Trump reçoit Xi à la Maison-Blanche avec des égards exceptionnels

Le président américain, Donald Trump, a accueilli avec faste son homologue chinois, Xi Jinping, jeudi matin à l’occasion d’un sommet historique entre les deux pays, opposés sur plusieurs dossiers.
Donald Trump a réservé tous les honneurs à son invité, au moment où il accuse les démocrates de vouloir faire basculer le pays vers le communisme, à l'approche des élections de mi-mandat.
Au cours de son allocution, il a mis de l'avant la relation personnelle qu'il dit avoir nouée avec son homologue chinois.
Le président Xi et moi avons noué une amitié, une amitié véritablement formidable, fondée sur le respect mutuel et les intérêts vitaux de nos peuples
, a-t-il déclaré au cours de cette première visite du dirigeant chinois à la Maison-Blanche en plus d'une décennie.
Le président Trump a dit vouloir aborder les questions urgentes
au cours de leurs discussions, évoquant la sécurité, la technologie et la super-intelligence, SI
– l'expression qu'il utilise désormais pour désigner l'intelligence artificielle (IA).
Il avait déjà indiqué qu'il serait question d'IA au cours de ce grand jour
dans un message publié plus tôt sur sa plateforme Truth Social. Il y a martelé vouloir que les choses restent exactement comme elles le sont
en matière d'IA, alors que les avertissements sur les risques posés par cette technologie et les appels pour un meilleur contrôle se multiplient.
Il a soutenu que Pékin partageait cette position.
À ses côtés, le président Xi a de son côté averti qu'il fallait veiller à ce que le développement de l’IA demeure toujours sous le contrôle des humains et serve le bien-être de la population
.
Il a dit vouloir, avec cette visite, poursuivre [leur] amitié, élargir [leur] coopération et favoriser le bien-être de [leurs] deux peuples
, selon ce qu'a relayé le traducteur de ses propos.
La Chine garde sa porte grande ouverte et accueille les entreprises américaines qui souhaitent y faire des affaires et y investir
, a-t-il ajouté. Nous espérons que les entreprises chinoises seront traitées équitablement ici, aux États-Unis.
Les journalistes présents n'ont pas pu poser de questions. Lors de la rencontre au bureau ovale, les photographes de presse ont été admis, mais pas les journalistes.
Le groupe de réseaux télévisés assurant la captation des images lors des événements officiels auxquels participe le président attendait de son côté que la Maison-Blanche rétablisse l'accès des médias qui avaient été exclus, comme le lui a ordonné la Cour la nuit dernière, pour reprendre ses activités.
Donald Trump avait lui-même effectué une visite officielle en Chine en mai dernier. Il avait revendiqué des accords commerciaux fantastiques
, sans qu'il y ait toutefois de percée dans les désaccords entre les deux pays.
Des attentes modestes
Les experts ne s'attendent pas davantage à des avancées significatives au cours de ce sommet, qui survient sur fond de tensions commerciales qui persistent, notamment autour de l'exportation de terres rares par la Chine, et de différends géostratégiques.
La Chine a résisté aux pressions et aux menaces économiques de l’administration Trump, qui l’exhorte à utiliser son influence auprès de son allié iranien pour que celui-ci accepte les conditions américaines pour mettre fin à la guerre, en cours depuis sept mois.
Pékin souhaite en outre que Washington, premier soutien international de Taïwan, mette fin de façon permanente aux ventes d’armes à Taïwan, qu'il voit comme une province devant revenir sous son contrôle. Il aimerait aussi que les États-Unis assouplissent les restrictions à l’exportation de puces électroniques de pointe, essentielles à l'IA.
Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a annoncé mercredi que Washington et Pékin avaient convenu de prolonger jusqu'au 10 janvier leur trêve tarifaire. L'échéance de l'entente avait été fixée au 10 novembre, le temps de parvenir à un accord permanent.
Au plus fort de la guerre tarifaire de l'an dernier, les droits de douane imposés à Pékin par l'administration Trump avaient atteint 145 %; la Chine avait répliqué avec des tarifs douaniers de 125 % sur les exportations américaines.
Des élus des deux partis, notamment le président du Comité des forces armées du Sénat, Roger Wicker – un républicain –, ont accueilli cette visite froidement.
Si la Maison-Blanche m’avait demandé conseil, j’aurais recommandé au président de ne pas inviter Xi Jinping à Washington pour lui réserver un accueil aussi fastueux aux États-Unis, compte tenu de tous les problèmes préoccupants que nous avons avec le président Xi et le Parti communiste chinois
, a lancé M. Wicker dans un discours prononcé dans l'hémicycle du Sénat mardi soir.
Pendant chaque minute de dialogue, notre commandant en chef devrait garder à l’esprit que son invité est un dictateur brutal, non élu et répressif, qui cherche à dominer ses voisins et dont l’immense arsenal militaire est directement dirigé contre les États-Unis.
Une visite d'État fastueuse
Après s'être adressés aux médias, les présidents Trump et Xi, ainsi que leurs épouses, ont ensuite participé à une cérémonie d’accueil avec fanfares militaires dans la roseraie de la Maison-Blanche, qui a été survolée par un bombardier B-2 et des jets F-22 Raptors.
En soirée, ils participeront à un souper de gala où seront présents les grands noms de l'industrie de la technologie.

Le président Donald Trump et le président chinois Xi Jinping participent à une cérémonie d'accueil à la base interarmées Andrews, dans le Maryland, le mercredi 23 septembre 2026.
Photo : Associated Press / Alex Brandon
La veille, le président américain a accueilli personnellement son homologue chinois sur le tarmac de la base aérienne Andrews à sa descente d'avion, une première pour la visite d'un dirigeant mondial depuis 1962. Le président américain ne rencontre habituellement ses invités qu’à leur arrivée à la Maison-Blanche.
L'an dernier, Donald Trump avait cependant lui-même accueilli le président russe, Vladimir Poutine, sur le tarmac à Anchorage, à l'occasion de leur sommet en Alaska.
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