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Thursday, October 1, 2026

Dans le détroit d’Ormuz, le verrou iranien tient de moins en moins

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L’Iran revendique toujours le contrôle sur le détroit d’Ormuz, mais les monarchies du Golfe parviennent désormais, avec l’aide américaine, à exporter des volumes croissants de pétrole, qui ont atteint fin septembre les niveaux d’avant la guerre au Moyen-Orient.

Avant ce conflit déclenché fin février, environ un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde transitait par ce passage stratégique, devenu un point de contentieux majeur entre Téhéran et Washington.

L’Iran exige désormais des navires voulant le franchir qu’ils obtiennent de sa part une autorisation, et ceux qui n’obtempèrent pas s’exposent à des attaques.

Mais les pétroliers sont de plus en plus nombreux à le franchir pour sortir du Golfe sous escorte américaine.

Selon des données préliminaires de la plateforme de suivi des matières premières Kpler, les flux de brut non iraniens — venant des pays du Golfe et d’Irak — sortis par le détroit d’Ormuz ont atteint 13,5 millions de barils par jour en moyenne, entre le 22 et le 28 septembre. Cela équivaut aux niveaux d’avant-guerre.

« Il y a davantage d’acteurs prêts à essayer de sortir du détroit d’Ormuz et à réussir », a relevé lundi le p.-d.g. de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, devant des investisseurs.

Cette reprise intervient alors que les exportations pétrolières iraniennes sont elles-mêmes entravées par le blocus naval des ports du pays imposé par les États-Unis.

Retour de Yanbu

Outre le rebond du trafic d’or noir via Ormuz, les voies de contournement fonctionnent à plein régime.

L’Arabie saoudite bénéficie notamment de la remise en service de son oléoduc Est-Ouest, reliant les principaux champs pétroliers de l’est au terminal de Yanbu, sur la mer Rouge, de l’autre côté de la péninsule arabique.

Fermé le 11 septembre après des frappes lancées depuis l’Irak, l’oléoduc a recommencé à fonctionner à partir du 22 septembre, selon Amena Bakr, analyste chez Kpler.

D’après les données de la plateforme consultées mercredi par l’AFP, au moins dix pétroliers ont quitté Yanbu chargés de brut durant le week-end, dont un à destination de Fos-sur-Mer, dans le sud de la France.

Dimanche, 9,5 millions de barils ont été exportés depuis le terminal, un volume quotidien inédit depuis le début du conflit.

Les Émirats arabes unis disposent eux aussi d’une alternative à Ormuz grâce à leur oléoduc débouchant au terminal de Fujairah, situé à l’extérieur du détroit.

Pas « durable »

La reprise des flux intervient alors que les tractations ont repris entre Washington et Téhéran, centrées sur le retour à la liberté de navigation dans le détroit.

L’Iran a proposé de le rouvrir sous sept jours, en échange notamment de la levée du blocus naval américain et des sanctions frappant son secteur pétrolier. Se targuant d’avoir fait sauter le verrou iranien sur Ormuz, Washington a rejeté cette proposition, mais des discussions indirectes se poursuivent.

La situation actuelle apporte un certain répit aux monarchies pétrolières, mais ne constitue pas pour autant une solution « durable », souligne Sanam Vakil, du centre de réflexion Chatham House à Londres.

« Les États du Golfe dépendent des États-Unis pour sécuriser les routes maritimes et assurer la continuité des exportations, mais ils savent aussi que la protection militaire ne peut se substituer à une entente politique avec Téhéran », dit-elle à l’AFP.

« La dynamique régionale continue de tendre vers une escalade plutôt que vers un statu quo durable. La hausse actuelle des exportations ne doit donc pas être interprétée comme une nouvelle normalité », ajoute l’analyste.

Signe des inquiétudes persistantes sur les marchés, le baril de Brent de la mer du Nord, référence mondiale, reste installé au-dessus du seuil symbolique des 100 dollars.

Le trafic maritime global à Ormuz, toutes marchandises confondues, demeure par ailleurs très inférieur à son niveau d’avant-guerre et les navires qui empruntent le détroit continuent de courir des risques.

Trois y ont encore été attaqués mardi, a rapporté l’agence de sécurité maritime britannique UKMTO, tandis qu’un marin indien y a été tué la semaine dernière lors d’une attaque.

Et un autre point de blocage est apparu : l’offensive éclair au Yémen des Houthis pro-iraniens vers le littoral de la mer Rouge qu’ils contrôlent désormais entièrement, affecte fortement l’Arabie saoudite, dont ils menacent les bateaux, avec une chute du trafic dans le détroit de Bab el-Mandeb.

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