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Tuesday, October 20, 2026

Le gouvernement américain banni DeepSeek : l’IA chinoise est accusée de surveillance de masse

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Les États-Unis ont ordonné à leurs agences civiles de ne plus utiliser DeepSeek. Une décision qui vise la Chine, accusée de surveiller les Américains, voire d’avoir caché des « malwares » dans ce chatbot.

Ce lundi 19 octobre, une mesure du secrétaire à la Sécurité intérieure américaine Markwayne Mullin, a été publiée. Elle interdit aux agences civiles du pays d’acheter et d’utiliser les produits de DeepSeek. Une mesure qui vise directement l’État chinois, accusé de plusieurs méfaits via cette intelligence artificielle.

Les États-Unis ne veulent plus de DeepSeek chez eux

C’est le Département de la Sécurité intérieure (DHS) qui a pris cette mesure au titre du Federal Acquisition Supply Chain Security Act de 2018. Une loi qui permet d’exclure les fournisseurs jugés risqués de la chaîne d’approvisionnement fédérale, ce qui concerne aussi les applications et systèmes informatiques. L’ordre a donc été signé par le secrétaire de ce département, Markwayne Mullin : il était initialement daté du 24 juillet, avant sa publication publique ce 19 octobre au Federal Register, rapporte la BBC. Une étape de plus après que l’Agence d’information de la défense américaine (DISA) avait bloqué DeepSeek sur les réseaux du Pentagone en janvier 2025, comme le précise CyberScoop. En mai 2025, c’est Microsoft qui avait interdit à ses employés d’utiliser cette IA.

Cette mesure impose deux obligations aux agences civiles : supprimer tous les usages de DeepSeek en vigueur et renoncer à l’installer à nouveau. Elle couvre directement la version de DeepSeek distribuée par Hangzhou DeepSeek Artrificial Intelligence Co., l’entreprise chinoise qui l’édite, mais pas que. Cela concerne également toutes les applications tierces qui se basent sur DeepSeek. Y compris celles qui utilisent la version open source du chatbot, que n’importe qui peut télécharger, modifier et utiliser. Seules les agences relevant du département de la Défense peuvent continuer à utiliser cette IA : elles relèvent d’un cadre différent aux yeux du gouvernement.

Pourquoi Washington vise cette IA chinoise

Le DHS justifie cette exclusion par plusieurs risques de cybersécurité et de souveraineté des données. Il explique que les serveurs de DeepSeek étant en Chine, le gouvernement pourrait collecter massivement des données gouvernementales américaines. c’est le cœur de l’argumentaire du DHS : le gouvernement chinois pourrait obliger DeepSeek à lui laisser accès à ses serveurs et à surveiller des utilisateurs. De quoi produire des renseignements exploitables sur des citoyens américains comme sur des programmes gouvernementaux.

Selon l’agence, les modèles de DeepSeek présentent « plusieurs vecteurs de menace » : collecte possible de données personnelles, suivi des utilisateurs, vulnérabilités de sécurité et même présence potentielle de malwares. Autre argument en faveur du blocage : avec son modèle R1, le chatbot avait bousculé Washington et la Silicon Valley, puisque ce modèle avait des performances similaires aux meilleurs modèles américains (GPT, Gemini, etc.) tout en revendiquant un coût de développement bien plus faible. Par la suite, DeepSeek avait été accusé de s’être servi de LLM américains pour s’entraîner, notamment par la Maison Blanche. Un argument hypothétique, puisqu’il n’a pas été revendiqué par le Département de la Sécurité intérieure.

Ce n’est pas la première fois qu’un service numérique chinois est banni par le gouvernement américain en interne. Une loi adoptée en 2022 et entrée en vigueur en 2023 avait banni TikTok des téléphones fédéraux. Une interdiction qui a été levée cette année : le ministère de la Justice a estimé que la version américaine de TikTok ne relevait plus de la loi, puisqu’elle fonctionne indépendamment de ByteDance, son éditeur chinois.

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