PSPP s’engage à abolir ce qu’il y a de monarchie au Québec

Paul St-Pierre Plamondon promet d'« abolir la monarchie sur le territoire québécois » et de rediriger vers la lutte contre l'itinérance les sommes dévolues aux opérations du cabinet de la lieutenante-gouverneure.
Le chef du Parti québécois (PQ) en a fait l'annonce mardi après-midi en réagissant aux plus récentes révélations du quotidien Le Devoir selon lesquelles le déplacement de l'ex-gouverneure générale Mary Simon en Norvège, au Danemark et au Groenland, en février 2026, a coûté plus de 700 000 $ aux contribuables canadiens.
Il en a aussi profité pour dire que la lieutenante-gouverneure du Québec, Manon Jeannotte, ne sera pas la bienvenue
le jour du discours d'ouverture de la prochaine législature si les péquistes prennent le pouvoir lundi, comme le prédisent les agrégateurs de sondages.
On va lui demander de s'abstenir
, a simplement dit M. St-Pierre Plamondon, dans un point de presse à Saint-André-Avellin, dans la circonscription de Papineau, en Outaouais.
Questionné sur le projet de constitution québécoise de Simon Jolin-Barrette, qui proposait de remplacer la fonction de lieutenant-gouverneur par celle d'officier
, le chef péquiste n'a pas voulu se prononcer, affirmant qu'il aura du temps
, s'il est élu, pour étudier les options qui s'offrent à lui.
M. St-Pierre Plamondon a souligné que le Canada dépensait chaque année de 50 à 60 millions de dollars pour la monarchie, et qu'une simple règle de trois permettait d'estimer que le Québec, qui représente un peu moins du quart de la population du pays, déboursait de 12 à 15 millions de ce montant.
À moins que le Québec ne devienne indépendant, il devrait toutefois se contenter de cesser de financer du cabinet de la lieutenante-gouverneure, pour lequel le ministère du Conseil exécutif a prévu de dépenser, dans son dernier budget, un peu plus de 1,3 million de dollars en 2026-2027.

La lieutenante-gouverneure Manon Jeannotte au moment de l'assermentation de Christine Fréchette, le 15 avril dernier.
Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel
La monarchie britannique héritée de la Conquête est régulièrement la cible du PQ, qui conteste sa légitimité comme ses symboles.
Ses élus avaient d'ailleurs quitté le Salon rouge, le printemps dernier, au moment du discours de la lieutenante-gouverneure, à l'ouverture de la session rendue nécessaire par la prorogation décrétée par le gouvernement caquiste pour donner le temps à la nouvelle première ministre Christine Fréchette de s'installer au pouvoir.
Ce coup d'éclat avait été dénoncé par les adversaires du PQ, d'autant plus que Manon Jeannotte, d'origine mi'kmaw, avait revêtu ce jour-là une robe rouge pour souligner la Journée nationale de sensibilisation aux femmes et aux filles autochtones disparues et assassinées.
Le député Joël Arseneau avait alors dû expliquer que sa formation avait voulu poser un geste de principe
pour dénoncer l’institution et non la personne
.

Les péquistes Pascal Bérubé, Joël Arseneau et Paul St-Pierre Plamondon, après avoir prêté serment au peuple du Québec, en décembre 2022.
Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot
Les trois seuls députés du PQ élus en 2022 – Paul St-Pierre Plamondon, Joël Arseneau et Pascal Bérubé – avaient également refusé de prêter serment au roi Charles III dans les semaines suivant le scrutin.
C'est finalement l'adoption d'un projet de loi du ministre responsable des Institutions démocratiques, Jean-François Roberge, qui leur avait finalement permis de siéger à l'Assemblée nationale en proclamant allégeance au peuple du Québec et à lui seul.
Ce texte est aujourd'hui contesté devant les tribunaux, et il n'est pas exclu qu'il soit un jour jugé inconstitutionnel.
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