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Friday, October 30, 2026

Italie : des milliers de manifestants dans les rues, Giorgia Meloni sous pression face à la grogne sociale

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La contestation ne faiblit pas en Italie. Des cortèges ont défilé ce vendredi à Milan, Rome, Turin, Bologne et Naples. Étudiants, travailleurs, enseignants et retraités dénoncent la hausse du coût de la vie, les difficultés à se loger et le manque de moyens dans les écoles. Une partie des manifestants s’oppose également à l’augmentation des dépenses militaires.

Cette journée s’inscrit dans la continuité de plusieurs semaines de protestations étudiantes, dans un contexte tendu depuis les violences survenues à Milan les 17 et 18 octobre.

Le pouvoir d’achat au cœur de la colère

Les syndicats réclament notamment le retour de l’indexation des salaires, abandonnée en Italie depuis 1992, une réduction de la TVA sur les biens de première nécessité et des mesures contre l’envolée des prix de l’énergie et des loyers.

Le logement est particulièrement préoccupant pour les étudiants. À Rome, une chambre individuelle peut atteindre 1200 euros par mois, selon un témoignage recueilli par l’AFP auprès d’une étudiante.

À Milan, plusieurs dizaines de milliers de personnes ont pris le départ depuis la gare centrale peu avant 10h30. Le parcours évitait le centre-ville et ses commerces après les dégradations des dernières semaines. Les cortèges ont aussi rassemblé des chauffeurs routiers, des chauffeurs de taxi et des agriculteurs confrontés à la hausse des prix des carburants.

Une banderole résumait les revendications à Milan : "Non à la vie chère, non à la guerre, non au réarmement".

Les autorités sous pression après les violences

Les autorités ont renforcé leur dispositif policier après les débordements des 17 et 18 octobre à Milan. Le ministre de l’Intérieur, Matteo Piantedosi, a placé les forces de l’ordre en état d’alerte maximale.

Des para-commandos restent déployés à Milan jusqu’à la fin de l’année. Des unités antiémeutes doivent également être mobilisées dans plusieurs villes, dont Turin, Bologne, Florence, Rome et Naples. À Milan, le parcours du cortège a été dévié pour éviter les commerces du centre. À Turin, les autorités ont interdit les passe-montagnes, les casques et les fumigènes dans les manifestations.

La préparation policière fait toutefois débat. Selon un rapport publié dans la presse italienne, les services de renseignement avaient alerté le ministère de l’Intérieur avant les violences du 17 octobre. Des appels à la violence circulaient sur les réseaux sociaux, notamment parmi des groupes de jeunes surnommés les "Maranza". Les moyens policiers n’auraient pourtant pas été renforcés ce jour-là.

Giorgia Meloni attaque la magistrature

La polémique s’est également déplacée sur le terrain judiciaire. Youssef Siher, journaliste et chercheur en sciences politiques italo-marocain, également militant pro-palestinien, avait été arrêté samedi dernier et présenté comme un meneur présumé de la révolte.

Le juge a ordonné sa remise en liberté. Le message publié par l’intéressé pour appeler à manifester datait du lendemain des violences. Le magistrat a estimé que rien ne justifiait son arrestation et sa détention.

Giorgia Meloni a vivement dénoncé cette décision, la qualifiant de "honteuse" et y voyant "une mortification insupportable du travail des forces de l’ordre, des enquêteurs, du ministère de l’Intérieur". La Première ministre a également attaqué la magistrature, s’interrogeant sur la manière dont un État pouvait protéger les citoyens avec "ce genre de magistrature".

Pour Valérie Dupont, la correspondante de la RTBF en Italie, cette prise de parole s’inscrit dans une stratégie politique : "Giorgia Meloni a tenté de dévier l’attention des Italiens des problèmes sociaux sur le problème des violences des places ".

Des réponses économiques jugées insuffisantes

Le gouvernement a annoncé le 22 octobre une aide de 175,2 millions d’euros pour les routiers, les agriculteurs et les pêcheurs touchés par la hausse des prix des carburants. Le projet de budget 2027 prévoit également des mesures en faveur des jeunes et des familles, dont une prime annuelle de 2500 euros pour les travailleurs de moins de 30 ans.

Ces annonces ne suffisent toutefois pas à apaiser la contestation. L’inflation persiste, la pauvreté progresse et le gouvernement a rejeté depuis quatre ans les propositions visant à instaurer un salaire minimum. "Les difficultés sociales sont évidentes pour de nombreuses personnes, l’inflation ne ralentit pas", observe Valérie Dupont.

Le budget 2027 risque lui aussi de ne pas calmer la grogne, les marges financières disponibles étant limitées. Les syndicats ont déjà annoncé une nouvelle grève générale pour le 20 novembre. Un nouveau rendez-vous qui laisse présager la poursuite des tensions sociales dans les prochaines semaines.

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