Milliard «plus motivé que jamais» malgré les tuiles qui continuent de s’abattre sur sa campagne
Le chef libéral, Charles Milliard, demeure « plus motivé que jamais » malgré des tirs fratricides venus d’anciens ténors du parti et des sondages qui accordent aux libéraux des résultats faméliques auprès de l’électorat francophone. « Nous, on vise à former le prochain gouvernement dans trois semaines », a martelé lundi le leader libéral.
La semaine commence avec une nouvelle volée de tuiles pour la caravane libérale. Deux sondages réalisés par les firmes Léger et Synopsis confirment le désamour des francophones envers la marque du parti, alors que ces enquêtes prévoient, respectivement, que seulement 10 % et 14 % d’entre eux lui accorderaient leur vote.
Le chef compte sur les trois débats organisés au cours des deux prochaines semaines pour « montrer » ce que les libéraux ont « dans le cœur et dans le ventre » .
« Moi, je vais me battre », a indiqué M. Milliard. Il doit désormais lutter contre des caciques de son propre parti qui, dans un reportage de Radio-Canada, ont tiré à boulets rouges sur une campagne qui multiplie les ratés, selon plusieurs.
« Accepter la critique en politique, c’est le forfait de base, a nuancé le chef libéral. C’est normal qu’il y ait des critiques, mais ce que je peux vous dire, c’est que le parti, on est unis. »
Charles Milliard a procédé à certains « changements » récemment, plaçant entre autres son portrait sur les flancs de son autobus de campagne. « J’ai entendu ce que les gens avaient à dire là-dessus », a précisé le chef qui écarte tout « électrochoc » au sein de sa garde rapprochée.
« Mon directeur de campagne, ma directrice générale du parti, ont fait je ne sais plus combien de campagnes électorales, et on ajoute à ça des gens qui en sont à la première campagne, parce qu’on est un parti qui a 160 ans et qui a toujours réussi à se renouveler, a souligné le chef libéral. Je suis là pour remporter la victoire et je suis convaincu que les militants vont être derrière moi. »
« Dégoûté » par un autre fiasco informatique
Les libéraux n’étaient pas les seuls à affronter un vent de face lundi. La CAQ doit se défendre d’un nouveau dépassement de coût important dans un chantier de modernisation informatique mis en lumière par Radio-Canada.
À l’origine, en 2022, le Système d’information des finances et de l’approvisionnement (SIFA) du secteur de la santé devait coûter 96 millions de dollars. Selon des rapports émis par la firme KPMG et des fonctionnaires, le projet piloté par IBM pourrait désormais coûter jusqu’à 1,1 milliard de dollars, soit onze fois plus cher que l’estimation initiale.
« Je suis outré, je suis dégoûté, a tonné Charles Milliard dans un point de presse déplacé à la hâte devant l’hôpital Maisonneuve-Rosemont. Je suis vraiment à bout, on en a plein notre casque des scandales financiers à la Coalition avenir Québec. »
Le camp libéral estime que le « scandale de SIFA » se compare à SAAQclic. « Premièrement, le même montant; deuxièmement, le même parti; troisièmement, le même fournisseur », a énuméré M. Milliard. «La principale différence, c’est que là, c’est du Fréchette pur jus. Elle ne peut pas mettre quelqu’un d’autre en dessous de l’autobus. »
Le député sortant Monsef Derraji, qui était président de la Commission de l’administration publique à la dissolution de l’Assemblée nationale, a quant à lui accusé la cheffe caquiste d’avoir enfreint la loi en faisant la sourde oreille aux recommandations de son directeur principal de l’information (DPI), Stéphane Le Bouyonnec, qui aurait, selon Radio-Canada, conseillé d’interrompre la mise en place de SIFA.
« La loi lui dit qu’elle doit suivre les avis du DPI », a souligné M. Derraji. Ce dernier a accusé d’avoir Santé Québec de « lui avoir menti et de lui avoir caché de l’information » selon le « même modus operandi » qu’avec SAAQclic.
« En catimini, a indiqué le député sortant de Nelligan, Mme Fréchette a utilisé l’argent des contribuables, a foncé droit dans le mur pour espérer que ça ne sorte pas pendant l’élection. [...] Quand tu jettes à la poubelle l’avis d’un expert, quand tu jettes à la poubelle l’avis de KPMG, tu ne mérites pas le poste de première ministre. »
Deux semaines de plus au RAQP
Le camp libéral présentait lundi matin ses propositions en matière familiale. Le PLQ veut ajouter deux semaines de prestations parentales partageables offertes dans le cadre du Régime québécois d’assurance parentale (RQAP) et offrir un versement équivalent aux semaines inutilisées aux parents qui retournent au travail avant le terme de leur congé parental.
Les libéraux promettent aussi d’ajouter 5000 places de CPE lors d’un premier mandat et d’en subventionner 10 000 autres présentement réservées au privé.
Le PLQ veut aussi quatre semaines d’aide financière aux pères qui portent un deuil périnatal et propose de moderniser la politique familiale du Québec mise en place en 1997.
Enfin, il promet de rémunérer les stages dans le secteur public, un engagement qui peut représenter, selon les calculs du part, 8000 $ pour les éducatrices pendant leur formation.
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