«Castlevania : Belmont’s Curse»: lettre d’amour ensanglantée
Après seulement quelques minutes à parcourir les rues médiévales de Paris aux prises avec des morts-vivants et autres monstres gothiques en tout genre, Castlevania : Belmont’s Curse parvient à insuffler à la mythique franchise de Konami le renouveau qu’elle méritait. Le jeu constitue de surcroît une véritable lettre d’amour aux titres d’antan, dont le dernier est sorti il y a plus d’une décennie.
Ce nouveau Castlevania, qui sort juste à temps pour le 40e anniversaire de la franchise, met les joueurs dans la peau de Rose Belmont, dernière descendante de la légendaire lignée de chasseurs de vampires. Armée de son fouet (ainsi que d’une panoplie d’autres armes) et de divers sorts magiques, elle devra parcourir une carte labyrinthique pour vaincre Dracula qui est, encore une fois, de retour.
Une histoire en apparence simple, mais qui utilise ses bases connues pour habilement développer ses personnages, tous joués par des doubleurs de talents. Ce ne sera donc pas le récit qui pousse à atteindre la fin de Belmont’s Curse, mais plutôt la jouabilité, qui est réglée au quart de tour.
Prenant le meilleur de l’expertise du développeur Evil Empire (The Rogue Prince of Persia, 2025, plusieurs expansions de Dead Cells, 2018) à créer des Metroidvania (nom du genre, un mot-valise qui fusionne Metroid et Castlevania) en deux dimensions, Rose Belmont est fluide à contrôler, mais demeure fidèle aux anciens jeux Castlevania. Les nouvelles capacités, comme la possibilité d’utiliser son fouet pour se balancer ou les différents sorts disponibles, offrent un arsenal complet qu’il est nécessaire de maîtriser pour avancer.
Au rythme de la danse
Car, à la lumière de ses prédécesseurs, Belmont’s Curse est particulièrement difficile. Dans sa difficulté, le titre demeure toutefois juste : il est rare de pouvoir blâmer autre que soi-même lors d’un échec. Lors des affrontements contre les boss, il faut notamment apprendre à anticiper leurs mouvements et attaques afin de trouver les failles où il est possible de les attaquer. Une sorte de danse au rythme effréné s’opère alors, rendant la réussite on ne peut plus satisfaisante lorsqu’elle survient après plusieurs essais.
Si ces affrontements sont le point culminant des différentes sections du jeu, l’aspect exploration n’est pas à négliger et s’avère aussi particulièrement réussi. Sortir des sentiers battus permet de découvrir les (nombreux) secrets, comme des items pouvant rendre Rose plus puissante ou des indices sur comment approcher un combat à venir.
Explorer les rues gothiques de Paris, les sinistres catacombes qui se cachent sous la terre ou une nouvelle version du (grand) château de Dracula imaginé par Evil Empire s’avère aussi être un plaisir pour la rétine : à l’exception de quelques moments où des textures d’assez basse qualité sont au premier plan, le jeu est visuellement magnifique.
La direction artistique, qui met soigneusement à profit des ombres et des couleurs vives et éclatantes, donne ainsi souvent l’impression de regarder une série animée. L’inspiration visuelle de la très réussie adaptation en animation sur Netflix Castlevania (2017) — qui a assurément créé une nouvelle vague d’amateurs de la licence —, se fait d’ailleurs ressentir, particulièrement dans le design des personnages.
Bien qu’elle soit parfois un peu trop discrète, la musique à saveur plus cinématique renforce habilement l’ambiance macabre des différents environnements.
Les curieux qui cherchent à découvrir Castlevania pourront donc aisément le faire en jouant à Belmont’s Curse — tant que la patience de maîtriser le jeu est de la partie —, tandis que les amateurs de longue (ou moins longue) date apprécieront ce nouveau chapitre qui transpose parfaitement Castlevania dans l’ère vidéoludique moderne.
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