Un Rafale dégradé à deux reprises dans son usine : ce que soupçonnent les gendarmes

Un Rafale en construction dégradé à deux reprises à Cergy, un salarié interpellé : les gendarmes soupçonnent un conflit interne. Ce que l’on sait.
Un Rafale en construction a été dégradé à deux reprises dans l’usine Dassault Aviation de Cergy, dans le Val-d’Oise, et un salarié a été interpellé à la mi-septembre. Révélée vendredi par Le Parisien, l’affaire orienterait les gendarmes vers un conflit interne à l’entreprise plutôt que vers une ingérence étrangère. Elle s’ajoute à d’autres incidents sur des sites sensibles, au moment où Emmanuel Macron demande de mieux les protéger.
Deux dégradations sur une chaîne de montage
Dassault avait déposé plainte fin 2025, après avoir constaté la dégradation d’un Rafale en cours de construction. Les faits se sont répétés en juin 2026, sur la chaîne de montage d’un avion de chasse en fabrication. Les gendarmes de la section de recherches de la gendarmerie de l’armement, spécialisée dans les atteintes au secret-défense, ont interpellé un salarié mi-septembre. Franceinfo dit avoir obtenu confirmation de l’information.
« Dassault Aviation confirme avoir porté plainte pour actes de dégradation commis dans l’usine de Cergy par un collaborateur », a réagi l’entreprise, qui précise que la justice suit son cours. Le parquet de Paris n’a pas commenté. Les sources ne détaillent pas la nature exacte des dégradations.
Le mot « sabotage » va plus loin que l’enquête
Les enquêteurs ont d’abord craint une opération de déstabilisation visant un fleuron de la défense française. Après plusieurs mois de recherches puis la garde à vue du salarié, ils ont finalement privilégié un conflit interne à l’entreprise, selon Le Parisien. Le terme de sabotage circule dans plusieurs titres, mais rien n’indique à ce stade une commande venue de l’étranger.
Du hafnium volé chez Framatome
Il ne s’agit pas du Rafale, mais Le Parisien rapproche cette affaire d’une autre. Fin juillet, l’usine Framatome de Jarrie, en Isère, a constaté la disparition de plusieurs dizaines de fûts de cristaux d’hafnium, un métal notamment utilisé dans la propulsion des sous-marins nucléaires, des avions de chasse ou de certains missiles. Un salarié d’une quarantaine d’années a été placé en garde à vue le 19 août. Les gendarmes ont retrouvé chez lui plus de 150 kg de ce métal, d’une valeur estimée à plus de 1,5 million d’euros, ainsi que plus de 500 000 euros en liquide et une arme de poing.
Il a été mis en examen et incarcéré, sa compagne placée sous contrôle judiciaire. La DGSI a été avisée, mais aucune ingérence étrangère n’a été établie. Une source proche du dossier évoque plutôt un salarié qui a voulu « arrondir très largement ses fins de mois ».
Des drones près de sites sensibles à Toulouse
Le Parisien cite aussi deux affaires toulousaines. En juin, un Biélorusse de 48 ans a été interpellé alors qu’il filmait un prototype de drone de l’entreprise Delair. Il aurait envoyé la vidéo à un interlocuteur en Russie, ce qu’il conteste. Il a été mis en examen et incarcéré. Peu après, deux ressortissantes chinoises ont été interpellées en faisant voler un drone au-dessus de la zone aéroportuaire de Blagnac. L’analyse du drone n’a pas étayé les soupçons et elles ont regagné leur pays. Le procureur de Toulouse précise qu’« aucune ingérence étrangère n’est démontrée ».
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Macron demande un plan de protection
Le 18 septembre, le président a demandé au gouvernement de préparer un plan de protection des infrastructures critiques et des sites les plus sensibles de la base industrielle de défense, en évoquant le risque d’« attaques hybrides » russes. Jeudi soir, lors d’une intervention télévisée, il a répété : « Nous devons nous préparer ». Franceinfo précise qu’à chaque incident, la DGSI est alertée pour déterminer s’il s’agit d’un acte isolé ou d’une opération pilotée depuis l’étranger.
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