que la Coalition avenir Québec (CAQ) arrive 3e, selon un nouveau sondage Segma Radio-Canada - Le Droit.
En excluant les indécis, le PQ récolte 23 % des intentions de vote dans la région, alors qu’il avait obtenu 10 % ou moins des voix lors du dernier scrutin en 2022.
Le Parti libéral du Québec (PLQ) le devance avec 32 % des intentions de vote. La CAQ se range au troisième rang avec 19 % des intentions de vote.
Le portrait diffère de celui de l’ensemble de la province, alors que 29 % des répondants portent leur choix sur le PQ en premier, suivi de la CAQ et du PLQ avec respectivement 22 % et 19 % des intentions de vote, toujours en excluant les indécis.
Ces résultats dans la région détonnent, admet le président de Segma Recherche, Raynald Harvey, qui estime que la vigueur du vote du Parti québécois
témoigne d’une volonté de changement
chez les électeurs.
La montée du PQ dans ce sondage pourrait toutefois ne pas se traduire en sièges, puisque les projections par circonscriptions dans la région oscillent plutôt entre le PLQ et la CAQ, selon Québec 125. Les Libéraux tenteront de reconquérir leur château fort perdu aux mains de la CAQ aux dernières élections.
Le désir du Parti québécois de réduire la fonction publique fédérale dans la région si le Québec devient un pays ne semble pas non plus refroidir les ardeurs des répondants, alors que 52 % d’entre eux estiment que cette promesse du PQ n’a pas d’influence sur leur vote.
Ces résultats surprennent également le sondeur. M. Harvey croyait que les électeurs de la région seraient minimalement incommodés par cette promesse-là
, considérant que près de la moitié des fonctionnaires fédéraux travaillaient dans la région d’Ottawa-Gatineau, selon les données de 2024.
Je pense qu’on peut associer ça aussi au fait que le référendum a été repoussé quand même dans le temps
, note M. Harvey.
En août, Paul Saint-Pierre Plamondon a annoncé son intention de ne pas tenir de référendum tant et aussi longtemps que Donald Trump sera président des États-Unis.
Méthodologie
Le sondage a été mené par Segma Recherche pour le compte de Radio-Canada et de CN2i au téléphone et en ligne du 8 au 15 septembre 2026 auprès de 502 personnes adultes dans la région de l’Outaouais. À titre indicatif, un échantillon entièrement probabiliste de cette taille aurait une marge d’erreur de plus ou moins 4,4 %, calculée selon un intervalle de confiance de 95 %.
D’ailleurs, si un référendum sur la souveraineté du Québec avait lieu en Outaouais, 24 % des répondants voteraient pour le Oui, si l’on inclut les indécis. Cela fait dire à Raynald Harvey que les électeurs de l’Outaouais ne sont vraiment pas dans un mood référendaire
.
Mais le report d’un éventuel vote référendaire semble avoir rassuré les répondants au sondage, poursuit le sondeur.
Peut-être que la perspective référendaire semble loin ou assez peu probable pour les électeurs en Outaouais.

Le président de la firme Segma Recherche, Raynald Harvey.
Photo : Radio-Canada / Philippe L'Heureux
Encore beaucoup d’indécis
Il reste toutefois deux semaines de campagne au Québec, ce qui fait dire au président de Segma Recherche que l’élection est loin d’être jouée en Outaouais
, notamment en raison d’un fort nombre d’indécis.
Raynald Harvey précise que 24 % des répondants sont indécis quant à leurs intentions de vote, ne voteront pas ou ont refusé de répondre à cette question du sondage, ce qui place la région à égalité au premier rang avec l’Estrie parmi les régions du Québec sondées entre le 8 et le 17 septembre 2026.
Si l’on ajoute ceux qui nous disent pouvoir encore changer d'idée d'ici l'élection, on est à 53 %, donc un peu plus de la moitié des gens sont soit indécis ou nous disent qu'ils pourraient encore changer d'idée. Je pense que ça va bouger
, croit le sondeur.
Il est aussi important de préciser que ce sondage a été réalisé pour la région avant les débats des chefs. On risque dans les prochains jours, la semaine prochaine, de voir les effets des débats. Est-ce que ces débats-là vont faire bouger les aiguilles?
, se questionne M. Harvey.

Le désir du Parti québécois de réduire la fonction publique fédérale dans la région si le Québec devient un pays ne semble pas refroidir les ardeurs des répondants, alors que 52% d’entre eux estiment que cette promesse du PQ n’a pas d’influence sur leur vote.
Photo : Radio-Canada / Maxim Saavedra-Ducharme
Un bilan trop lourd à défendre?
Alors que la CAQ a réussi à faire élire quatre députés sur cinq en Outaouais lors des élections provinciales de 2022, l’usure du pouvoir risque de changer la donne cette fois-ci chez les électeurs qui souhaitent avant tout une voie de changement
, estime Raynald Harvey.
Il croit d’ailleurs que les sièges des députés sortants de la CAQ dans la région sont menacés. Leurs chances de réélection, là au moment où l’on se parle, sont quand même assez faibles.
Les caquistes Mathieu Lacombe et Robert Bussière ont choisi de ne pas se représenter.
Je pense qu'on a quand même des casseroles qui traînent derrière la Coalition avenir Québec. Et donc, on cherche dans le fond une solution pour remplacer ce gouvernement chez une majorité d'électeurs.
La guerre tarifaire arrive au 5e rang des principaux enjeux de cette campagne en Outaouais, mais les répondants estiment que Christine Fréchette est la cheffe en qui les électeurs ont le plus confiance pour diriger le Québec en contexte tarifaire, toujours selon le sondage Segma Radio-Canada - Le Droit.
Malgré tout, Raynald Harvey ne croit pas que cela avantage la CAQ, puisqu’il croit surtout que les électeurs font confiance au Premier ministre canadien Mark Carney. Je pense que les Québécois considèrent qu’ils ont un défenseur qui est crédible, qui est compétent, à Ottawa.
Ça fait baisser considérablement la pression ici au Québec. C'est ce qui explique probablement que cet enjeu est relégué quand même assez loin dans l'ordre de priorité. Et évidemment, ça se reflète dans les intentions de vote pour la CAQ
, poursuit M. Harvey.
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