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Monday, August 17, 2026

Accusation d’agression sexuelle | L’ex-président de Fierté Montréal acquitté après quatre ans de procédures

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Après plusieurs années de procédures judiciaires, l’ex-président et fondateur de Fierté Montréal, Éric Pineault, a finalement été acquitté d’agression sexuelle avant son procès.

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La Couronne a annoncé la semaine dernière au tribunal qu’elle n’entendait pas présenter de preuve dans cette affaire. De facto, la juge a alors prononcé l’acquittement de M. Pineault.

Il s’agit d’un dénouement inattendu, puisque le procès d’Éric Pineault pour agression sexuelle devait s’amorcer le mois prochain au palais de justice de Montréal pour une durée de trois semaines. Cette ex-figure de proue du mouvement LGBTQ+ avait comparu en janvier 2023.

On ignore ce qui a motivé la décision de la Couronne. Interrogées par La Presse, les deux parties ont refusé de s’avancer. On sait cependant que des requêtes de la défense, qui concernaient surtout la nature de la preuve et le témoignage du plaignant, devaient être entendues avant le procès.

Le plaignant, dont l’identité est protégée par le tribunal, était un jeune homme qui avait dit avoir une « confiance aveugle » en M. Pineault au moment des faits initialement allégués.

Éric Pineault avait été suspendu indéfiniment dès le 6 août 2020 de son rôle de président et fondateur de Fierté Montréal. L’organisme disait alors vouloir prendre le temps d’examiner des dénonciations « d’inconduite sexuelle ». À l’époque, la nouvelle était tombée quatre jours avant le début du festival.

Le principal intéressé n’est finalement jamais retourné au sein de la direction. Trois mois plus tard, en novembre 2020, le groupe avait dit vouloir tourner la page sur un climat de travail « déplacé » qui se traduisait notamment par des blagues ou des gestes à caractère sexuel à l’interne.

Encore des turbulences

Joint par téléphone jeudi, M. Pineault n’a pas souhaité faire de commentaires. Son avocate, Me Célia Hadid, a toutefois indiqué que son client, qui a toujours clamé son innocence, était soulagé par la conclusion du dossier.

« On parle d’accusations qui ont toutes sortes de conséquences dans la vie personnelle, surtout compte tenu du rôle qu’il occupait à cette époque. Il peut tourner la page maintenant », a indiqué MHadid en entrevue.

Elle a ajouté que M. Pineault « se porte présentement bien, aussi bien que quelqu’un qui a fait face à cette tempête pendant plusieurs années et qui en a vu finalement le bout la semaine dernière ».

La nouvelle survient alors que la gestion de Fierté Montréal est toujours marquée par des turbulences, six ans plus tard.

L’été dernier, le directeur général Simon Gamache avait annoncé sa démission au terme d’un été semé de controverses pour le festival. Peu avant, on avait également annoncé la démission du président du conseil d’administration, Bernard Truong, alors que le festival battait son plein.

Il s’agissait alors d’une énième péripétie dans le feuilleton Fierté Montréal, qui s’est enlisée dans la controverse tout au long de l’année, notamment en raison du conflit israélo-palestinien qui a causé un véritable schisme au sein de la communauté LGBTQ+ montréalaise et québécoise.

Plusieurs membres se sont par ailleurs dissociés de Fierté Montréal en raison d’un climat « toxique », au printemps 2025. Ces groupes reprochaient à l’organisme « des pratiques empreintes de misogynie, de racisme et de sexisme ».

Quand même du changement

Mise au fait de la situation, la direction de Fierté Montréal a indiqué jeudi qu’elle ne fera pas de commentaire direct sur la décision du tribunal.

Une porte-parole, Nathalie Roy, a toutefois indiqué que « les nouvelles administrations de Fierté Montréal ont posé des cadres stricts visant à prévenir et à lutter contre les violences sexuelles, les violences fondées sur le genre, le harcèlement et l’intimidation à tous les égards ».

« Une politique sur le harcèlement et l’intimidation en milieu de travail ainsi qu’une politique sur la divulgation des actes répréhensibles ont notamment été mises en place », a ajouté Mme Roy.

L’organisation dit aujourd’hui réaffirmer son engagement « à offrir des milieux sécuritaires, respectueux et bienveillants ».

« Nous souhaitons également que toute personne qui a vécu une situation de violence, de harcèlement ou d’intimidation sache qu’elle peut être accueillie avec écoute, respect et bienveillance, et qu’elle n’a pas à porter seule ce qu’elle a vécu », a conclu Mme Roy.

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