Présidentielle: Attal et Philippe face au risque de grand effacement au second tour

Depuis les violences qui se sont déroulées en France en marge des manifestations du 17 octobre dernier, la campagne présidentielle est comme vampirisée par la colère qui gronde et les mouvements sociaux qui ne se calment pas. Ces crises profitent à Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Mais pour les candidats de l'espace central, Gabriel Attal et Édouard Philippe, la bande passante est, en revanche, plus que réduite.
Dans le contexte actuel, « c'est difficile d'exister quand on n'est pas à l'extrême-droite ou à l'extrême-gauche ». Ce constat, c'est un membre de l'équipe d'Édouard Philippe qui le fait, un brin désabusé. « Plus facile, ajoute-t-il, de dénoncer des boucs émissaires comme le font LFI et le RN que de faire entendre la voix de la vérité à l'époque des fake news. »
Un aveu d'impuissance que les sondages confirment. Le maire du Havre stagne voire baisse dans les intentions de vote et n'accède plus au second tour face à la favorite Marine Le Pen. Jean-Luc Mélenchon le devance désormais dans toutes les enquêtes. La candidate RN et le candidat LFI sont les seuls qui tirent leur épingle du jeu au milieu des crises qui agitent la France.
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« Les gens qui veulent retourner la table nous mettent tous dans le même panier »
Et pour Gabriel Attal, c’est même pire. Il est largement distancé dans tous les cas de figure. Son entourage est obligé de reconnaitre que la période est « difficile » mais assure qu'il faut « garder ses nerfs ». Autrement dit attendre que ça passe et que le gouvernement apporte des réponses aux crises. Mais un député proche de l'ancien Premier ministre est plus fataliste. Il doute de la capacité de son candidat à trouver un moyen de se faire entendre des Français et lâche : « Les gens qui veulent retourner la table nous mettent tous dans le même panier. Les seuls à être forts c'est Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. »
La campagne ne fait que commencer
Il reste six mois aux anciens Premiers ministres d'Emmanuel Macron pour inverser la tendance et surmonter le risque de grand effacement pour le second tour de la présidentielle. Tous les états-majors des candidats le martèlent, le match n'est pas plié. Il faut laisser le débat se dérouler et donner à l'opinion le temps de se faire son idée. Rien ne se cristallisera avant le début de l'année 2026.
Une proche d'Édouard Philippe se rassure en déclarant que l'air du temps d'octobre rempli de « radicalité », ne sera pas forcément celui d'avril. Gabriel Attal, lui, essaie de prendre le taureau par les cornes en relançant l’idée d’une primaire pour essayer de faire bouger les lignes, regagner en visibilité et en dynamique face aux deux extrêmes et jouer son va-tout contre Édouard Philippe.
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