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Wednesday, September 23, 2026

Maisons Canada : 2000 chantiers, alors qu’il en faut 430 000 par an

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Avec 2000 logements en chantier après un an d'existence, la société d'État Maisons Canada peine à freiner la crise de l'habitation. La Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL) prévient qu'il faut doubler la production nationale pendant 10 ans pour rétablir l'abordabilité.

D’après Kevin Fettig, président de Canadian Mortgage Inc., le prix d’un logement équivaut normalement à trois ou quatre fois le revenu annuel de l'acheteur. Aujourd’hui, ce ratio grimpe jusqu’à 15 fois dans certains segments du marché, illustrant la pénurie de logements.

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Cela fait probablement 40 ans que nous n'investissons pas suffisamment dans le logement abordable au niveau fédéral, reconnaît Gregor Robertson, ministre du Logement et de l'Infrastructure, qui pointe également un manque historique de leadership gouvernemental. Nous sommes en train de changer cela.

À ce jour, Maisons Canada s'est engagée à bâtir plus de 19 000 logements dans le cadre de 19 partenariats, dont plus de 2000 sont actuellement en chantier.

Toutefois, selon la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL), ces efforts demeurent insuffisants, puisqu'il faudrait construire entre 430 000 et 480 000 logements par an au pays jusqu'en 2035 pour rétablir l'abordabilité de 2019.

On devrait doubler la production de logements annuels pendant 10 ans pour rétablir l'abordabilité de 2019.

Face à ce constat, l'opposition émet des réserves face à Maisons Canada. On marche très lentement avec la construction de nouveaux logements, déplore Avi Lewis, chef du Nouveau Parti démocrate (NPD). L'approche actuelle ne fonctionne pas.

Un lotissement en cours de construction à New Tecumseth, en Ontario, est photographié le 1er avril 2025.

La Société canadienne d'hypothèques et de logement observe une tendance vers un ralentissement du nombre de logements en construction à l'échelle du pays au cours des prochaines années. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Evan Mitsui

Sur son site web, le Parti conservateur dénonce la baisse des mises en chantier, qui ont chuté de 31 % à Toronto et de 13 % dans les autres grandes villes ontariennes.

En réaction à ces critiques, Joshua Coke, porte-parole de Maisons Canada, explique par courriel que l'agence s'est d'abord employée, durant sa première année, à établir les conditions nécessaires à la réussite à long terme de ses projets à grande échelle. Il ne s'agit là que d'un début, affirme-t-il.

Une construction au ralenti?

C'est le processus d'obtention des permis de construction — qui exige notamment des études d'impact communautaires et architecturales — qui freine Maisons Canada, selon Christina Haddad, ancienne vice-présidente du marketing à la SCHL. Si l'on veut construire même une petite maison, on a besoin de passer à travers le gouvernement, ajoute-t-elle.

Sean Baird et Gregor Robertson lors de la visite d’un immeuble de logements sociaux abordables rénové et réaménagé par la Société d’habitation de Toronto en juillet 2026.

Le ministre du Logement et de l'Infrastructure, Gregor Robertson, (à droit) admet un manque d'investissement fédéral dans le logement abordable depuis environ 40 ans. (Photo d’archives)

Photo : La Presse canadienne / Chris Young

D'ailleurs, l'obtention des permis engendre des coûts qui s'ajoutent aux millions, voire aux milliards de dollars déjà requis pour construire ces logements, souligne l'experte.

Maisons Canada souligne pour sa part que les délais s'expliquent aussi par le manque de fonds et de terrains prêts au développement. L'agence compte toutefois sur ses partenariats provinciaux et municipaux pour réduire les coûts et accélérer le processus.

Si l'on ne démarre pas aujourd'hui, en 2028, 2029, 2030, alors que la demande va augmenter, on ne sera pas à même d'y répondre.

Il faudra entre cinq et sept ans pour résorber le déficit de logements abordables, estime Kevin Fettig. On s'en sort certainement beaucoup mieux qu'avant, affirme-t-il, se montrant confiant dans la possibilité d'y parvenir.

Des ouvriers du bâtiment construisent de nouvelles maisons à Ottawa, le mardi 25 juin 2024.

Kevin Fettig, président de Canadian Mortgage Inc., estime que les problèmes de déficit budgétaire ont incité le gouvernement à se retirer du secteur du logement. (Photo d'archives)

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Au début du mois, l'agence a annoncé un partenariat avec l'Alberta pour la construction de 1460 logements abordables dans la province. Parmi ceux-ci figurent 160 logements locatifs à revenus mixtes, dont 112 réservés aux ménages à faibles revenus.

Ces résidences seront bâties en utilisant des méthodes de construction modernes et des ressources canadiennes. Mathieu Laberge, économiste en chef de l'habitation à la SCHL, espère que cette approche stimulera la demande pour les matériaux locaux, générant ainsi des économies d'échelle.

L'économiste souligne l'importance cruciale des logements abordables pour les années à venir, notamment pour les immigrants — souvent contraints à la colocation — et pour les jeunes qui restent bloqués chez leurs parents faute de moyens pour se loger.

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