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Sunday, August 16, 2026

On ne s'attendait pas du tout à la mort de ce personnage ! C'est l'une des scènes les plus surprenantes de ce thriller des années 2000, noté 4,1 sur 5

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Dans “Caché”, Michael Haneke fait ressurgir le passé trouble de Daniel Auteuil avant de frapper avec une scène d’une brutalité inattendue. Une mort aussi soudaine que glaçante, devenue l’un des moments les plus marquants du film.

Attention spoilers ! Cet article contient des révélations importantes sur “Caché” (2005). Si vous ne l’avez pas vu, mieux vaut arrêter ici pour garder intacte la surprise finale.

Pas besoin d’effets spectaculaires ni d’une musique menaçante pour provoquer un choc. Michael Haneke l’a régulièrement démontré au cours de sa carrière : le cinéaste autrichien sait installer le malaise avec presque rien, en laissant les silences, les non-dits et les comportements de ses personnages faire tout le travail.

Sorti en 2005, Caché constitue sans doute l’une des illustrations les plus frappantes de cette manière de faire. Ici, la menace est difficile à identifier et la violence demeure longtemps essentiellement psychologique. Pourtant, lorsqu’elle finit par surgir à l’écran, elle le fait de la manière la plus brutale qui soit.

Quand de mystérieuses vidéos font ressurgir le passé

Au centre du récit se trouvent Georges (Daniel Auteuil) et Anne (Juliette Binoche), un couple bourgeois dont l’existence apparemment tranquille bascule avec la réception d’étranges cassettes vidéo.

Sur celles-ci figurent de longues images de leur domicile, filmé à leur insu. Aucun véritable message ne permet d’abord de comprendre qui se trouve derrière ces enregistrements ni ce que leur auteur cherche à obtenir. Mais peu à peu, leur contenu se rapproche dangereusement de l’intimité de Georges et semble pointer vers une partie de son enfance qu’il aurait préféré ne jamais avoir à affronter de nouveau.

Plutôt que d’emprunter les chemins habituels du thriller, Michael Haneke fait de cette incertitude son principal moteur. Il ne s’agit pas tant de craindre une menace physique que de voir une culpabilité ancienne refaire progressivement surface. Comme Georges, le spectateur cherche des explications, mais le réalisateur prend soin de ne jamais lui offrir les certitudes auxquelles il pourrait s’attendre.

Majid, le souvenir que Georges voulait oublier

Comme le souligne WhatCulture, cette histoire conduit finalement Georges jusqu’à Majid, incarné par Maurice Bénichou. Derrière leurs retrouvailles se cache un épisode particulièrement sombre de leur enfance.

Les parents de Majid, d’origine algérienne, ont disparu lors du massacre du 17 octobre 1961 à Paris. Après ce drame, les parents de Georges avaient envisagé de recueillir l’enfant. Mais Georges, alors lui-même très jeune, ne voulait pas de sa présence et avait raconté des mensonges afin de le faire éloigner de la famille.

Majid a ainsi été envoyé ailleurs et leurs trajectoires ont radicalement divergé. Devenu adulte, Georges a enfoui cet épisode, comme s’il pouvait effacer ce qu’il avait fait et les conséquences que cela avait pu avoir sur la vie de Majid. L’apparition des vidéos l’oblige soudain à regarder ce passé en face.

Et c’est précisément au moment où cette confrontation semble pouvoir apporter quelques réponses que Caché frappe le spectateur de plein fouet.

Une mort qui surgit sans aucun avertissement

Majid demande à Georges de venir le retrouver dans son appartement. Rien, dans la mise en scène, ne prépare réellement à ce qui va suivre. Pas de musique destinée à faire monter la tension, pas de montage nerveux ni de signe évident permettant d’anticiper le drame. Haneke conserve au contraire la froideur et la distance qui caractérisent le reste du film.

Puis, en quelques secondes, tout bascule : devant Georges, Majid se tranche soudainement la gorge avec un couteau.

La violence du moment tient autant au geste lui-même qu’à son caractère imprévisible. Haneke ne cherche pas à transformer cette mort en grand spectacle. La caméra demeure distante et la scène arrive presque comme une rupture dans le quotidien, ce qui la rend d’autant plus difficile à oublier.

Cette disparition brutale donne également une autre dimension à tout ce qui précède. Majid devient l’incarnation des conséquences d’un passé que Georges s’est efforcé de repousser hors de sa mémoire. En faisant surgir cette violence sans préparation, le film matérialise soudain tout ce que son personnage principal refusait jusque-là d’affronter.

Haneke refuse de donner toutes les réponses

On pourrait s’attendre à ce qu’un tel événement permette enfin de résoudre l’énigme. C’est pourtant exactement l’inverse qui se produit. La mort de Majid ne met pas un terme aux interrogations et ne révèle pas clairement l’identité de la personne responsable des mystérieux enregistrements.

Majid les envoyait-il réellement ? Son fils était-il impliqué ? Quelqu’un d'autre observait-il Georges et sa famille ? Michael Haneke se garde bien de trancher.

Cette absence de résolution fait partie intégrante de Caché. Le réalisateur préfère placer son personnage – et le public avec lui – face aux conséquences du passé plutôt que de construire son récit autour d’une révélation finale capable de tout expliquer.

C’est aussi ce qui contribue au caractère profondément inconfortable du film. La culpabilité de Georges ne disparaît pas simplement parce qu’il refuse de la reconnaître, et certaines blessures continuent d’exister longtemps après que ceux qui les ont provoquées ont décidé de les oublier.

Un film qui continue de diviser le public

Très bien accueilli par la critique, avec une moyenne de 4,1 sur 5 sur AlloCiné, Caché s’est montré nettement plus clivant auprès des spectateurs, qui lui accordent une note de 2,7 sur 5.

Un écart qui correspond finalement assez bien à la nature d’un film qui ne cherche jamais à rassurer son public. En refusant de lever entièrement le voile sur son mystère, Michael Haneke transforme son thriller en réflexion sur la culpabilité, la mémoire et les conséquences de ce que l’on préfère enfouir.

Et plus de vingt ans après sa sortie, la mort soudaine de Majid reste certainement l’une des manifestations les plus brutales de cette idée : dans Caché, ce que l’on croyait avoir laissé derrière soi peut refaire surface au moment où l’on s’y attend le moins.

Pour ceux qui souhaiteraient (re)découvrir ce thriller particulièrement dérangeant, Caché est actuellement disponible à la location ou à l’achat en VOD.

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