Le prix du diesel alimente la grogne sociale dans le monde
Le président américain Donald Trump n’est pas le seul à pester contre la hausse du prix du diesel : de la France à la Syrie en passant par le Guatemala, la grogne sociale monte dans le monde contre l’explosion des prix de l’énergie.
Dans le sud de la France, des centaines de pêcheurs ont bloqué plusieurs jours des dépôts pétroliers, à Frontignan et à Fos-sur-Mer, pour interpeller le gouvernement sur la hausse du prix du carburant et la dégradation de leurs conditions de travail.
Les barrages ont été levés, mais Ange Natoli, un représentant des pêcheurs, a expliqué à l’AFP qu’il voulait poursuivre « le mouvement jusqu’à ce qu’on soit reçu par la ministre » de la Pêche, Catherine Chabaud. « On ne lâche pas la pression. »
Si le diesel américain a enregistré un nouveau record à la pompe mardi à près de 6,27 dollars le gallon, flambant avec la persistance des tensions au Moyen-Orient et des attaques de raffineries russes par l’Ukraine fustigées par Donald Trump, les prix de l’énergie explosent partout.
En Syrie, les manifestations se multiplient depuis plusieurs jours contre la hausse drastique des prix des carburants.
Dans la ville à majorité kurde de Qamichli, des centaines de personnes ont défilé mardi derrière des pancartes marquées « Non à la politique de la faim », « Non à la hausse des prix des carburants » et « Protégez les moyens de subsistance du peuple ».
« Nous réclamons nos droits. Les prix du mazout doivent revenir à ce qu’ils étaient, comme ceux du pain […] ils doivent se plier aux demandes du peuple », assène Khansa Nehmat, 48 ans.
Un tracteur avec une corde
En Amérique du Sud, plusieurs centaines de paysans boliviens avaient défilé début septembre à Cochabamba contre un décret qui a doublé le prix du diesel pour certaines catégories. L’un d’eux tirait un tracteur avec une corde.
Le prix est passé pour eux de 0,8 à 1,5 dollar le litre de diesel pour les consommateurs qui en achètent de grandes quantités, parmi lesquels les producteurs agricoles. « Cela contribue fortement à la hausse du coût du panier de base », déplore Elena Aine, une agricultrice de 40 ans.
Au Guatemala, les manifestations ont dégénéré, et deux policiers ont été blessés par balles vendredi lors d’affrontements avec des habitants participant à des blocages routiers dans le sud du pays.
Depuis deux mois, syndicats et associations de commerçants réclament, par des manifestations et des barrages routiers, une intervention de l’État pour baisser les prix à la pompe, qui ont entraîné une augmentation du coût des produits de première nécessité et des transports.
Aux États-Unis, à quelques semaines des élections de mi-mandat, le moral des consommateurs s’enfonce à nouveau en cette rentrée et se rapproche d’un plus bas historique (touché en mai dernier), selon le baromètre de l’Université du Michigan.
« Maîtrise des prix »
Les regards sont tournés vers la Réserve fédérale (Fed), la banque centrale, qui envisage de monter ses taux directeurs, contre l’avis du président. Une musique monte depuis plusieurs semaines en provenance de la Maison-Blanche, suggérant qu’une hausse de taux serait « antipatriotique ».
Ailleurs dans le monde, les politiques en campagne dénoncent la hausse des prix et ses conséquences. À sept mois de la présidentielle en France, le leader de la gauche radicale, Jean-Luc Mélenchon, dénonce le tour de vis envisagé par la Banque centrale européenne. « La BCE nous conduit dans le mur », écrit-il sur X.
Même le président en exercice, Emmanuel Macron, a demandé mercredi au gouvernement une « totale mobilisation » sur « l’approvisionnement » et la « maîtrise des prix » des carburants, selon une porte-parole.
Des automobilistes français roulent d’ailleurs jusqu’en Andorre pour y faire le plein à un tarif moins cher que dans l’Hexagone.
Au Brésil, c’est le prix de la fameuse « picanha », une pièce de bœuf très goûtée des Brésiliens, qui fait débat, plombé notamment par le coût de l’énergie.
Le principal rival du président Lula Da Silva au scrutin présidentiel d’octobre, Flavio Bolsonaro, se charge de rappeler au président de gauche la promesse qu’il avait faite il y a quatre ans de la mettre sur la table du « peuple ».
« Puisque Lula n’a pas apporté de picanha, moi je l’ai apportée ici », a lancé lors d’un déplacement le fils de l’ex-président d’extrême droite Jair Bolsonaro (2019-2022), avant de servir à la presse un grand plat de viande rouge.
KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.