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Friday, October 16, 2026

Vêtements en seconde main : entre choix responsable et piège à la surconsommation

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Loppe, c'est la "puce" en danois, comme dans un marché aux puces. Le nom résume l'idée : dénicher des objets auxquels donner une seconde vie. Au Danemark, les magasins où des particuliers louent des rayons pour vendre leurs affaires rencontrent un vif succès depuis longtemps. C'est désormais Maldegem, en Flandre orientale, qui s'y essaie : 1000 mètres carrés y seront exclusivement dédiés à la seconde main.

Le principe se distingue clairement de celui d'une brocante ou d'une enseigne solidaire comme Les Petits Riens ou la Croix-Rouge. Ici, des particuliers louent un emplacement, y exposent vêtements, jouets, livres ou objets de décoration, fixent eux-mêmes leurs prix et laissent ensuite le magasin gérer les ventes. Le service est facturé 12 euros par semaine, auxquels s'ajoute une commission de 10 % sur chaque vente. Pour le vendeur, l'avantage est clair : plus de rendez-vous à organiser, de négociation à mener ni de colis à expédier.

La seconde main, un marché en pleine expansion en Belgique

Le concept arrive dans un contexte porteur. Selon le dernier baromètre annuel de l'Alliance pour le Réemploi, la moitié des Belges déclarent vendre des objets d'occasion en 2026, contre 44 % en 2022. La proportion d'acheteurs est elle aussi en hausse, passant de 38 à 43 % sur la même période. En Europe, le marché de la seconde main textile progresse de plus de 8 % par an. Et selon une étude Havas publiée en 2025, 82 % des consommateurs souhaitent que les enseignes proposent des produits d'occasion.

Mais cette croissance ne signifie pas nécessairement que l'on consomme moins. L'industrie textile représente un marché estimé à 3000 milliards de dollars, avec plus de 130 milliards de vêtements produits chaque année. Le secteur peut représenter jusqu'à 10 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, selon les estimations retenues, et mobilise d'importantes ressources en eau. La seconde main peut limiter la production de vêtements neufs, mais son bénéfice dépend du circuit de revente et de ce que l'achat d'occasion remplace réellement.

Solidaire ou lucratif : des empreintes carbone très inégales

Tous les modèles de seconde main ne poursuivent pas les mêmes objectifs, ni ne produisent les mêmes effets. Dans un rapport publié récemment, Oxfam (l'ONG spécialisée dans la lutte contre les inégalités et la pauvreté) alerte sur l'impact environnemental et social de la seconde main à but lucratif, qui progresse au détriment de l'économie sociale et solidaire.

L'ONG a comparé plusieurs circuits à partir d'une modélisation portant sur cinq kilos de vêtements. Résultat : l'empreinte carbone estimée atteint 0,6 kilo d'équivalent CO₂ pour les boutiques solidaires, contre 2,9 kilos pour les friperies commerciales (qui importent pour la plupart leurs vêtements) et 3,1 kilos pour les plateformes en ligne.

La finalité sociale diffère également : les circuits solidaires comme Oxfam, Les Petits Riens ou la Croix-Rouge poursuivent un objectif d'insertion professionnelle, en employant notamment des personnes vulnérables. Les enseignes commerciales, elles, doivent dégager des bénéfices. Selon Oxfam, six vêtements d'occasion sur dix sont désormais vendus par le secteur lucratif.

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