Votre salaire net évolue à partir de ce 1er novembre : ce qui change avec la réforme fiscale

Revaloriser le travail. C’est l’un des grands axes du gouvernement De Wever depuis le début de la législature. Le Premier ministre Bart De Wever (N-VA) l’a répété à de nombreuses reprises : "Travailler doit payer. La différence entre le travail et l’absence de travail doit au moins s’élever à 500 euros."
À partir de ce mois de novembre, les premiers effets de la réforme de l’impôt des personnes physiques, votée au Parlement le 15 juillet 2026, se concrétisent sur les fiches de paie.
Concrètement, qu’est-ce qui change ?
L’arrêté royal portant des modifications en matière de précompte professionnel, publié au Moniteur belge le 2 octobre, produit ses effets à partir du 1er novembre.
Le précompte professionnel, c’est la part d’impôts que l’employeur retient chaque mois sur le salaire brut, une sorte d’avance mensuelle sur l’impôt sur le revenu versée directement au fisc. Les règles de calcul de ce précompte évoluent désormais pour tenir compte de la réforme fiscale.
La mesure centrale de cette réforme, c’est le relèvement de la quotité exemptée d’impôt, c’est-à-dire la première tranche de revenus sur laquelle aucun impôt n’est dû. Cette quotité passe de 10.910 euros en 2025 à 11.550 euros désormais. En net, pour un travailleur isolé, cela représente environ 8 euros de plus par mois. Selon les calculs de Liantis, une plateforme RH sollicitée par la VRT, le montant précis est de 8,47€par mois en plus.
La volonté du gouvernement est d’aller bien plus loin : cette quotité exemptée d’impôt devrait atteindre 14.450 euros à l’horizon 2030, puis 15.600 euros en 2031, si le prochain gouvernement valide ce dernier montant. À cet horizon, on parlerait alors d’une centaine d’euros nets supplémentaires par mois pour chaque contribuable.
Des gagnants mais aussi des perdants
Précaution importante, l’entrée en vigueur de la réforme n’impactera pas tout le monde de la même manière. En effet, les salaires nets pourront être ajustés à la hausse ou à la baisse, en fonction de la situation de chaque travailleur et travailleuse. D’autres règles fiscales changent en parallèle, et certains Belges se retrouveront perdants, avec davantage d’impôts à payer.
L’impact précis dépend de la situation individuelle de chaque contribuable : niveau de revenus, composition du ménage, personnes à charge. Il n’est, dès lors, pas possible d’identifier de manière générale des catégories de contribuables qui seraient systématiquement gagnantes ou perdantes.
Parmi les changements qui accompagnent cette réforme, il y a un remaniement du système d’avantage fiscal par enfant à charge. Jusqu’à présent, plus un parent avait d’enfants, plus l’avantage fiscal était important. Le gouvernement souhaite désormais instaurer, à terme, la même majoration de l’abattement fiscal pour chaque enfant, et ce par étapes.
Concrètement, à partir de ce 1er novembre, la majoration accordée pour un premier enfant augmente. Un parent ayant un enfant à charge disposera de 5 euros nets supplémentaires, soit 13,47 euros au total avec la hausse de la quotité exemptée (ndlr 8,47 euros). Mais pour les enfants suivants, la situation se complique. Un parent ayant deux enfants à charge percevra environ 1 euro net de moins chaque mois, soit 7,47 euros supplémentaires au total.
Avec trois enfants, ce montant tombe à 3,47 euros. Ce n’est qu’à partir de quatre enfants que la situation devient fiscalement désavantageuse.
Par ailleurs, les majorations sur le montant exonéré d’impôt, par exemple pour un enfant de moins de 3 ans ou pour une personne seule, ne seront plus indexées à partir de novembre.
Le quotient conjugal : un avantage qui disparaît progressivement
Parmi les autres mesures qui entrent en vigueur, la disparition progressive du quotient conjugal. Cet avantage fiscal bénéficiait aux personnes mariées et aux cohabitants légaux dont l’un des partenaires n’a pas de revenus professionnels ou dispose d’un revenu professionnel limité. Il permettait de faire basculer une partie des revenus du partenaire le mieux rémunéré dans des tranches d’imposition plus basses, allégeant ainsi la charge fiscale du couple.
En 2026, le montant maximal de cet avantage passe de 13.790 à 11.780 euros. Selon la VRT, 500.151 couples bénéficiaient encore de ce quotient conjugal en 2025. À partir de novembre, la nouvelle réglementation aura donc un impact négatif sur le salaire net du partenaire dont les revenus sont les plus élevés. Pour les partenaires non retraités, le montant maximal sera réduit de moitié d’ici 2029.
Comment connaître votre situation personnelle ?
Face à la complexité de ces changements, le SPF Finances recommande d’utiliser le simulateur de précompte professionnel disponible sur Fisconetplus, qui a été adapté aux nouvelles dispositions. Cet outil permet de réaliser des simulations personnalisées en fonction de la situation familiale et professionnelle de chaque contribuable.
À noter : les pensions et certaines allocations de chômage avec complément d’entreprise ne sont pas concernées par ces adaptations du précompte professionnel
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