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Monday, September 21, 2026

Face aux extrêmes, Merz érige sa coalition en gardienne de «l’avenir démocratique» de l’Allemagne

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Fragilisé par des revers électoraux face à l’extrême droite et la gauche radicale, le chancelier Friedrich Merz a promis lundi le maintien de son gouvernement avec les sociaux-démocrates, estimant qu’il en allait de « l’avenir démocratique » de l’Allemagne.

À la tête du pays depuis seulement 16 mois, le dirigeant conservateur est particulièrement attaqué par le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD), qui a même prédit lundi son départ avant la fin de l’année.

Devant la presse réunie à Berlin, Friedrich Merz s’est montré combattif : « Nous avons tourné la page du nationalisme en Allemagne avec Konrad Adenauer », a-t-il lancé en référence au chancelier chrétien-démocrate qui avait incarné la rupture avec le régime nazi après la chute d’Adolf Hitler.

« Ce sera la mission historique, notamment pour la coalition gouvernementale à Berlin, mais aussi et surtout pour le parti que je dirige, […] de faire en sorte qu’à l’avenir également, nous restions un pays fermement ancré dans la politique européenne », a-t-il ajouté.

« Il ne s’agit ni plus ni moins que de l’avenir démocratique de notre pays », a-t-il dit.

Trois revers électoraux pour les conservateurs en septembre ont intensifié les spéculations en cours depuis des semaines sur sa longévité à la chancellerie.

Dans le nord-est du pays, au Mecklembourg–Poméranie-Occidentale, son parti, la CDU, a été éliminé dimanche de l’assemblée faute d’atteindre le seuil de 5 %, une première pour un État régional dans l’histoire du pays depuis 1945.

L’AfD, parti antimigrants et prorusse, y étant arrivée en tête mais sans alliés, c’est une alliance de la gauche qui aura la main pour former l’exécutif régional.

À Berlin, la gauche radicale Die Linke (près de 26 %) devance la CDU (près de 19 %) et est en position de lui ravir la mairie. L’AfD est aussi en forte progression (plus de 16 %).

« Le crépuscule du chancelier »

Ces deux défaites se sont ajoutées à celle du 6 septembre face à l’AfD dans une autre région de l’est, la Saxe-Anhalt, qui avait déjà fait redoubler les spéculations sur un départ prématuré du chancelier.

Devant la presse à Berlin, le chef de l’AfD de Mecklembourg–Poméranie-Occidentale, Leif-Erik Holm, a prédit en conséquence que M. Merz « ne tiendra certainement pas jusqu’à la fin de l’année ». « Le crépuscule du chancelier a commencé », a-t-il assuré.

Alice Weidel, co-dirigeante de l’AfD, a jugé que son parti avait déjà « remplacé » la CDU en tant que « grand parti populaire », la formation caracolant en tête des sondages nationaux presque à 30 %, une dizaine de points devant la CDU.

L’impopularité de Friedrich Merz, 70 ans, flirte avec les 90 %, un record. Sa promesse de relancer une économie moribonde et de reprendre des voix à l’AfD avec sa politique migratoire n’a pas rencontré le succès escompté.

Quelques minutes après la fermeture des bureaux de vote dimanche, il avait voulu juguler le débat sur son avenir en soulignant qu’il restait président de la CDU et chancelier.

Tout en reconnaissant « un désastre » électoral, M. Merz a juré de maintenir le cap de ses réformes pour relancer une économie en pleine stagnation en raison d’un manque d’innovation, de la concurrence chinoise, de dépenses sociales croissantes et de la hausse des prix de l’énergie à cause des guerres en Ukraine et au Moyen-Orient.

Illustrant ces difficultés, l’industrie de l’automobile supprime les postes par dizaines de milliers. Le syndicat IG Metall mène lundi une journée d’action nationale pour défendre les emplois et les sites de production.

Et M. Merz est aussi au défi de trouver des accords avec son partenaire social-démocrate, sans qui il ne peut gouverner, mais dont les dirigeants ont appelé le gouvernement à revoir sa copie, notamment sur les retraites.

« Tête baissée contre le mur »

« Nous restons engagés dans cette coalition, mais on ne peut pas continuer comme ces derniers mois. Il faut des changements. Avec cette ligne claire, nous entamons maintenant aussi les discussions », a déclaré Lars Klingbeil, dirigeant du SPD et ministre des Finances de M. Merz.

« Foncer tête baissée contre le mur en expliquant qu’il suffit d’être encore plus rigoureux dans ce que nous avons fait jusqu’ici et que les gens finiront bien par comprendre, cela ne fonctionnera pas », a-t-il lâché.

Interrogé par la presse sur d’éventuelles modifications à apporter aux réformes, M. Merz n’a pas voulu se prononcer.

« Je veux parler avec les sociaux-démocrates [sur la manière dont] nous allons continuer de travailler ensemble. Mais le fait de continuer de travailler ensemble, est, selon moi, la bonne chose à faire », a-t-il dit.

Selon lui, l’action de son équipe a conduit à une légère amélioration de l’économie du pays, en crise depuis plusieurs années à cause notamment de la concurrence chinoise, de prix de l’énergie trop élevés, mais beaucoup reste à faire.

« Que tout cela ne suffit pas encore, nous le savons. Nous savons que nous avons un sérieux problème d’adhésion, que nous ne parvenons plus à toucher une partie importante de la population », a-t-il ajouté.

Pour Marc Debus, politiste à l’Université de Mannheim, M. Merz « aura du mal à se maintenir à son poste, car les mauvais résultats électoraux de la CDU sont étroitement liés au travail […] du gouvernement fédéral et du chancelier ».

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