Guerre commerciale : où en sont les négociations entre le Canada et les États-Unis?

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Les délégations canadiennes et américaines poursuivent lundi les négociations à deux jours de l’imposition des nouveaux tarifs douaniers promis par l’administration Trump et et afin d'éviter une nouvelle salve tarifaire aux secteurs économiques déjà grandement affectés les tarifs américains.
Malgré les multiples rencontres entre les camps au cours des trois dernières semaines, les pourparlers se retrouvent à une impasse.
Des sources ont révélé à CBC News que les négociateurs canadiens craignent qu’il n’y ait aucune façon d’éviter les droits de douane de 50 % sur des centaines de produits canadiens.
Alors que Washington demeure ferme sur ses exigences, Ottawa tente de persuader les provinces à lever ses restrictions sur l’alcool américain.
Les États-Unis prétendent imposer ces droits de douane en réponse à l'attitude discriminatoire du Canada envers ses manufacturiers d’automobiles et ses producteurs laitiers et d’alcool.
Voici les derniers développements des négociations canado-américaines en date de lundi matin, classés par secteur.
Automobile
Selon les sources de CBC, le camp américain propose de réduire les droits de douane actuels de 25 % à 12,5 %. Une offre jugée insuffisante par le Canada.
Les États-Unis ont cité l’enjeu du secteur automobile comme l’une des raisons derrière l’imposition des nouveaux droits de douane de 50 %.
La Maison-Blanche avance que le Canada impose des droits de douane et des quotas sur les véhicules américains importés – mais pas ceux des autres pays.
La présidente nationale d’Unifor et membre du Comité consultatif sur les relations économiques entre le Canada et les États-Unis, Lara Payne, a rappelé que M. Trump ne réalise pas que ses tarifs douaniers font mal aux compagnies américaines.
Nous ne pouvons pas nous permettre de concéder davantage et nous avons besoin d’un bon accord. Ça veut dire qu’il faut ne rien lâcher jusqu’à la toute fin
, a-t-elle déclaré.

Le syndicat Unifor représente environ 320 000 travailleurs canadiens. (Photo d'archives)
Photo : La Presse canadienne / Chris Young
Mme Payne avait déjà prévenu qu’accepter des droits de douane maintenant pourrait donner à Washington une voie vers des droits de douane permanents sur le secteur automobile dans un accord Canada-États-Unis-Mexique renégocié (ACEUM).
Les sources de CBC News rappellent cependant que le Canada devra faire des concessions dans n’importe quel accord subséquent.
Produits laitiers
Donald Trump critique depuis longtemps le système canadien de gestion de l’offre, qui permet à une certaine quantité de produits laitiers américains d’entrer au Canada sans taxe en raison de l’ACEUM.
Lors de son annonce sur ces nouveaux droits de douane, la Maison-Blanche avait avancé que le Canada avait établi des quotas bien plus restrictifs
sur le fromage américain que ceux appliqués sur des importations similaires en provenance de l’Union européenne.
Vendredi, le représentant au Commerce américain, Jamieson Greer, a réitéré cet argument en ajoutant recevoir un traitement inégal
sur les produits laitiers.
Des sources ont confié à CBC News que le Canada va devoir faire des concessions sur les produits laitiers dans un nouvel accord. Il n’est pas clair ce que le Canada a offert sur cet enjeu.
Des concessions sur ce front pourraient s’avérer un risque politique pour le gouvernement Carney.
La première ministre du Québec, Christine Fréchette, a déclaré vendredi que la gestion de l’offre est une limite à ne pas dépasser pour la province et que plusieurs milliers de fermes et emplois dépendent de l’industrie laitière canadienne.
Alcool
Le gouvernement fédéral a demandé aux provinces d’être prêtes le plus tôt possible à mettre de nouveau l’alcool américain sur les tablettes dans l’éventualité qu’un accord soit atteint, selon les sources de CBC News.
Cet enjeu est une autre des motivations principales derrière les nouvelles menaces tarifaires de 50 % par l’administration Trump.
Seules l’Alberta et la Saskatchewan, qui ont un système de détaillants d’alcool privé, ont recommencé la vente de produits alcoolisés américains. Les autres provinces maintiennent leur interdiction, même s’il y a eu des remises en question de ce moyen de pression au cours des derniers mois.
Les négociateurs canadiens craignent que l’enjeu des produits alcoolisés soit un obstacle majeur à la clémence de l’administration Trump sur les droits de douane prévus mercredi.
Les interdictions de ventes sont entièrement gérées par les provinces, mais certaines d’entre elles ont dit qu’elles ne lèveront pas le pied seulement si elles obtiennent des concessions pour leurs secteurs clés.
Mme Fréchette a dit être ouverte à l’idée de permettre aux vins américains de faire leur retour sur les tablettes, mais en échange de réductions des droits de douane sur des secteurs comme l’aluminium.

Les vins et spiritueux américains ont été retirés des tablettes des succursales de la SAQ.
Photo : Radio-Canada / Simon Lavictoire
Des sources ont aussi révélé que le gouvernement fédéral a demandé aux provinces et aux territoires de se préparer à se débarrasser de leurs règles d’approvisionnement de représailles si un accord est conclu. Ces règles favorisent les fournisseurs canadiens.
Acier et aluminium
Le Canada tente de forcer la main de l’administration Trump de baisser ses droits de douane déjà en place sur l’acier, l’aluminium et le cuivre - qui se situent entre 10 % et 50 %
Le gouvernement Carney a déjà annoncé de nombreuses mesures au cours des derniers mois venant en aide à ces secteurs, ce qui inclut un programme de prêts de 1 milliard de dollars à travers la Banque de développement du Canada (BDC).
La semaine dernière, le gouvernement fédéral a annoncé qu’il injectera un 100 millions de dollars additionnels dans l’industrie de l’acier.
Bois d’œuvre
Selon les sources de CBC News, le Canada espère obtenir un sursis sur les droits de douane imposés par les États-Unis sur le bois d’œuvre. Cependant, Washington n’est pas intéressé par les discussions sur cet enjeu.
Au moment d’écrire ces lignes, les droits de douane sur le bois d’œuvre sont de 45 %.
Toujours selon les sources de CBC, l’administration Trump croit que l’enjeu du bois d’œuvre devrait être négocié séparément des autres droits de douane.
Dans ce secteur, les droits de douane de 50 % que tient la Maison-Blanche comme une épée de Damoclès au-dessus de la tête d’Ottawa devront affecter des produits comme le charbon, le contre-plaqué ou encore les portes en bois. Il est attendu que cela soit particulièrement difficile pour la Colombie-Britannique.
Avec les informations de Benjamin Lopez Steven, Philip Ling et Kate McKenna de CBC News
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