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Friday, November 6, 2026

Rosalie Tremblay, la future vedette de l’équipe canadienne?

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L’équipe canadienne de hockey féminin amorce ce cycle olympique sous le signe du renouveau. Au Championnat du monde, cinq joueuses sont âgées de 20 ans ou moins, dont Rosalie Tremblay. La Québécoise d’à peine 18 ans pourrait devenir « la joueuse la plus complète au monde ».

Aux derniers Jeux olympiques, en février, le Canada a présenté une équipe vieillissante qui a dû s’avouer vaincue contre des Américaines jeunes et talentueuses.

Depuis, Hockey Canada a fait table rase, ou presque. Gina Kingsbury et Troy Ryan, qui étaient respectivement directrice générale et entraîneur, ont quitté le navire. Danièle Sauvageau a alors été nommée au poste de directrice générale et n’a pas perdu de temps avant d’imposer ses changements.

Plus de 40 joueuses avaient été invitées au camp d’entraînement en prévision du Championnat du monde, présenté du 6 au 16 novembre, à Herning et à Esbjerg, au Danemark.

Des vétéranes comme Natalie Spooner, Brianne Jenner, Jocelyne Larocque ou Emerance Maschmeyer n’ont pas été sélectionnées. On a plutôt préféré faire confiance à des joueuses qui ont eu du succès dans la Ligue professionnelle de hockey féminin (LPHF), comme Jessie Eldridge et Rebecca Leslie, mais, surtout, on a insufflé de la jeunesse à la formation canadienne.

Annoncer à des joueuses qu'elles ne sont pas sélectionnées, je confirme que, si je pouvais m'en passer, je le ferais. Mais ça vient avec la tâche que j'ai acceptée. Ce n'est pas parce qu'on a plus d'expérience que cela atténue la difficulté du coup de téléphone. Ce n'est pas une question d'âge, mais une question d'impact, de potentiel et de progression, souligne Danièle Sauvageau en entrevue à Radio-Canada Sports.

La hockeyeuse porte l'uniforme d'Équipe Canada et est surveillée par une joueuse adverse.

Rosalie Tremblay

Photo : Hockey Canada

Depuis plusieurs années, on parle de la gardienne de but Ève Gascon comme digne héritière d'Ann-Renée Desbiens. Ou encore, on a présenté la défenseuse Chloe Primerano comme la future grande vedette du Canada. Certains sont même allés jusqu’à dire que la joueuse de 19 ans était la future Marie-Philip Poulin. Une comparaison exagérée, une pression immense mise à tort sur elle.

Jusqu’à tout récemment, le commun des mortels avait très peu entendu parler de Rosalie Tremblay et, pourtant, le nom de la jeune Québécoise s’inscrit parmi les plus beaux talents de sa génération.

Dans le monde du hockey mineur québécois, les sœurs Tremblay attirent l’attention depuis déjà près d’une décennie. Maxim Tremblay, l’aînée aujourd’hui âgée de 20 ans, joue à Boston College, après avoir connu du succès au Collège Stanstead, en Estrie.

De son côté, Rosalie avait à peine plus de 10 ans que, déjà, elle se faisait remarquer. Caroline Ouellette, qui est entraîneuse adjointe avec l'équipe canadienne, l'avait déjà dans sa ligne de mire.

Je me souviens d'elle à sa première année M13, elle était déjà surclassée et elle était parmi les deux meilleures attaquantes du Québec. À ce moment-là, elle était très petite, ce qui jouait un peu contre elle. Mais aussitôt qu'elle a eu sa poussée de croissance, elle est devenue dominante, indique Katerine Aubry-Hébert, coordonnatrice du programme excellence féminin à Hockey Québec.

Un tremplin à Stanstead

Originaires de Sherbrooke, les sœurs Tremblay participaient au camp estival du Collège Stanstead. C’est là que Bernie Pimm, qui allait devenir leur entraîneur, a rencontré Rosalie pour la première fois.

Elle était en sixième année. Elle était toute petite. Elle était curieuse, énergique, déjà très passionnée à un jeune âge, se souvient-il.

Les deux joueuses se sont finalement retrouvées à Stanstead, une destination pour de nombreux jeunes qui ont un potentiel tant à l'école que dans le sport.

L'entraîneur se rappelle une conversation qu'il a eue avec la famille Tremblay. Une discussion qui a changé son approche et qui a eu un impact considérable sur la suite des choses.

Elle m'a dit que son but était de faire l'équipe canadienne rapidement et d'aider le Québec à aller chercher une médaille d'or. Dans notre culture, à Stanstead, nous avons une phrase qui dit : "Nous avant je." Cette année-là, elle a connu une bonne saison, elle a eu 65 points, mais elle a compris comment gagner des mises au jeu, quoi faire quand elle les perdait. Nous avons réduit ses présences de 2 minutes à 50 secondes, dit Bernie Pimm.

Son parcours à Stanstead s'est terminé de brillante façon. Elle a dominé sur le plan des statistiques avec 117 points en 57 matchs, a agi à titre de capitaine de l'équipe et a surtout appris à devenir une joueuse complète, capable de jouer dans les deux sens de la patinoire.

Une joueuse de hockey célèbre un but.

Rosalie Tremblay était capitaine de l'équipe du Québec qui a remporté l'or au Championnat canadien.

Photo : Instagram/Rosalie Tremblay

L'an dernier, elle a aidé le Québec à remporter son premier Championnat canadien depuis la création du tournoi en 2001. Elle a marqué le but gagnant et avait été nommée joueuse par excellence de la compétition. En 2024, elle avait reçu le bronze avec le Canada au mondial des moins de 18 ans, avant d'obtenir l'or un an plus tard.

