Ukraine: en visite en Norvège, Volodymyr Zelensky tente de relancer une diplomatie en crise

Volodymyr Zelensky est arrivé mardi 20 octobre en Norvège pour des entretiens avec les émissaires américains, alors que les relations entre Kiev et Washington se sont fortement tendues.
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La réunion, organisée à la demande de Kiev, doit rassembler le président ukrainien Volodymyr Zelensky, le Premier ministre norvégien Jonas Gahr Store, le président finlandais Alexander Stubb et l'émissaire américain Steve Witkoff, rapporte Jelena Tomic du service international de RFI. Le gouvernement norvégien affirme vouloir orienter les efforts diplomatiques « sur une voie plus constructive ». Jared Kushner, émissaire spécial de Washington pour le Moyen-Orient, doit participer à distance.
Ces discussions visent à élaborer une proposition de paix à présenter à la Russie, avec l'Europe et l'Otan selon le site Axios, citant un responsable américain anonyme. Toujours selon le site Axios, l'émissaire américain se concentrera sur deux axes : assurer un avenir souverain, sûr et prospère pour l'Ukraine, ainsi qu'une intégration européenne, et créer des opportunités de croissance à long terme. L'accord doit aussi établir une nouvelle architecture de sécurité durable entre la Russie et l'Europe.
Les relations entre Kiev et Washington se sont à nouveau détériorées après l'accord conclu par Donald Trump avec Vladimir Poutine sur l'achat de diesel russe. Le pensionnaire de la Maison Blanche a aussi reproché à Volodymyr Zelensky les attaques ukrainiennes contre des raffineries en Russie. Lundi 19 octobre, le président étatsunien a accusé Zelensky de faire entrave aux négociations de paix et d'alimenter la flambée mondiale des prix du carburant, en visant les raffineries russes. Washington a par ailleurs levé les sanctions contre Moscou et signé un accord pour importer du diesel russe.
Volodymyr Zelensky, lui, accuse le Pentagone de retarder la livraison de missiles intercepteurs déjà payés par les Européens, indispensables face aux missiles et drones russes. Le secrétaire d'État Marco Rubio a répondu depuis Bombay en Inde que « rien n'est délibérément refusé » à l'Ukraine. Les missiles Patriot restent les seuls capables d'abattre les engins russes les plus sophistiqués.
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Steve Witkoff pourrait rencontrer Vladimir Poutine dans la foulée de ses entretiens à Oslo, indique notre correspondant à Moscou, Thomas de Saint-Léger. Ce serait son neuvième déplacement à Moscou et le deuxième en deux mois. Lors de son dernier passage, début septembre, l'émissaire avait évoqué une disposition russe à négocier après les élections législatives. Entretemps, les tentatives d'ouverture sont restées vaines. La trêve énergétique annoncée par Donald Trump n'a jamais été observée par les deux camps et le président américain s'en est agacé, s'emportant uniquement contre son homologue ukrainien, désigné comme obstacle à la résolution du conflit.
Mardi 20 octobre, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a déclaré : « Nous espérons qu'il sera possible d'organiser une rencontre dans un avenir très proche. » Selon lui, une rencontre entre Donald Trump, Vladimir Poutine et Xi Jinping a été « effectivement évoquée ». Les trois dirigeants sont attendus en Chine pour un sommet économique les 18 et 19 novembre.
Selon Reuters, Steve Witkoff pourrait aussi chercher, lors d'une visite à Moscou, la libération de Stephen Hubbard, citoyen américain de 72 ans condamné en Russie pour « mercenariat ». Les tirs russes se poursuivent pendant ce temps. Des frappes ont fait au moins six morts dans la région de Kiev et à Kramatorsk, selon les autorités ukrainiennes, et quatre autres personnes ont péri dans des frappes nocturnes.
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