Mouvement lycéen en France: un mineur interpellé à Belfort porte plainte pour tentative de meurtre

Un lycéen, soupçonné d'avoir participé au passage à tabac d'un policier à Belfort vendredi 2 octobre en marge de la mobilisation lycéenne, va déposer plainte pour tentative de meurtre, a indiqué à l'AFP Arié Alimi, avocat de cet adolescent que le policier a tenté d'interpeller avant d'être agressé.
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Le lycéen, âgé de 17 ans et demi, fait partie des deux personnes en garde à vue dans l'enquête ouverte sur l'agression du chef du renseignement départemental qui avait tenté de l'interpeller à Belfort, dans l'Est de la France. L'avocat Arié Alimi a indiqué à l'AFP qu'une plainte avait été déposée « pour tentative de meurtre et complicité par instigation ». « Mon client, mineur, a été victime d'une tentative de noyade par un fonctionnaire de police » qui est « visé comme auteur de la tentative par notre plainte », a affirmé l'avocat, dénonçant « une exceptionnelle sauvagerie ».
Les circonstances autour de la tentative d'interpellation avant l'agression du policier font polémique. Le jeune homme se trouvait aux abords d'un ruisseau près de son lycée et s'est retrouvé « affalé sur l'eau » lorsque le policier a tenté de le menotter. Des vidéos montrant le moment de cette interpellation circulent en ligne, accompagnées de commentaires accusant le policier d'avoir mis la tête du jeune homme sous l'eau en tentant de le maîtriser.
Ces images, filmées de loin, ne permettent toutefois pas de distinguer les faits. Le procureur a réaffirmé dimanche que rien n'indiquait que la tête du jeune homme avait été immergée dans le ruisseau, haut de 19 centimètres en son endroit le plus profond. Selon le procureur, lors des auditions du suspect en garde à vue, lorsque les enquêteurs lui ont demandé « s'il pensait que le policier avait tenté de le noyer, il a répondu par la négative ».
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Des mineurs poursuivis pour violences aggravées
Deux mineurs, âgés de 17 et 15 ans, arrêtés pour le passage à tabac d'un policier à Belfort vendredi, sont poursuivis pour violences aggravées et non pour tentative de meurtre, a déclaré à la presse dimanche le procureur Paul-Édouard Lallois. « À l'issue des investigations, j'ai estimé [...] que nous n'avions à ce stade pas d'éléments suffisamment probants pour établir le caractère intentionnel homicide des deux individus pour lesquels nous requérons la mise en examen aujourd'hui », a-t-il déclaré en conférence de presse. Le délit de violences aggravées est passible, dans ce cas, de 10 ans de prison, a-t-il exposé.
Le procureur a néanmoins requis, « compte tenu de l'extrême gravité des faits reprochés à ces jeunes hommes », le placement en détention provisoire du plus âgé et dont l'interpellation au bord d'un ruisseau a précédé l'agression du policier. Pour le plus jeune, il a requis un contrôle judiciaire strict, impliquant le placement dans un établissement de protection judiciaire hors du département, son âge ne permettant pas un placement en détention provisoire.
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Les deux suspects ont été présentés dimanche soir à un juge d'instruction. Ils ont été interpellés vendredi, le jour des faits, a indiqué le procureur. Sans antécédents judiciaires, ils étaient tous deux scolarisés au lycée Courbet de Belfort, près duquel ont eu lieu les affrontements vendredi matin.
« Au moins » deux autres personnes ont porté des coups à l'agent, a précisé le procureur, qui n'a pas souhaité dévoiler davantage d'éléments sur leur identification. Le mineur de 17 ans interpellé est également poursuivi pour violences et dégradation par moyen dangereux, pour avoir lancé des cailloux en direction des forces de l'ordre et incendié des poubelles lors de la mobilisation des lycéens, a précisé le procureur. Il a « exprimé des regrets importants » quant aux coups qu'il a portés au policier, selon Paul-Édouard Lallois.
Par mesure de sécurité, les cours seront « totalement ou partiellement » suspendus dans 400 à 500 lycées lundi dans toute la France, dont au moins 160 rien qu'en région parisienne, à la veille d'une nouvelle journée de blocages redoutée par le gouvernement, qui se défend de faire état d'un usage disproportionné de la force.
À Marseille, un mineur accusé d'avoir brûlé une femme au visage avec un spray inflammable placé en détention provisoire
Un mineur de quinze ans et demi a été placé en détention provisoire à l'issue de sa mise en examen par un juge d'instruction pour « acte de barbarie », commis le 1er octobre à Marseille en marge de la mobilisation dans les lycées en France, a annoncé dimanche le parquet de la cité phocéenne.
« Ce jour-là (…) dans un contexte de manifestations lycéennes aux abords du lycée Colbert, une femme de 40 ans, auxiliaire de vie, se trouvait à l'arrêt de bus et tentait de s'interposer face à des jeunes qui s'apprêtaient à briser l'abribus avec une barrière métallique », rappelle le parquet dans un communiqué. « Une fois le groupe écarté, le jeune mineur s'avançait vers la victime, et projetait en direction de son visage un spray qu'il enflammait à l'aide d'un briquet », poursuit le parquet.
Le mineur mis en cause a été interpellé vendredi soir grâce à l'exploitation de la vidéosurveillance, indique le parquet. Placé en garde à vue, il a reconnu les faits et a exprimé des regrets, ajoute le parquet qui a requis son placement en détention provisoire.
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