Enquête sur la spiruline : importée de Chine, vendue « fabriquée en France », ce que l’étiquette de votre complément ne vous dit pas toujours

Si la spiruline est (très) souvent considérée comme une algue, il n'en est rien. Mais alors qui est-elle réellement ?
La spiruline, des propriétés remarquables
Petite précision à ne pas mettre de côté : la spiruline est une cyanobactérie capable d'effectuer la photosynthèse. S'il en existe plusieurs espèces, ce sont les Platensis et Maxima que l'on rencontre le plus dans le commerce.
Les protéines de la spiruline apportent les acides aminés essentiels et elles représentent environ 60 à 70 % de son poids sec. Elle est également pourvue en bêta-carotène, fer et phycocyanine, le « fameux » pigment bleu très recherché et également utilisé pour colorer. Mais... la spiruline peut capter et accumuler certains contaminants présents dans son milieu de culture comme le plomb, le mercure ou encore l'arsenic. Sa qualité dépend donc notamment de l'eau utilisée, des conditions de production et des contrôles réalisés.
Ce point est corroboré par l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) qui met en avant un risque de contamination de la spiruline par des cyanotoxines, substances toxiques produites par les cyanobactéries, d'où l'importance de pouvoir retracer l'origine du produit et d'identifier clairement son fabricant.
Que dit l’Anses ? Et les scientifiques ?
Dans son avis de 2017, l'Anses rappelle que la spiruline « ne semble pas présenter de risque sanitaire à de faibles doses », jusqu'à plusieurs grammes par jour chez l'adulte, hors risque de contamination. Entre 2009 et 2017, elle recense par ailleurs 49 signalements d'effets indésirables susceptibles d'être liés à des compléments alimentaires contenant de la spiruline. Parmi ces cas, dix seulement étaient assez documentés pour être analysés et quatre présentaient une imputabilité élevée (allergique, gastroentérique, rhumatologique, uro-néphrologique). L'Anses ne peut pas relier ces cas à une contamination, mais ne l'exclut pas non plus. Car si les analyses ne prouvent pas systématiquement un lien de causalité (certains cas n'ont pas été suffisamment documentés), elles rappellent que la consommation de ces produits n'est pas toujours anodine selon les personnes qui les ingèrent.
Enquête sur la spiruline... © Louis Bertolini, YouTubeL'Anses recommande ainsi surtout de privilégier les « circuits d'approvisionnement les mieux contrôlés », donc conformes à la réglementation française, bien tracés et dont le fabricant est clairement identifié.
Côté scientifiques, il a été remarqué que la spiruline produite de façon intensive avait davantage de probabilité de présenter un risque de contamination, un lien direct entre la densité de spiruline dans les bassins et celle des contaminants.
Une réglementation incomplète…
En ce qui concerne les compléments alimentaires, le règlement (UE) 2023/915 d’avril 2023 fixe des teneurs maximales de 3 mg/kg pour le plomb, 1 mg/kg pour le cadmium et 0,10 mg/kg pour le mercure. En revanche, il n'existe pas de limite européenne pour l'arsenic dans les compléments.
L'Anses estime également utile de définir une quantité maximale de microcystines dans les compléments alimentaires à base de spiruline. Rappelons-le, les microcystines sont des toxines produites par certaines cyanobactéries, pouvant s'attaquer aux cellules du foie et responsables de troubles digestifs, mais aussi d'insuffisance hépatique. L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) en a fixé une dose quotidienne tolérable à 0,04 µg/kg de poids corporel et par jour soit environ 2,4 µg par jour pour un adulte de 60 kg, selon nos calculs.
En pratique, la plupart des études n'en détectent pas dans la spiruline, et quand elles en trouvent, c'est autour de 0,1 µg/g, soit bien en dessous de cette dose. L'absence d'un tel seuil réglementaire implique donc la maîtrise de potentielles contaminations et la publication des analyses. C'est pourquoi, chez greenwhey, nous faisons analyser chaque lot et publions les résultats, en toute transparence !
Traçabilité : bien lire et bien comprendre l’étiquette
Assurer la traçabilité de la spiruline est essentiel pour limiter les risques. Mais il reste essentiel de bien lire les étiquettes.
Pour la petite histoire, en 2018, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a contrôlé 164 établissements et prélevé 106 compléments à base d'algues et de micro-algues, dont la spiruline faisait partie, 32 échantillons présentaient au moins une anomalie.
Cette enquête a notamment mis au jour un cas de pratique commerciale trompeuse concernant de la spiruline importée de Chine, conditionnée en France et vendue sous la mention « fabriqué en France », accompagnée d'un drapeau tricolore. Sauf que « emballer » n'est pas « fabriquer », attention donc aux réflexes de lecture : si une étiquette met en avant un drapeau français, penchez-vous plus sérieusement sur l'origine du produit !
Notre approche chez greenwhey
Les preuves que nous mettons en avant alimentent notre transparence. Explications. Nous prenons le contre-pied des plus gros red flags en vous donnant la possibilité de vérifier nos informations.
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- Culture : notre spiruline est cultivée en Provence chez Solis Culturae dans des bassins contrôlés sous serre.
- Composition : il s'agit de la forme Arthrospira platensis, issue de l'aquaculture biologique, garantie sans pesticides, sans OGM et sans chauffage des bassins.
- Séchage : il est effectué à basse température pour préserver les qualités nutritionnelles de la spiruline.
- Contrôle : chaque lot est analysé et les contrôles sont consultables sur la page dédiée de notre site au niveau des certificats.
Vous l'aurez compris, la spiruline présente un intérêt nutritionnel réel, pour autant, sa réputation de « superaliment » ne dispense pas d'examiner sa qualité lorsque vous devrez choisir !
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