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Saturday, October 3, 2026

Un oléoduc pourrait-il traverser la célèbre station Whistler?

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Le tracé du projet albertain de l’oléoduc vers la côte ouest, d’une capacité d’un million de barils par jour et récemment baptisé Pacific Link, a jusqu’ici été présenté comme devant se terminer dans le Lower Mainland, près de Vancouver. Des documents montrent toutefois que son empreinte pourrait s’étendre à une région de la Colombie-Britannique où se trouvent des destinations touristiques très fréquentées comme Whistler, Pemberton et Squamish.

Le premier ministre Mark Carney et la première ministre de l’Alberta, Danielle Smith, ont annoncé jeudi que l’oléoduc serait considéré comme un projet d’intérêt national.

Le projet de l’oléoduc soumis plus tôt cette année par l’Alberta au Bureau des grands projets prévoit notamment une « déviation » qui « demeure à l’étude ». Selon ce tracé de rechange, l’oléoduc quitterait le corridor de l’oléoduc Trans Mountain au nord de Kamloops pour se diriger vers l’ouest, en empruntant un corridor traversant les régions britanno-colombiennes de Sea to Sky et de la Sunshine Coast.

Les cartes jointes au document ne permettent pas de déterminer précisément par où passerait l’oléoduc. Elles montrent toutefois un autre corridor possible qui partirait des environs de Clearwater, franchirait le fleuve Fraser près de Lillooet, puis se dirigerait vers le sud à travers la chaîne Côtière jusqu’à l’océan, quelque part entre la Sunshine Coast et la baie Howe. Les documents présentent ce tracé comme une possibilité qui a été « envisagée et demeure une solution de rechange ».

La Sunshine Coast, l’île Texada et la baie Howe sont également désignées dans les documents comme des « zones proposées pour l’aménagement d’un terminal », advenant la construction d’un oléoduc dans la région. Le maire de Powell River, Ron Woznow, estime que l’idée mérite d’être envisagée.

« Nous avions une usine qui constituait la principale source d’emplois et de revenus fiscaux pour la Ville, a-t-il expliqué en entrevue au Canada’s National Observer. Nous cherchons des façons de réaménager l’ancien site de l’usine et, comme nous disposons d’un port en eau profonde, [un oléoduc] pourrait être avantageux pour la ville. »

Aux yeux de M. Woznow, les retombées économiques potentielles l’emportent sur les risques environnementaux. Selon lui, le risque d’un déversement de pétrole est « très faible », tandis que « les chances que le projet ait des retombées positives pour la ville et ses habitants sont très bonnes ».

Chris Pettingill, conseiller municipal à Squamish et membre du conseil d’administration du district régional de Squamish-Lillooet, est d’un tout autre avis. Il craint qu’un oléoduc nuise à l’environnement ainsi qu’aux secteurs du tourisme et des activités de plein air.

« Cela ne semble avoir aucun sens compte tenu du relief et des difficultés techniques, a-t-il affirmé en entrevue. Je ne pense pas qu’il soit facile de faire passer un [oléoduc] où que ce soit en Colombie-Britannique, mais ce tracé en particulier paraît être un choix étrange. »

Un relief « extrêmement accidenté »

Ni M. Pettingill ni M. Woznow n’avaient entendu parler de la possibilité qu’un oléoduc traverse la région avant d’être contactés par le Canada’s National Observer. Jeremy Valeriote, député à l’Assemblée législative et désormais candidat du Parti vert dans la circonscription de West Vancouver–Sea to Sky, n’en avait pas entendu parler non plus.

« Je suis sous le choc et assez contrarié que cette possibilité ait même été envisagée, a déclaré M. Valeriote au Canada’s National Observer. Tout ce que j’avais entendu jusqu’ici indiquait que [l’oléoduc] suivrait le tracé actuel de Trans Mountain. […] Ce n’est pas une nouvelle qui est la bienvenue. »

M. Valeriote qualifie le relief du corridor envisagé d’« extrêmement accidenté ». À l’heure actuelle, la seule voie permettant de traverser rapidement cette région est la route Sea-to-Sky, qui relie West Vancouver à Pemberton. Selon lui, ce corridor serait toutefois trop étroit pour accueillir de nouvelles infrastructures, particulièrement à l’approche de l’océan.

« Peu importe à quel point on fait preuve d’ingéniosité, cela reste un fjord aux versants escarpés », a-t-il dit.

Et ce n’est là que la question de l’oléoduc. M. Valeriote remet également en cause l’aménagement de terminaux pétroliers dans la baie Howe, évoquant la fragilité de son écosystème marin, qui montre néanmoins des signes de rétablissement, ainsi que les préoccupations grandissantes entourant le projet Woodfibre LNG, dont la mise en service complète est prévue d’ici 2027. Plus au nord sur la Sunshine Coast, il redoute les conséquences d’un déversement de pétrole dans un secteur caractérisé par des bras de mer étroits, de petites îles et des courants marins complexes.

« Tous les ingrédients d’un Exxon Valdez sont réunis », a-t-il lancé.

Le tracé « n’a pas encore été arrêté »

On ignore dans quelle mesure ce corridor de rechange pourrait réellement être retenu.

En août, le Bureau des grands projets a publié sur son site Web une mise à jour désignant comme option privilégiée un tracé de 1250 kilomètres entre Bruderheim, en Alberta, une petite ville située à une cinquantaine de kilomètres au nord d’Edmonton, et Roberts Bank.

Patrick Weiler, député libéral de la région, n’a pas souhaité commenter, renvoyant les questions au Bureau des grands projets. Pierre Cugen, porte-parole du Bureau, a indiqué par courriel au Canada’s National Observer que « le tracé proposé n’a pas encore été arrêté et continuera d’être élaboré au fil de l’examen technique, des échanges avec les parties prenantes et des consultations auprès des communautés autochtones susceptibles d’être touchées ».

Pour M. Valeriote, cette réponse soulève des questions sur ce qui pourrait se produire si le gouvernement fédéral décidait que le projet est d’intérêt national.

« Que se passera-t-il si nous donnons notre accord de principe à un oléoduc et que, soudainement, il ne suit plus le tracé de Trans Mountain ? » a-t-il demandé.

M. Cugen a précisé que « si [l’oléoduc] est inscrit en vertu de la Loi visant à bâtir le Canada, le projet demeurera assujetti à d’autres examens réglementaires, consultations et conditions ».

« La conception définitive du projet, y compris le tracé et l’emplacement des terminaux, devra être confirmée dans le cadre de ces processus », a-t-il ajouté.

Cet article a été traduit par la rédaction du Devoir à l’aide d’un outil d’intelligence artificielle après avoir d’abord été publié en anglais dans le Canada’s National Observer.

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