Grèce: «Comme en France», étudiants, professeurs et fonctionnaires manifestent contre les conditions d'enseignement

Outre la France, la révolte des étudiants gagne aussi la Grèce. Mercredi 21 octobre, des manifestations ont eu lieu dans plusieurs villes du pays pour réclamer davantage de moyens pour l’éducation, mais aussi pour protester contre le coût de la vie et les difficultés d’accès au logement. Plus de 10 000 étudiants, lycéens et enseignants se sont rassemblés dans le centre d’Athènes. Signe d’une grogne sociale qui gagne du terrain, alors que le gouvernement grec vante ses résultats économiques.
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« Étudier ou survivre ? » C’est l’une des nombreuses pancartes écrites en français par les étudiants grecs qui ont défilé dans les rues d’Athènes. « Nous soutenons les étudiants français », affirme Yonas, 19 ans, qui souhaite voir le mouvement s’étendre à toute l’Europe, confie-t-il à notre correspondante à Athènes, Emmanuelle Steels.
Bâtiments délabrés, classes surpeuplées, pénurie de professeurs... Le système éducatif grec est en ruines, mais de toute façon, beaucoup de jeunes n’ont plus les moyens d’étudier, assure Melina, élève d’une université publique : « De nombreuses universités ne proposent pas de logements et les étudiants font face à la hausse du coût de la vie. Beaucoup ne peuvent même plus poursuivre leurs études. Nous exigeons une éducation publique et gratuite pour tous. »
« En Grèce comme en France, nous réclamons une éducation publique et gratuite », a indiqué Katia Koubousidou, présidente des étudiants de philosophie et de pédagogie de l'université Aristote de Thessalonique.
« Jongler avec deux ou trois emplois pour survivre »
Beaucoup d’enseignants grecs ont fait grève mercredi pour protester aux côtés des jeunes. Giannis Robas, instituteur dans une école primaire, critique la version officielle du renouveau économique : « Le chômage a peut-être reculé en Grèce, mais les travailleurs sont désormais contraints de jongler avec deux ou trois emplois pour survivre. Je n’appelle pas cela une "success story" économique à partir du moment où les citoyens n’ont pas accès à certaines choses qui sont basiques au XXIe siècle : l’éducation, la santé et la protection sociale », s'indigne-t-il.
Étudiants, enseignants, travailleurs. En Grèce, ils dénoncent une précarité grandissante et une austérité pratiquée à leurs dépens.
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