Le PCQ propose de suspendre les élus coupables d’«incompétence»
Le Parti conservateur du Québec (PCQ) part à la chasse à « l’incompétence » dans la fonction publique et met en joue jusqu’aux « intouchables » logés « en haut de la pyramide ». Le couperet du PCQ tomberait même sur les élus et les ministres reconnus coupables de « mauvaise gestion » et pourrait entraîner leur suspension permanente de leur poste électif.
Les troupes conservatrices proposent de « donner des dents » à l’Autorité des marchés publics (AMP) et à la vérificatrice générale (VG) pour leur accorder le pouvoir de sanctionner « les personnes qui administrent l’argent des contribuables, députés, ministres, sous-ministres, responsables de cabinet et fonctionnaires ».
Le chef conservateur, Éric Duhaime, et son candidat dans Lotbinière-Frontenac, Renaud Labrecque, ont présenté vendredi le Registre d’administrateurs déclarés inaptes à exercer avec les ressources publiques (RADIER). Celui-ci prévoit des sanctions pouvant aller jusqu’à la suspension permanente dans « des cas flagrants où la protection d’intérêts politiques prend le dessus sur la bonne administration de l’argent des contribuables ».
L’AMP et la VG s’acquitteraient de leur nouvelle mission avec « quatre ou cinq millions » de dollars supplémentaires. Les deux agences responsables de surveiller la bonne tenue des marchés publics et de l’État guideraient leurs enquêtes et leurs éventuelles sanctions selon des principes qui restent à définir.
« Sans établir des critères noir sur blanc, a exposé Renaud Labrecque, la base est la saine gestion des fonds publics et le respect éthique de l’argent des contribuables. […] On ne peut pas avoir un projet qui est évalué, par exemple, à 10 millions et finir à 600 millions sans que personne n’ait échappé au projet. »
Le parti a évoqué l’exemple de la Commission municipale du Québec (CMQ) pour justifier le pouvoir de suspension qu’il entend accorder contre les élus et les élues.
Donner « des dents » à l’AMP et à la VG
Ce nouveau mandat octroyé à l’AMP et à la VG permettrait d’éviter le « gaspillage » de « centaines de millions de dollars », selon le PCQ. « Ils font un excellent travail, mais ils n’ont peu ou pas de dents, plaide Renaud Labrecque. Ça, les élus, les députés et les sous-ministres le savent, parce qu’on n’entendrait pas sinon dire des gens “je n’ai pas de souvenirs” quand les courriels prouvent l’inverse. »
Le registre promu par le camp conservateur ajouterait « un nouvel outil » dans la boîte déjà garnie de la Commissaire à l’éthique et de l’Unité permanente anti-corruption (UPAC), précise Renaud Labrecque. Comment, cependant, prouver l’« incompétence » d’une personne dans des chantiers complexes qui commencent parfois sous un gouvernement et qui finissent sous un autre ?
« J’en conviens que ce ne sera pas une balade dans le parc », a indiqué le candidat conservateur dans Lotbinière-Frontenac. Une plus grande imputabilité au sein de la fonction publique, ajoute-t-il, « cultiverait l’excellence » au sein de l’État. « À force de ne jamais sanctionner la négligence, ce sont ceux qui font bien leur travail qu’on finit par décourager. »
Le Devoir a tenté de savoir qui, au cours des derniers mandats, aurait perdu son poste dans la foulée de présumés dérapages. Le parti n’avait pas donné suite à cette demande au moment où ces lignes ont été écrites.
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