Ce qui la différencie, c'est sa passion et son côté compétitif. Elle est aussi dominante physiquement. Elle met beaucoup de temps sur son entraînement hors glace. Elle est rapide, puissante, n'a pas peur de se servir de son corps quand elle n'a pas la rondelle. Et, surtout, elle est prête à faire des sacrifices pour le bien de l'équipe, assure Bernie Pimm.

Elle se démarque par son immense désir de gagner et par son leadership. Autant sur la glace qu'à l'extérieur, les autres joueuses n'ont pas le choix de rehausser leurs standards en côtoyant Rosalie. Elle est aussi une athlète hyper en forme physiquement. Ce n'est pas pour rien qu'elle est capable de tenir son bout contre les plus expérimentées présentement, souligne Katerine Aubry-Hébert.

L'ancien entraîneur a été aux premières loges pour voir l'impressionnante évolution de la Québécoise. Il a rapidement réalisé qu'il s'agissait d'une joueuse comme il s'en fait peu.

À la fin de son secondaire, après Noël, nous avions joué contre Nela Lopušanová à quelques reprises et d'autres très bonnes joueuses. Nous nous sommes assis et nous avons dit : "Et si tu pouvais être la meilleure joueuse au monde de ton âge?" Je lui ai dit que je pensais que c'était possible.

C'est une joueuse qui joue dans les deux sens de la patinoire. C'est une compétitrice hors pair, tout le temps dans le tapis, elle n'a peur de rien. Très physique aussi. Elle a de bonnes habiletés avec la rondelle, autant son lancer que ses feintes. Elle a un bon coup de patin et une bonne vitesse. Sa fougue et son attitude, c'est sa force numéro un, confirme Katerine Aubry-Hébert.

Au-delà des habiletés sur la glace, Rosalie Tremblay est devenue, au courant des dernières années, une meneuse assumée. Elle a été capitaine à Stanstead, capitaine avec l'équipe du Québec, adjointe avec l'équipe nationale des moins de 18 ans... Ce sont des qualités que Danièle Sauvageau affectionne particulièrement.

Ça démontre la personne et la joueuse qu'elle est, lance la directrice générale.

Chaque saison, c'est comme si elle avait évolué de deux ans à la fois

Au cours des deux ou trois dernières années, la progression de Rosalie Tremblay a tout simplement été fulgurante. Elle a connu d'excellents débuts à l'Université du Wisconsin et a inscrit 10 points en 6 matchs, avant de se joindre à l'équipe canadienne. À 18 ans, elle devient la plus jeune joueuse à obtenir sa place en équipe nationale depuis une certaine Marie-Philip Poulin.

Une joueuse de hockey.

Rosalie Tremblay est originaire de Sherbrooke.

Photo : University of Wisconsin

Chaque saison, c'est comme si elle avait évolué de deux ans à la fois. Surtout dans sa maturité, dans sa capacité à aller là où souvent les jeunes vont rester plus passifs. Elle est très intense, elle fonce sur la rondelle, mais réussit à se repositionner rapidement. Elle a une excellente lecture du jeu, indique Danièle Sauvageau.

Il va souvent être question d'intelligence de jeu, de s'adapter à des systèmes, de les comprendre et de tenter d'ajuster très rapidement. Ça, je pense que c'est sa force. Et maintenant, tout ça dans une qualité d'exécution.

À son premier match préparatoire, contre les États-Unis, elle s'est retrouvée dans le premier trio, a obtenu du temps de jeu en avantage numérique et a marqué son premier but.

On voulait la placer rapidement dans le bain avec des joueuses importantes pour voir comment elle pouvait s'adapter, comment elle pouvait jouer la rapidité, la robustesse et l'intensité de ce niveau. Et le fait qu'elle soit sur l'équipe, ça démontre qu'elle a passé le test, explique Danièle Sauvageau.

Le travail est là, l'exécution est là. Elle s'est fait surprendre comme d'autres hors position. C'est quand même une nouvelle équipe, de nouveaux systèmes et donc, beaucoup de choses à apprendre en même temps. Son début avec l'équipe nationale s'est fait contre les Américaines, les championnes olympiques, ce n'est pas rien. Dès le premier match, c'était comme si elle avait déjà joué, ajoute la directrice générale.

Tous ceux qui la côtoient ne tarissent pas d'éloges à son égard. Il est permis de se demander si l'avenir de l'équipe canadienne ne passe pas soudainement, entre autres, par cette jeune Québécoise de 18 ans.

L'intelligence de jeu combinée avec son talent et sa fougue font en sorte qu'à 18 ans et des poussières, elle fait partie de l'équipe nationale et y occupe déjà un rôle clé, note Danièle Sauvageau.

Les exploits de Nela Lopušanová ont fait le tour de la planète. La Slovaque de 18 ans, qui est maintenant coéquipière de Rosalie Tremblay à l'Université du Wisconsin, est certainement vouée à un brillant avenir et est considérée par plusieurs comme la joueuse au plus grand talent brut de sa génération.

Rosalie Tremblay n'a pas dit son dernier mot.

Je la vois continuer à évoluer au cours des 10 prochaines années, indique son ancien entraîneur. Je ne sais pas si elle va être la meilleure buteuse, mais je pense qu'elle peut devenir la joueuse la plus complète au monde. Avantage numérique, désavantage numérique, cinq contre cinq... Elle va tout faire. Je pense qu'elle peut devenir la joueuse la plus importante de cette équipe canadienne.

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