Zelensky a le «soutien du peuple»: à Kiev, des habitants choqués par les déclarations de Trump

Le président américain Donald Trump a annoncé la reprise des importations de gazole russe, avant de défendre vivement cet accord surprise et de s’en prendre brutalement à Volodymyr Zelensky. Il accuse le président ukrainien de refuser de mettre fin à la guerre et a invité, samedi 10 octobre, les Ukrainiens à « se trouver un nouveau dirigeant capable de conclure un deal » avec la Russie. Vingt-quatre heures dans la vie diplomatique mondiale qui laissent Kiev abasourdie.
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« Il bénéficie du soutien du peuple ukrainien ». La réponse officielle prenant la défense de Volodymyr Zelensky est venue dans la nuit du 10 au 11 octobre du chef de la diplomatie, qui a rappelé sur les réseaux sociaux un principe simple : c’est aux Ukrainiens de choisir leurs dirigeants, écrit notre correspondant à Kiev, Lucas Lazo. Si le souhait d’un renouvellement politique existe, une large majorité de la population estime que les élections doivent attendre la fin de la guerre.
Sidération des Ukrainiens
Et pour Kiev, ce n’est pas en allégeant les sanctions contre Moscou que cette guerre se terminera plus vite. La décision américaine d’autoriser de nouvelles livraisons de gazole russe a suscité la sidération dans le pays.
Un journal en ligne, le Kyiv Independent, rapportait ce matin les propos amers d’un haut responsable ukrainien : celui-ci espère que les Américains n’iront pas jusqu’à fournir des systèmes Patriot à Moscou pour protéger ses raffineries. Ces mêmes systèmes dont l’Ukraine manque cruellement pour défendre son ciel, traversé par les missiles balistiques russes.
Un trait d’humour noir qui traduit le sentiment de trahison au sein des officiels ukrainiens. Pendant ce temps, les attaques russes se poursuivent : cette nuit, plus d’une centaine de drones ont été lancés sur l’Ukraine, selon l’armée de l’air. Dès vendredi, les Nations unies faisaient état de plus d’une centaine de civils tués depuis le début de la semaine.
Encore peu de réaction des Européens
Le Premier ministre britannique Andy Burnham a dit apporter de son côté sa « totale solidarité » au président ukrainien, lors d'un échange téléphonique entre les deux dirigeants. Allié militaire majeur de Kiev, Berlin s'est limité à « prendre acte » de la décision américaine, mais a réaffirmé son soutien à Kiev. Volodymyr Zelensky a dit avoir discuté « des difficultés posées par l'allègement des sanctions sur les produits pétroliers » russes par téléphone avec son homologue français Emmanuel Macron. L'Élysée n'a pas immédiatement réagi à l'annonce de l'accord entre Washington et Moscou.
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