Cyberattaque contre les clients Starlink : une campagne de pubs malveillantes vient d’être découverte

Une entreprise israélienne aurait détourné un système publicitaire en ligne pour suivre des personnes à grande échelle, notamment dans plusieurs pays sensibles. L’entreprise serait même parvenue à installer un logiciel espion sur certains appareils, sans aucun clic ni téléchargement de la part de l’internaute. Des institutions européennes pourraient être concernées par cette affaire.
Comme le révèle Reuters, des chercheurs de l’entreprise de cybersécurité TrendAI ont découvert que Discover-Tech, une société israélienne de publicité en ligne, enchérissait en masse pour diffuser ses publicités auprès d’utilisateurs de Starlink. L’entreprise a notamment diffusé un nombre conséquent de publicités en Afghanistan, en Libye et en Syrie. Il ne serait donc pas question de simples opérations publicitaires, mais d’une activité qui s’apparente à une surveillance de masse. Dans certains cas, elle serait même parvenue à installer un logiciel espion sur les appareils ciblés. Des institutions européennes seraient également concernées par cette affaire.
Un système publicitaire potentiellement détourné pour suivre des personnes
Pour bien comprendre le mécanisme mobilisé par cette entreprise israélienne, il faut revenir sur le mode de fonctionnement d’un système publicitaire spécifique baptisé Real-Time Bidding (RTB). Il s’agit d’un système d’enchères publicitaires en temps réel. Lorsqu’une personne arrive sur un site, une enchère est organisée en quelques millisecondes pour déterminer quelle publicité sera affichée. Durant ce court laps de temps, certaines données de l’internaute peuvent être transmises aux annonceurs potentiels : adresse IP, caractéristiques de l’appareil, zone géographique approximative…
L’entreprise israélienne Discover-Tech a utilisé ce système, non pas simplement pour simplement diffuser des publicités, mais dans le cadre d’une activité qui pourrait viser à suivre des personnes. Quel élément permet d’aboutir à cette conclusion ? L’entreprise enchérissait en masse pour afficher des publicités dans des pays comme la Syrie, l’Afghanistan, la Libye, le Yémen ou encore le Soudan du Sud. En d’autres termes, des pays sensibles, qui offrent par ailleurs de très faibles revenus publicitaires. Pour TrendAI, ces éléments suggèrent qu’il est question d’une « infrastructure de ciblage et de suivi plutôt qu’une activité publicitaire commerciale ».
À noter que TrendAI n’identifie pas l’entreprise israélienne Discover-Tech dans son rapport, préférant utiliser le nom de code Shadow-Earth-79. Cependant, selon des personnes proches du dossier, il s’agirait bel et bien de cette entreprise. TrendAI aurait anonymisé l’entreprise israélienne par crainte de représailles juridiques.
Des publicités diffusées jusque dans les réseaux d’institutions européennes ?
L’entreprise Discover-Tech aurait donc utilisé des publicités en ligne pour suivre des personnes, mais cela n’est pas tout. Dans certains cas, elle serait également parvenue à installer le logiciel espion Candiru sur certains appareils. Comment cela est-il possible ? Certaines publicités intègrent du code informatique qui s’exécute automatiquement lorsque le navigateur ou l’application affiche la publicité. Le logiciel espion est ainsi installé sur l’appareil, sans aucun clic ni téléchargement.
Toujours selon TrendAI, les publicités de Discover-Tech auraient circulé sur plus de 120 000 sites et 75 000 applications, avec au moins dix millions de publicités diffusées par jour. Plus inquiétant encore, ces publicités auraient été affichées sur des appareils connectés aux réseaux utilisés par l’OTAN, le Pentagone, l’ONU et plusieurs institutions européennes.
Google, Comcast et plusieurs acteurs de la publicité ont aujourd’hui banni Discover-Tech de leurs plateformes. À noter qu’une grande entreprise technologique américaine et une organisation internationale, dont les noms n’ont pas été dévoilés, ont ouvert des enquêtes internes. Nous sommes donc face à une affaire de surveillance de masse particulièrement sérieuse.
KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.